Avec la canicule et les fortes chaleurs, les climatiseurs ont le vent en poupe. Entre les climatiseurs mobiles et les modèles fixes, avec une pompe à chaleur, les consommations peuvent être nettement différentes.

La climatisation consomme moins qu'on ne peut le penser. ©Andrew Angelov / Shutterstock
La climatisation consomme moins qu'on ne peut le penser. ©Andrew Angelov / Shutterstock

Quel est le coût réel de la climatisation ? Parmi les idées reçues, le fameux "ça coûte cher" de faire tourner la clim toute la journée. C'est un coût, certes. Mais la dernière canicule de fin juin m'a permis de tester le coût réel, dans les conditions qui sont les miennes. Le coût final ne sera pas le même pour tout le monde, mais cet article permet de donner un ordre de grandeur.

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Les conditions de l'essai

Avant toute chose, il est essentiel de préciser les conditions dans lesquelles a été réalisé cet essai. En effet, selon l'âge de votre maison, sa superficie, et son exposition, certains facteurs peuvent entrer en compte.

Aussi, des gestes simples comme le fait de fermer les volets des pièces exposées plein sud sont nécessaires. Ce n'est pas parce que l'on a la climatisation à la maison, qu'il faut laisser quartier libre aux rayons du soleil sur une baie vitrée.

J'ai donc réalisé cet essai dans les conditions suivantes :

  • Maison (type nantaise) des années 1960, exposée au sud, de 90 mètres carrés
  • Isolation thermique par l'extérieur sur les façades nord/ouest/est
  • Isolation des combles perdus
  • Double vitrage dans toutes les pièces
  • Une pompe à chaleur air/air avec 5 sorties d'air à l'étage / 1 au sous-sol non enterré
  • Volets fermés à 80% sur la façade sud
  • Canicule exceptionnelle avec températures montant à 42 °C localement
  • Contrat d'électricité chez Ekwateur

Maintenant que les conditions sont posées, place à la demande. Ma climatisation étant programmée sur une température de 22 °C, pour certains, cela peut sembler agressif, quand il fait plus de 40 à l'extérieur.

C'est une température idéale pour travailler en toute sérénité. Cependant, force est d'avouer que, lorsqu'on en sort, on a cette même sensation que quand on ouvre le four encore chaud.

Le coût réel par jour

Les chiffres qui seront annoncés sont les chiffres globaux, incluant la consommation de toute l'installation électrique de la maison. Ils comprennent donc la climatisation, mais également la box internet, le réfrigérateur, l'alimentation du PC, de l'écran et du chauffe-eau. Ils sont toutefois on ne peut plus clairs. J'ai utilisé les applications suivantes : Hello Watt et celle de mon fournisseur d'énergie : Ekwateur, afin de récupérer les chiffres de consommation et de coût.

Ni Hello Watt, ni Ekwateur n'ont participé à la rédaction de cet article.

Pic de consommation lors de l'épiside caniculaire de juin 2026. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
Consommation globale depuis janvier 2026. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Sur les deux captures d'écran ci-dessus, plusieurs constats sont à faire. De prime abord, la consommation semble élevée. Elle prend toutefois en compte le fonctionnement en heures creuses, pleines, ainsi que le coût journalier de l'abonnement. On remarque que quand la température grimpe, la consommation de la pompe, à chaleur s'emballe.

Jusque là, c'est totalement logique. Cependant, le coût mensuel est aussi intéressant. Avec 7 jours de canicule et de températures très élevées, la facture totale est estimée à moins de 140€.

À titre de comparaison, la facture de février, elle, est à plus de 200 euros (l'isolation extérieure ayant été installée en janvier, je fais abstraction de ce mois).

Consommation lors d'une des journées les plus froides de l'année 2026. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
Consommation lors d'une des journées les plus chaudes de l'année 2026. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic
Consommation après la fin de la canicule de juin 2026. ©Charles Gouin-Peyrot pour Clubic

Lorsque l'on regarde la consommation, on retrouve un pic en janvier 2026, avec 72,5 kWh. En effet, pour passer de -3 °C à 21 °C, il faut plus d'énergie que pour faire chuter la température de 40 °C à 22 °C. D'un côté, il faut réchauffer de 24 °C, de l'autre, refroidir de "seulement" 18.

Lorsque les températures diminuent, la consommation chute avec, de près de moitié. Le coût sur la facture également. Le tout, pour maintenir une température convenable dans une maison de 90 mètres carrés, avec une pièce supplémentaire de 15 mètres carrés au sous-sol (fermée).

Ça coûte cher ? Ça sature le réseau électrique ?

Même si la facture d'électricité dépasse les 100 euros, il n'est pas le gouffre financier que l'on pourrait s'imaginer. En hiver, le gap de température est nettement supérieur et la pompe à chaleur doit travailler d'autant plus pour maintenir la maison au chaud.

Donc non, ça ne coûte pas une fortune, du moment que l'on a un système efficace. Une pompe à chaleur fixe coûte nettement plus cher à l'achat qu'un climatiseur mobile, mais à l'usage, l'écart sur la facture est nettement plus économique. Mettre des panneaux solaires sur la toiture a un coût supplémentaire, mais cela peut permettre de sérieuses économies.

Passer la température de 22 à 24 °C est une solution qui peut faire diminuer la facture. En revanche, éteindre sa pompe à chaleur la nuit est une fausse bonne idée. Au redémarrage, la PAC doit tout rattraper d'un coup, ce qui la force à mettre les bouchées doubles.

Maintenant, vient la question qui fait débat : est-ce que la climatisation sature le réseau électrique français ? La réponse est simple : non. Enfin, pas pour l'instant. Le réseau électrique français actuel est dimensionné pour notre consommation actuelle, et même pour vendre de l'électricité à nos voisins. Reprenons les mêmes dates pour le national que pour ma consommation domestique.

Pic de consommation le 25 juin 2026 en France. ©Clubic / Site de RTE

Le pic de consommation en France, le 25 juin, selon RTE (gestionnaire du transport de l'électricité en France) s'élève à 57,9 GW (gigawatts). Maintenant, revenons à la date du 26 janvier 2026, afin de comparer toujours les mêmes dates.

Pic de consommation le 25 juin 2026 en France. ©Clubic / Site de RTE

Le pic de consommation en cette fin de journée, à 19h15, s'élève quant à lui à 74 GW. Alors, la climatisation, ça consomme plus que le chauffage ? À première vue, non, mais tout n'est pas aussi simple.

En effet, la quasi-totalité des foyers et des établissements publics et privés français disposent d'un système de chauffage. Ce qui n'est pas le cas pour la climatisation.

Répartition des modes de chauffage en France en 2020. ©Ministère de la Transition Écologique

En 2020, moins de 40% des foyers, établissements publics et privés français étaient dotés d'un chauffage 100% électrique, le plus consommateur d'électricité. La part de pompes à chaleur a largement augmenté depuis, avec plusieurs millions d'unités vendues.

La part des bâtiments peu consommateurs d'électricité est donc majoritaire, dans le mix de chauffage de 2020. Ce matériel ne fonctionne en toute logique pas en hiver. Alors, si toute la France était climatisée ? Le réseau tiendrait-il ? Deux choses sont certaines : ce n'est pas encore le cas, et nous avons encore une nette marge avant d'en arriver là.

Le coût de la climatisation est au final bien présent, certes, mais il n'est pas aussi important que redouté. Les valeurs de consommation et de coût sont propres à chaque domicile, il est impossible de donner une valeur fiable à l'avance.