Capables de faire tourner les jeux les plus ambitieux du moment, les serveurs GeForce NOW pourraient devenir de vrais « PC dans le cloud ». Une petite astuce technique ouvre la voie.

Et si GeForce NOW pouvait faire plus que lancer les jeux validés par NVIDIA ? Un moddeur a présenté une astuce permettant de contourner l’interface du service et d’accéder directement au bureau Windows de la machine distante. De quoi transformer un abonnement de cloud gaming en PC dans le cloud.
Une session de jeu pour retrouver le bureau Windows
GeForce NOW est conçu pour une chose : vous permettre de jouer à vos jeux PC sur les serveurs de NVIDIA, sans avoir à posséder la machine capable de les faire tourner. L’interface du service est donc volontairement verrouillée : l’utilisateur sélectionne un titre compatible et NVIDIA s’occupe du reste. Le bureau Windows de la machine distante, lui, reste hors de portée.
C’est précisément cette barrière qu'un moddeur est parvenu à contourner. La méthode, dévoilée par un certain Zortos – tout de même aidé par dpadGuy –, s’appuie sur une session du jeu Trove. En modifiant le programme lancé par cette session, il devient possible de faire apparaître le véritable environnement Windows qui se trouve derrière l’interface de GeForce NOW.
Et le résultat est plutôt spectaculaire : barre des tâches, bureau, explorateur de fichiers et applications Windows deviennent accessibles. Autrement dit, la machine distante n’est plus seulement une espèce de passerelle seulement capable d'exécuter les jeux pour lesquels elle a été prévue, elle peut être utilisée comme un PC Windows tout ce qu'il y a de plus classique.
La prouesse n'est toutefois pas à confondre avec un accès complet aux machines de NVIDIA. Les moddeurs précisent bien que chaque session reste isolée et temporaire : il ne s'agit pas d'accéder aux serveurs de NVIDIA ou aux données d'autres utilisateurs, mais simplement de reprendre la main sur l'environnement Windows qui fait tourner la session GeForce NOW.
Une RTX 5080 dans le cloud… mais pas vraiment un PC de remplacement
Forcément, la tentation est grande de voir cette petite prouesse de Zortos comme un accès aux surpuissants serveurs mis en place par NVIDIA. Pour nombre d'entre nous, la puissance de calcul des PC GeForce NOW n'a en effet rien de comparable avec nos machines locales.
De fait, une fois le bureau Windows accessible, rien n'empêche théoriquement de lancer d'autres logiciels : les démonstrations ont notamment montré l'exécution de modèles d'intelligence artificielle locaux. Mais il y a un détail qui change tout : NVIDIA n'a jamais conçu GeForce NOW comme un service de PC Windows à distance généraliste. Le constructeur vend du cloud gaming, avec ses propres règles, ses limitations et une liste de jeux pris en charge.
L'utilisation de cette méthode sort donc clairement du cadre prévu par le service. Et les contraintes sont nombreuses. La manipulation nécessite notamment un abonnement payant et ne fonctionne pas avec l'offre gratuite ni avec certains services opérés par les partenaires de NVIDIA. Les sessions restent par ailleurs limitées dans le temps et l'environnement n'a rien d'un PC personnel permanent.
Surtout, cette bidouille constitue une violation des conditions d'utilisation de GeForce NOW et pourrait donc exposer les comptes concernés à des sanctions. À l'heure où nous écrivons ces lignes, ladite bidouille est encore active, mais il y a fort à parier que NVIDIA ne tarde pas trop avant de colmater cette « brèche ». L'entreprise dispose déjà de mécanismes destinés à contrôler ce qui peut être exécuté dans son environnement cloud.
Cela dit, au-delà de la bidouille et de l'attitude de NVIDIA, la découverte de Zortos soulève un point intéressant : dès lors que la firme de Jensen Huang dispose d'une floppée de machines avec un véritable Windows pensé pour le cloud gaming, qu'est-ce qui l'empêche de proposer un service de « cloud PC » complet ? Aujourd'hui, NVIDIA maintient une très claire distinction, mais qu'en sera-t-il demain ?
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