En période de canicule, notre premier réflexe (et on le comprend) consiste souvent à baisser la climatisation au maximum pour retrouver un peu de fraîcheur. Pourtant, ce réglage n’est pas toujours le plus efficace, ni pour votre confort, ni pour votre facture d’électricité. On vous explique.

© Adobe Firefly
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Les spécialistes de la climatisation et plusieurs organismes publics comme l'Ademe ou Santé Publique France rappellent qu’il existe un compromis entre température ressentie, consommation énergétique et santé. Et contrairement à une idée largement répandue, la célèbre règle des 26 °C n’est pas une valeur universelle.

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Pourquoi les 26 °C sont devenus la référence

Pendant des années, les recommandations des pouvoirs publics se sont appuyées sur un objectif simple : éviter un écart trop important entre la température extérieure et celle du logement.

L’Ademe recommande ainsi de ne pas descendre excessivement la climatisation afin de limiter la consommation d’électricité et d’éviter les chocs thermiques lors des allers-retours entre l’intérieur et l'’extérieur.

Chaque degré supplémentaire demandé à un climatiseur augmente sensiblement sa consommation d’énergie. Selon l’Ademe, un écart de quelques degrés peut représenter plusieurs dizaines de pourcents de consommation supplémentaire sur une saison.

Climatiseur mobile - ©Shutterstock.com

La température idéale dépend surtout… de la chaleur extérieure

Les professionnels du génie climatique préfèrent désormais raisonner en écart de température plutôt qu’en valeur fixe. Lorsque le thermomètre affiche 36 à 38 °C dehors, maintenir le logement à 26 °C peut parfois rester insuffisant pour certaines personnes. À l’inverse, régler systématiquement la climatisation à 21 ou 22 °C oblige le compresseur à fonctionner quasiment en permanence.

Une règle de confort fréquemment évoquée par les professionnels est de viser 6 à 8 °C d’écart avec la température extérieure, une approche qui permet d’améliorer le confort tout en limitant la consommation électrique.

Concrètement il vous faut raisonner ainsi :

  • 34 °C dehors → une température intérieure comprise entre 26 et 28 °C reste souvent suffisante
  • 30 °C dehors → 24 à 25 °C peuvent offrir un excellent compromis

Cette logique est également défendue par plusieurs associations professionnelles du secteur.

Non, descendre la clim plus bas ne rafraîchit pas plus vite

Régler son climatiseur à 18 °C ne permet pas de refroidir une pièce plus rapidement qu’à 24 ou 25 °C.

Un climatiseur fonctionne à puissance constante jusqu’à atteindre la température demandée. En abaissant fortement la consigne, on ne fait qu’allonger sa durée de fonctionnement, avec une consommation électrique plus importante et un risque accru d'’inconfort.

Les fabricants rappellent d’ailleurs que la vitesse de refroidissement dépend essentiellement de la puissance de l’appareil, de l’isolation du logement et de la température extérieure.

Le vrai levier, c’est de limiter les apports de chaleur

Les spécialistes de Santé Publique France sont unanimes : le meilleur moyen de réduire la consommation d’une climatisation consiste avant tout à empêcher la chaleur d’entrer.

Quelques gestes simples améliorent nettement son efficacité :

  • Fermer volets et stores pendant les heures les plus chaudes ;
  • Aérer tôt le matin ou tard le soir
  • Limiter les appareils produisant de la chaleur (four, plaques de cuisson…)
  • Nettoyer régulièrement les filtres du climatiseur afin de préserver son rendement
  • Un appareil bien entretenu refroidit plus efficacement et consomme moins d’électricité.
Netatmo Smart AC Controller tel clim - Nicolas Guyot

Une climatisation plus intelligente grâce au mode automatique

Les climatiseurs récents disposent souvent d’un mode Auto ou Eco capable d’ajuster automatiquement la puissance du compresseur. Contrairement au fonctionnement manuel, ces modes évitent les variations importantes de température et réduisent les phases de fonctionnement à pleine puissance.

Les économies peuvent atteindre plusieurs dizaines de kW sur une saison, selon les fabricants et les conditions d’utilisation.

La règle des 26 °C reste un bon repère, mais elle ne doit plus être considérée comme une valeur absolue. Les spécialistes privilégient désormais un raisonnement basé sur l’écart avec la température extérieure, généralement compris entre 6 et 8 °C. Au-delà du réglage lui-même, ce sont surtout l’isolation du logement, la protection contre le soleil et le bon entretien de l’appareil qui déterminent le confort… et le montant de la facture d’électricité.