En marge du salon InnoTrans 2026 à Berlin, Decathlon et Alstom en ont profité pour annoncer une collaboration autour de la mobilité douce, avec un vélo repensé pour le train et un nouvel espace embarqué dédié aux cyclistes.

Simplifier le passage du vélo au train : c'est tout l'enjeu de la collaboration dévoilée par Decathlon et Alstom à InnoTrans 2026. © 24K-Production / Shutterstock
Simplifier le passage du vélo au train : c'est tout l'enjeu de la collaboration dévoilée par Decathlon et Alstom à InnoTrans 2026. © 24K-Production / Shutterstock

On connaît Decathlon pour ses vélos, mais pas que, et Alstom pour ses trains, mais pas que. Mais du départ de la maison jusqu'à son embarquement dans le TER ou le TGV, personne ne s'était vraiment penché sur ce qui se passe entre les deux, à savoir ce moment parfois chaotique où l'on jongle avec sa bicyclette sur le quai, dans les couloirs, puis dans une rame pas franchement pensée pour accueillir des vélos. Les deux groupes français ont donc décidé de s'y attaquer ensemble, avec une méthode qui part du terrain, et non d'une planche à dessin. Explications.

Alstom et Decathlon ont pris conscience de la galère de transporter son vélo ou sa trottinette dans un train

Le point de départ de cette collaboration officialisée ce mardi 22 septembre entre Decathlon et Alstom fut une enquête de terrain, menée directement auprès des voyageurs, pour identifier les points de friction concrets de leur trajet, où le passage du vélo au train se complique. Decathlon a un certain savoir-faire en la matière, en tant que concepteur-fabricant, qui lui permet d'équiper les usages quotidiens du vélo et de la trottinette. Alstom, de son côté, apporte sa maîtrise de constructeur ferroviaire, de la conception des trains dans lesquels nous voyageons chaque jour, à l'aménagement des espaces à bord, en passant par la gestion du flux des voyageurs en gare. Ça, c'était pour le contexte et la présentation.

Une voie dédiée aux vélos au cœur même de la gare, tel est le concept imaginé par Decathlon et Alstom pour fluidifier la cohabitation entre cyclistes et piétons. © Concept visuel fourni par Decathlon et Alstom

Alstom conçoit ses intérieurs de trains sur des cycles longs, quand Decathlon a l'habitude d'itérer vite sur ses produits. Pourtant, cette différence de rythme est devenue un moteur créatif pour repenser l'intermodalité de bout en bout, de la sortie du domicile jusqu'à la destination finale, une ambition qui, selon les deux groupes, ne se limite pas à inventer de nouveaux véhicules, mais vise surtout à simplifier les connexions entre les modes de transport.

Voilà comment Alstom et Decathlon ont repensé un vélo et une trottinette dès leur conception, pour qu'ils puissent se glisser plus facilement dans un train. Concrètement, leur gabarit a été retravaillé pour prendre moins de place une fois plié ou rangé, et des capteurs connectés permettront de les identifier automatiquement lors de l'enregistrement en gare.

Un parcours pensé de la rue jusqu'au wagon

La grande partie du travail se fera avant même d'arriver en gare. Dans le détail, le voyageur réserve sa place à vélo en passant par une application mobile, comme on réserve un siège de train aujourd'hui. Une fois sur place, l'application le guide automatiquement vers un point précis du quai, où un équipement d'identification reconnaît son vélo ou sa trottinette et l'enregistre en quelques secondes à peine.

Tout commence à la maison, avec la réservation de sa place à vélo via l'application, avant même de rejoindre la gare. © Concept visuel fourni par Decathlon et Alstom

À bord, le voyage n'a qu'à se rendre dans un espace « Mobilité Douce » spécialement aménagé, avec un compartiment dédié et des points d'ancrage pour maintenir vélos et trottinettes bien en place durant le trajet, sans qu'ils débordent dans les couloirs ni gênent la circulation des autres passagers. Les voyageurs peuvent enfin s'installer tranquillement à leur siège, sans avoir à garder constamment un œil sur leur monture ni la crainte de bloquer le passage à tout le wagon.

Cédric Mollet, le directeur sports B'twin chez Decathlon, considère que cette alliance avec Alstom, annoncée depuis Berlin et le salon InnoTrans 2026, rapproche deux modes de transport qui, selon lui, se complètent naturellement plutôt que de se concurrencer. Le directeur design d'Alstom, Alexis Bonnet, partage cet avis. À ses yeux, le vélo et le train ne devraient plus être pensés séparément, mais comme les deux étapes d'un seul et même trajet, sans rupture entre elles. Une fluidité qu'il juge indispensable pour que la transition écologique séduise réellement les voyageurs, en alliant sobriété et plaisir de se déplacer. Alors il n'y a plus qu'à… ou presque !