Le Dutch Institute for Vulnerability Disclosure a subi une cyberattaque pilotée par un agent IA. Très rapide et capable de choisir seul ses prochaines actions, l’outil s’est aussi montré particulièrement maladroit.
Le Dutch Institute for Vulnerability Disclosure (DIVD), sorte de CERT indépendant néerlandais spécialisé dans la détection et le signalement de systèmes vulnérables, vient d’essuyer une attaque en partie menée par un agent IA autonome. Après avoir exploité une faille pour obtenir un premier accès, l’attaquant lui aurait confié la suite des opérations, l’outil analysant alors le résultat de ses propres actions pour décider seul de la manière de progresser dans le réseau, avec une efficacité qui n’a manifestement pas toujours suivi sa vitesse d’exécution.
L’agent IA prend la main…
Une fois l’accès initial obtenu, l’agent aurait pris en charge une partie de l’après-compromission sans attendre qu’un opérateur humain lui dicte chaque étape. Les traces retrouvées par le DIVD font état d’un outil capable de lancer une action, d’en examiner les effets, puis de tirer parti de ce qu’il venait d’apprendre pour décider presque aussitôt de la suite. D’une opération à l’autre, il pouvait ainsi réévaluer la situation, changer de technique ou approfondir une piste qui donnait des résultats, avant d’enchaîner sur l’étape suivante.
Le DIVD décrit une attaque « agentique », dans laquelle l’IA ne servait donc plus seulement à produire du code ou à suggérer des commandes, mais prenait directement en charge une partie de l’intrusion. L’outil avait aussi la particularité de commenter abondamment ses propres actions et d’expliquer les choix effectués au fil de l’attaque, laissant derrière lui suffisamment de traces pour que les chercheurs puissent aujourd’hui reconstituer son cheminement dans le réseau.
… et finit par se gêner lui-même
Beaucoup d’autonomie, mais pas forcément beaucoup de talent. Le DIVD décrit en effet une opération « très, très désordonnée », menée à grande vitesse mais ponctuée de choix pour le moins discutables. L’agent aurait notamment lancé une campagne de password spraying alors qu’il conduisait déjà une attaque de type adversary-in-the-middle, destinée à s’interposer dans un processus d’authentification pour en détourner les échanges.
En multipliant parallèlement les tentatives de connexion sur différents comptes, il aurait fini par perturber sa propre attaque AitM et par se mettre lui-même des bâtons dans les roues. Le DIVD rapporte plusieurs erreurs du même ordre durant l’intrusion et soupçonne un agent mal entraîné ou mal configuré pour ce type d’opération.
Ces ratés n’ont pas empêché l’attaque de justifier une enquête formelle. Le DIVD a prévenu la police néerlandaise, l’autorité chargée de la protection des données ainsi que le NCSC, tout en gardant pour l’instant secrets le système touché et la vulnérabilité exploitée afin de ne pas exposer d’autres victimes potentielles.