Acheter une voiture BYD en France offre le droit à un chèque EDF. Une incongruité dans une époque où l'on parle beaucoup de souveraineté industrielle, et qui crée du remous chez les politiques.

On le sait, les géants chinois des voitures électriques mènent dorénavant un assaut sur le marché européen - avec évidemment, le leader BYD en tête. Et cette concurrence risque d'être féroce, au vu des prix pratiqués par cette marque. On ne se serait par contre pas attendu à ce que ces entreprises bénéficient d'un coup de pouce de notre énergéticien national EDF, ce qui donne naissance à une certaine polémique.
Le gouvernement rappelle que l'argent européen doit d'abord soutenir l'industrie européenne
Le 4 septembre dernier, EDF annonçait que la prime CEE (destinée à financer par les fournisseurs d'énergie des travaux d'efficacité énergétique ou des solutions de mobilité durable) allait dorénavant s'appliquer à l'achat d'un véhicule BYD.
Et ça n'a pas plu du tout en haut lieu. La polémique a ainsi commencé avec le député Sacha Houlié, qui a interpelé Bercy sur cette question, accusant le gouvernement d'aider un industriel étranger contre ses propres constructeurs.
L'entourage du ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a rapidement réagi. « La ligne du gouvernement, qui plus est du ministre, est que l'argent public des Européens doit d'abord soutenir notre base industrielle et nos emplois en Europe » a-t-il ainsi été indiqué, dans des propos rapportés par Les Échos.
Le contrat va continuer jusqu'à la fin 2026
Mais si tout le monde est d'accord du côté des politiques, il faut noter qu'il s'agit ici d'un contrat légal, comme rappelé par EDF. La convention a ainsi « été conclue dans le cadre normal de nos activités et ne traduit pas, en elle-même, une prise de position politique ou industrielle en faveur de BYD » précise un porte-parole.
EDF de son côté doit faire avec des ambitions contradictoires, avec d'un côté une volonté de défendre la souveraineté industrielle française, et de l'autre, le besoin de vendre le plus d'électricité possible afin de financer les immenses projets d'investissements qui l'attendent. Le groupe indique par ailleurs que, dans le cadre du dispositif CEE, l'énergéticien a signé des accord avec des dizaines de constructeurs européens et non-européens.
Quand à ce partenariat entre BYD et EDF en particulier, le ministre de l'Industrie, dans une conversation téléphonique avec le patron d'EDF Bernard Fontana, n'a pas demandé la fin immédiate de l'accord, mais plutôt qu'il « soit abrogée dès la fin d'année 2026 ». Les acquéreurs d'un véhicule BYD pourront donc encore en profiter pendant les prochains mois.