La start-up américaine Meteoric développe des essaims de drones capables de modifier la structure des nuages au-dessus des centrales solaires, sans produit chimique, afin de renvoyer davantage de rayons vers les panneaux. Passée par l’accélérateur Y Combinator, l’entreprise promet jusqu’à 30 % de production supplémentaire et ambitionne, à plus long terme, d’affaiblir les tempêtes les plus violentes.

Cette startup veut envoyer des drones dans les nuages pour produire plus d'électricité solaire - ©Meteoric.Inc
Cette startup veut envoyer des drones dans les nuages pour produire plus d'électricité solaire - ©Meteoric.Inc

Selon les données citées par Meteoric, un nuage bas ou moyen retient jusqu’à 80 % du rayonnement solaire avant qu’il ne touche le sol. Pour contenir cette perte, la jeune pousse fondée par Mete Karslioglu et Eric Nilsson, deux ingénieurs formés à Cambridge, a conçu des drones électriques.

Ils volent directement dans les nuages, entre 1 et 5 kilomètres d’altitude, pour modifier les gouttelettes d’eau et en réduire la réflectivité. Basée à San Francisco, l’équipe ne compte pour l’instant que deux personnes, mais son projet était suffisamment solide pour la faire intégrer la promotion été 2026 de Y Combinator.

Une technologie sans chimie pour jusqu’à 30 % de production solaire en plus

Mete Karslioglu a mené des recherches en ingénierie climatique au Centre for Climate Repair de Cambridge. Financé par l’agence britannique de recherche avancée ARIA, ce centre travaille sur des solutions climatiques expérimentales. Eric Nilsson a travaillé sur la microfluidique et le contrôle des gouttelettes d'eau. Les opérateurs d’ensemencement classique dispersent des particules d’iodure d’argent dans les nuages par avion. Selon Meteoric, la méthode ne recourt à aucun produit chimique et n’a pas besoin d’une nouvelle infrastructure au sol. Orienté vers l’ingénierie haute tension, le recrutement en cours laisse penser à un procédé électrostatique, sans confirmation officielle de la part de l'’entreprise.

En laboratoire, un prototype a dissipé 13 % de la couverture d’un nuage artificiel, précise notre confrère BGR. Ce résultat provient d'une chambre contrôlée. La technologie n'a pas encore été testée sur un nuage réel.

Selon Meteoric, la production annuelle des centrales solaires pourrait augmenter de 10 à 30 % grâce à ce procédé, avec des variations régionales aux États-Unis. Le gain serait de 30 % au maximum pour les fermes raccordées au réseau new-yorkais NYISO, de 22 % pour les zones PJM et MISO, et de 10 à 15 % dans les autres régions. Cette hausse serait comprise entre 4 300 et 24 150 euros supplémentaires par mégawatt et par an. L’exploitation des drones coûterait entre 26 et 52 euros de l’heure, contre plus de 1 725 euros de l’heure pour un avion conventionnel, selon ces estimations.

Par ailleurs, une autre jeune pousse du secteur climatique, Make Sunsets, disperse du dioxyde de soufre par ballon à 20 kilomètres d’altitude pour réfléchir la lumière solaire vers l’espace. Mais cette méthode est controversée, accusée par certains spécialistes d’abîmer la couche d’ozone. Le procédé de Meteoric ne largue en revanche rien dans l’atmosphère, et l’entreprise ne prévoit aucune infrastructure supplémentaire au sol.

Un effet sur les ouragans contesté par les météorologues

Comme l’explique Mete Karslioglu, cofondateur et directeur général de Meteoric sur son compte X visible ci-dessus, « Nos drones dissipent les nuages au-dessus des fermes solaires pour augmenter leur production annuelle de 10 à 30 % sans utiliser aucun produit chimique ». L’objectif final, précise-t-il, consiste à affaiblir les tempêtes violentes et les ouragans.

D'’ici là, les essais en conditions réelles n’interviendront pas avant 2027 pour la dissipation des nuages, puis fin 2028 pour les premières tentatives sur des tempêtes. Un sinistre météorologique est désormais recensé tous les 16 jours en moyenne dans le monde, contre un tous les 82 jours dans les années 1980. Ces événements ont coûté environ 1 725 milliards d’euros à l’échelle mondiale au cours de la décennie écoulée.

Mais les météorologues professionnels sont plus prudents que l’entreprise. Selon l’American Meteorological Society, ces techniques ne fonctionnent que « dans des conditions météorologiques précises ». En outre, selon l’Organisation météorologique mondiale, il n’existe « aucune preuve généralement admise » de modification des cyclones tropicaux.