LibreOffice se présente comme une suite sans IA, et ses développeurs principaux disent ne pas utiliser de LLM. Pourtant, trois modifications du code publiées cette année mentionnent Claude ou GitHub Copilot.

Un utilisateur du Fediverse, connu sous le pseudo argv[-1], a creusé un peu la politique de TDF et a trouvé quelques contradictions. La fondation, elle, répond que sa position n’a pas changé.
Des développeurs sans LLM, des contributeurs tenus de déclarer leurs outils
Les trois cas sont des commits, c’est-à-dire des modifications enregistrées dans l’historique du code. Deux datent d’avril et remercient Claude d’avoir aidé à trouver les correctifs : l’un règle l’héritage de la taille de police dans les styles de paragraphe, l’autre active les tailles de police relatives dans les styles de cellule de Calc. Le troisième, publié en septembre, ajoute un bouton de copie d’image à la fenêtre de capture d’écran. Ce dernier cite GitHub Copilot, utilisé dans l’éditeur VS Code pour générer une classe nommée BitmapTransferable.
Sur Mastodon, TDF distingue deux situations. Aucun développeur principal n’utilise de LLM. Le reste du code vient de contributeurs extérieurs, et la fondation ne dresse pas de liste d’outils interdits. Elle leur demande en revanche de signaler tout recours à un LLM, pratique qu’elle décourage, et relit chaque proposition pour vérifier la qualité du code et s’assurer que son auteur le comprend. Italo Vignoli, porte-parole de TDF, assure qu’il n’y a pas de contradiction : les annonces sur LibreOffice 26.8 portaient sur les fonctions proposées aux utilisateurs, pas sur la manière de développer.

- Prise en charge des formats Microsoft Office
- Bibliothèque d'extensions et de templates
- Régulièrement mis à jour
En avril, nous avions interviewé Italo Vignoli, lequel expliquait pourquoi LibreOffice refuse de copier ses concurrents sur l’IA. Fin août, nous rapportions d’ailleurs que la version 26.8 ne contient aucune IA générative, n’envoie aucun document à un service distant et n’a besoin d’aucun accès réseau. D’ailleurs, TDF entend désormais mettre cette absence d’IA comme un argument de poids (sans mauvais jeu de mots…). Le 21 octobre, elle a annoncé 9,4 millions de téléchargements en huit semaines (hors mises à jour Windows et anciennes versions), sans savoir précisément à quoi les attribuer.
Reste que pour certains, l’approche est un peu bancale, notamment le fait d’interdire les LLM pour les messages de commit mais pas pour le code. D’autres comparent la méthode de TDF à celle de Debian, c’est-à-dire en autorisant les outils à certains contributeurs, avec divulgation et relecture humaine.
En quelques années seulement, il est devenu relativement difficile de trouver un grand projet open source ne reposant pas sur du code généré par IA, ne serait-ce que pour trouver et corriger des vulnérabilités.
Source : The Register