Votre poids, votre cycle menstruel ou les informations sur votre activité sexuelle pourraient bientôt alimenter les réponses de ChatGPT sur Android. Des indices repérés dans l’application révèlent les préparatifs d’une connexion à Google Health qui permettrait de consulter ces données avec votre autorisation, y compris lorsque le chatbot d’OpenAI fonctionne en arrière-plan.

Les relevés de votre montre connectée pourraient bientôt alimenter ChatGPT sans passer par une capture d’écran ou un copier-coller. En examinant la version Android 1.2026.300, Android Authority a découvert plusieurs indices d’une future connexion à Google Health. OpenAI n’a toutefois pas annoncé cette intégration, qui n’est pas encore accessible.
Des permissions qui dépassent largement le nombre de pas
Les autorisations repérées permettraient de consulter le poids et la composition corporelle de l’utilisateur du smartphone, mais aussi des informations sur ses menstruations, son ovulation et son activité sexuelle. Ces données passeraient par Health Connect, le service d’Android qui permet aux applications de partager des informations de santé. Leur disponibilité dépendrait donc de ce qui y est enregistré, qu’il s’agisse de mesures automatiques en provenance d'une montre connectée ou d'un bracelet d'activité, mais aussi d’informations saisies par l’utilisateur.
L’appli ChatGPT se prépare également à lire un historique de données. Elle pourrait ainsi analyser des évolutions sur la durée. Plus sensible, la permission READ_HEALTH_DATA_IN_BACKGROUND autorise la consultation des informations même lorsque l’application n’est pas affichée à l’écran. Cela ne prouve toutefois pas qu’une collecte permanente soit prévue. Android exige en effet une autorisation supplémentaire de l’utilisateur pour permettre cette lecture en arrière-plan.
Des données mieux exploitées, des réglages à surveiller
ChatGPT Health propose déjà aux utilisateurs américains de rapprocher leurs données personnelles pour comprendre des résultats d’examens, suivre des tendances ou préparer un rendez-vous médical. OpenAI assure que les dossiers médicaux et les données Apple Santé connectés, ainsi que les conversations qui les utilisent, ne servent pas à entraîner ses modèles ni au ciblage publicitaire.
Le fonctionnement des permissions mérite néanmoins qu’on s’y attarde. Depuis le 14 septembre, les nouvelles connexions à Health suivent le réglage général des applications connectées. Si l’utilisateur conserve l’option par défaut, ChatGPT peut utiliser les informations déjà reliées à Health lorsqu’elles sont pertinentes sans demander une confirmation à chaque fois. Cette autorisation reste distincte de celles qu’Android réclamerait pour accéder aux données du téléphone. OpenAI note que plus de 70% des utilisateurs Health l’autorisent déjà.
OpenAI fait par ailleurs l’objet d’une plainte déposée en Californie après le décès de Bowen Wan, une femme épileptique qui vivait à Seattle. Ses parents accusent ChatGPT de l’avoir encouragée à réduire son traitement et estiment que ses conseils ont contribué à sa mort. Cette affaire concerne des échanges avec le chatbot, sans lien établi avec la future connexion à Google Health. La firme de Sam Altman précise dans sa documentation que Health est conçu pour accompagner les soins sans vocation à poser un diagnostic ou à proposer un traitement.
L’IA peut devenir une précieuse alliée pour notre santé. De là à lui confier notre dossier médical sans sourciller, il y a encore un pas.

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