EDF a de nouveau arrêté le seul réacteur en activité de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), samedi 8 août au soir, quatre jours après son redémarrage. En cause, selon le fournisseur, la hausse de la température de la Garonne, qui devait atteindre 28°C ce dimanche 9 août.

À peine redémarrée, la centrale nucléaire de Golfech doit déjà s'arrêter - ©ldgfr photos / Shutterstock
À peine redémarrée, la centrale nucléaire de Golfech doit déjà s'arrêter - ©ldgfr photos / Shutterstock

Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech était, jusqu’à hier, le seul des deux réacteurs du site en fonctionnement. L’unité n°1 est arrêtée depuis plusieurs semaines pour une opération de maintenance et de remplacement du combustible. Et EDF a arrêté le réacteur n°2 à son tour, ce samedi 8 août à 21 heures, en anticipation d’une nouvelle hausse de la température de la Garonne, qui devait atteindre 28°C aujourd’hui. C’est le quatrième stop subi par l'unité depuis le début de l’été. EDF l'avait redémarré vendredi, après une mise en rideau le 29 juillet dernier. Les deux réacteurs de Golfech sont donc de nouveau en pause, en même temps, et la centrale ne produit actuellement aucune électricité.

RTE et EDF ajustent la production de Golfech selon la température de la Garonne

EDF a mis en service la centrale de Golfech entre 1991 et 1994. Le site compte deux réacteurs à eau pressurisée de 1 300 mégawatts chacun, refroidis par l’eau de la Garonne au moyen de deux tours de refroidissement à tirage naturel. En 2025, la centrale a produit 11,4 TWh d’électricité, de quoi couvrir les besoins de 2,3 millions de foyers français, selon EDF. Depuis le 18 septembre 2006, un arrêté préfectoral autorise EDF à prélever cette eau et à y rejeter ses effluents liquides et gazeux pour l’exploitation du site.

Mais il y a une règle. EDF restitue l'eau utilisée pour le refroidissement à la Garonne, avec une élévation de température évaluée en moyenne à 0,2°C, précise l’entreprise dans un communiqué. Dès que la température moyenne journalière du fleuve, mesurée en aval de la centrale, dépasse 28°C, EDF doit moduler la puissance de ses réacteurs ou les arrêter temporairement, selon les besoins exprimés par RTE, le gestionnaire du réseau électrique national.

En 2023, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Bernard Doroszczuk, a demandé que les études sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs intègrent les conséquences du changement climatique sur le fonctionnement des centrales, notamment sur leurs conditions de refroidissement. Selon lui, les épisodes climatiques extrêmes sont appelés à se multiplier dans les années à venir. EDF a par ailleurs annoncé un plan d’investissement proche de 9 milliards d’euros, sur une période de quinze ans, destiné à adapter ses centrales aux effets du réchauffement climatique.

Dès que la température moyenne journalière du fleuve, mesurée en aval de la centrale, dépasse 28°C, EDF doit moduler la puissance de ses réacteurs ou les arrêter temporairement - ©GERARD BOTTINO / Shutterstock
Dès que la température moyenne journalière du fleuve, mesurée en aval de la centrale, dépasse 28°C, EDF doit moduler la puissance de ses réacteurs ou les arrêter temporairement - ©GERARD BOTTINO / Shutterstock

EDF chiffre les pertes de production liées aux fortes chaleurs de l’été

EDF avait aussi arrêté ce réacteur une première fois entre le 9 et le 26 juillet, soit dix-sept jours, pour cause de chaleur trop élevée. Bis repetita que deux étés plus tôt, en juillet 2024, période pendant laquelle EDF avait interrompu la production d’un réacteur du site.

C'’est une perte d’environ 3 % de la production nucléaire en juin et 6 % en juillet, une fois rapportée aux quelque 33 TWh produits chaque mois par le parc, soit une baisse équivalente à 4,5 % de la production réalisée sur ces deux mois.

Depuis 2000, finalement, les pertes liées aux fortes chaleurs et à la sécheresse sont évaluées par EDF à 0,3% de la production annuelle du parc, un impact que l’entreprise juge « très faible ».

EDF affirme par ailleurs que le niveau de production est suffisant pour répondre à la demande, et qu’il n’y a aucune raison de s’alarmer. Au premier semestre 2026, malgré la période de canicule, la France a exporté un niveau record de 51 TWh d’électricité.

Source : Le Monde