Une étude de Proton détaille les sujets personnels que les Français confient à l'IA, et, paradoxalement, la méfiance qui subsiste envers les entreprises qui la développent.
Proton a interrogé plus de 4 000 utilisateurs de chatbots en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pour la France, l'entreprise a obtenu 1017 réponses avec à la fois des participants montrant un attrait pour l'IA et d'autres se positionnant plutôt en défiance envers ses créateurs.
Des confidences sans confiance
En France, 60% des utilisateurs de chatbots ont déjà abordé un sujet sensible avec une IA. C'est beaucoup, mais cela reste moins qu'en Allemagne (68%), qu'au Royaume-Uni (67%) et qu'aux États-Unis (68%). Parmi les sujets de confidence, les questions relatives à l'argent arrivent largement en tête avec 30% des réponses. On retrouve entre le travail (24%) et la santé mentale (21%). Les relations amoureuses, la sexualité (13% chacune) et les conflits familiaux (10 %) restent plus rares, mais bien présents.
Si les Français ont toujours tendance à se confier à leurs proches, loin devant l'IA, sur certains sujets, le chatbot n'est pas tant laissé de côté et notamment pour les questions de gestion de finance. Sur ce thème, 38% des Français préfèrent en discuter avec un chatbot, contre 40% avec leur entourage.
Paradoxalement, si les utilisateurs ont bien conscience de parler à une machine, ils attendent des réponses de qualité et surtout sans aucun jugement. C'est l'un des points cités par 43% des répondants devant la disponibilité (38%) et la qualité des conseils (29%). 6 Français sur 10 se disent aujourd'hui plus enclins à consulter une IA qu'il y a deux ans.
Pour autant, 47% des Français jugent que les entreprises d'IA protègent mal leurs informations personnelles. Près de 80% privilégieraient un chatbot pensé pour la confidentialité. L'étude de Proton révèle deux craintes majeures. La première porte sur l'entraînement des modèles avec les échanges des utilisateurs. La seconde concerne la publicité, puisque ces mêmes interactions permettent de construire un profil pour cibler des publicités. Un chatbot peut entendre parler d'un souci d'argent un jour, d'un problème de santé le lendemain, puis d'une dispute familiale la semaine suivante. Chaque conversation prise seule paraît anodine. Mais en les combinant, on obtient un portrait plutôt précis d'une personne, ses finances, sa santé, ses relations. En France, c'est d'ailleurs la crainte du profilage publicitaire qui revient le plus souvent (52%) contre 49% pour l'entraînement des modèles.