Le créateur de ChatGPT vient de s’offrir un spécialiste des logiciels destinés à l’industrie pharmaceutique. Une acquisition qui doit lui permettre de s’imposer dans le développement des médicaments, alors même que l’entreprise continue d’engloutir des milliards de dollars pour financer sa croissance.

Développer un médicament prend des années, et le moindre contretemps peut bouleverser tout un programme de recherche. C’est précisément sur ce terrain qu’OpenAI compte désormais avancer. Le 20 octobre, l’entreprise a annoncé le rachat d’Orchestra Bio, une société spécialisée dans les agents d’intelligence artificielle capables de coordonner les différentes étapes du développement pharmaceutique.
L'opération marque une nouvelle étape dans la diversification du groupe qui ne veut manifestement plus se contenter de fournir des modèles d’IA aux entreprises.
Des agents IA pour accélérer le travail des laboratoires
Un problème de fabrication, des résultats qui tardent ou un essai clinique repoussé peuvent rapidement entraîner des mois de retard. Orchestra Bio a justement développé des outils capables d’anticiper les conséquences de ces imprévus, de réorganiser les tâches et de proposer différents scénarios aux équipes scientifiques.
Les décisions restent entre les mains des chercheurs, mais une partie du travail de coordination peut être confiée à l'IA.
Les équipes d’Orchestra vont rejoindre Rosalind, l’offre d’OpenAI destinée aux sciences du vivant. Celle-ci repose notamment sur GPT-Rosalind, un modèle spécialisé en biologie et en chimie, ainsi que sur Workbench, un environnement permettant d’exploiter les données scientifiques et de préparer des expériences.
En associant ces outils aux agents d’Orchestra, OpenAI espère accompagner les laboratoires bien au-delà de la simple analyse de résultats. L’objectif est aussi commercial, puisque ce type de logiciel peut devenir indispensable au fonctionnement quotidien des équipes de recherche.
Mais avec quel argent OpenAI finance-t-il ses acquisitions ?
Le montant du rachat n’a pas été communiqué, pas plus que ses modalités de paiement. Impossible donc de savoir si OpenAI a utilisé sa trésorerie, ses actions ou une combinaison des deux.
L'absence de bénéfices ne l’empêche toutefois pas de poursuivre ses emplettes. Fin mars, l’entreprise a annoncé 122 milliards de dollars de capitaux engagés avec le soutien de poids lourds comme Amazon, NVIDIA et SoftBank.
De quoi financer une expansion particulièrement coûteuse, même si les investisseurs prennent un pari considérable sur l’avenir. Selon des projections révélées par le Financial Times et relayées par Reuters, OpenAI prévoyait encore de consommer 278 milliards de dollars de trésorerie entre 2026 et 2030.
Le groupe compte donc sur sa croissance future pour justifier des investissements qui dépassent aujourd’hui largement ses bénéfices, toujours inexistants.
Quand l’industrie pharmaceutique et l’IA s'attirent mutuellement
Le rapprochement entre intelligence artificielle et recherche médicale ne date évidemment pas de cette acquisition. En 2023, BioNTech avait racheté InstaDeep pour renforcer ses capacités en IA, tandis qu’AstraZeneca a plus récemment mis la main sur Modella AI afin d’accélérer ses travaux en cancérologie.
Le mouvement fonctionne désormais dans les deux sens. Les laboratoires s’offrent des spécialistes de l’IA pour améliorer leurs recherches, tandis que les entreprises technologiques cherchent à pénétrer un secteur où les besoins en calcul, en analyse et en automatisation sont considérables.
Anthropic avance également sur ce terrain avec son laboratoire de biologie, présenté en septembre, où des hypothèses élaborées avec Claude peuvent être confrontées à des expériences réelles.

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