EDF a lancé un programme de six réacteurs EPR2 répartis sur trois sites en France. Chaque site accueillera deux unités construites simultanément, avec des infrastructures partagées et des équipes qui enchaînent les étapes. L’organisation de ces chantiers et la répétition des gestes pourrait, sur le long terme, influer sur le coût de l’électricité pour les consommateurs et les industries.

Le devis officiel d’EDF atteint 72,8 milliards d’euros en euros constants de 2020, soit plus de 83 milliards en intégrant l’inflation. Penly, Gravelines et Bugey accueilleront chacun deux réacteurs, et les premières opérations de terrassement ont déjà débuté. Pendant que le premier réacteur avance sur le chantier, les ingénieurs préparent les plans du second avec les ajustements tirés de l’expérience initiale. Les matériaux circulent entre les zones, les installations temporaires servent les deux unités et les fournisseurs livrent selon un calendrier précis, calqué sur l’avancement réel des équipes. Chaque geste se répète, les séquences se mémorisent et les équipes gagnent en fluidité, tandis que l’expérience accumulée sur les précédents projets français et étrangers guide l’organisation de chaque étape.
Et alors que le gouvernement table sur une baisse de nos factures d'électricité en 2026, cette organisation, qui limiterait les coûts de production et de construction pourrait y contribuer.
Reproduire les économies d’échelle par la répétition industrielle
Au site de Penly, le béton des fondations du premier réacteur sèche alors que les grues transportent déjà les premières poutres vers le second. Les ouvriers ajustent les mesures au fur et à mesure, et les ingénieurs déplacent certaines consignes pour éviter les blocages. Les installations temporaires, utilisées par les deux chantiers, permettent aux équipes de poursuivre le travail sans interruption.
Comme les gestes se répètent, les interventions deviennent plus rapides et les séquences plus fluides. À Gravelines, les modules livrés par les fournisseurs sont immédiatement déplacés sur les zones prévues, tandis que les ouvriers alternent entre montage des armatures et pose des câbles. L’organisation se renforce jour après jour : le rythme se stabilise et chaque action prépare naturellement la suivante.
Sur le site du Bugey, les parcours des grues et les plans temporaires sont calibrés à partir des observations précédentes. Les équipes déplacent et assemblent les éléments dans un ordre testé, et la coordination entre les ouvriers facilite la progression des fondations et des structures. La répétition des gestes et l’organisation identique des sites créent un rythme industriel qui limite les interruptions et optimise l’usage des ressources.

Maîtriser les coûts et le calendrier pour produire une électricité compétitive
Alors que les fondations s’élèvent sur les trois sites, les chefs de chantier ajustent quotidiennement la répartition des équipes. Les livraisons de composants suivent un séquencement précis, et les ouvriers déplacent les éléments là où ils seront assemblés sans attendre. Les ajustements de plans se font sur le terrain pour faciliter le passage des grues et des engins, et certains modules sont assemblés dès leur arrivée. À mesure que les structures prennent forme, les gestes répétés deviennent automatiques, et les équipes avancent plus vite que sur les projets passés, comme Flamanville, dont on a bien longtemps attendu la mise en service sur le réseau, ou Hinkley Point C.
Les fournisseurs synchronisent leurs livraisons avec le rythme des travaux et les installations temporaires continuent d’être partagées pour ne pas interrompre la production. Les séquences établies permettent d’enchaîner les mises en place et les installations dans un flux continu. EDF anticipe que les premiers EPR2 pourraient produire de l’électricité dès 2038 et que cette organisation stricte aidera à stabiliser la production sur la durée. L’État prévoit un audit au premier trimestre 2026 pour vérifier la cohérence des devis et du calendrier, tandis que les équipes répètent les gestes et ajustent les flux de matériaux pour maîtriser le chantier et les coûts.
Le calendrier publié par EDF montre que la première tranche à Penly devrait durer 90 mois, contre 96 mois initialement prévus, avec l’objectif à long terme d’atteindre 70 mois sur les tranches suivantes. Les chiffres communiqués par l’entreprise indiquent que le deuxième réacteur sur chaque site coûtera environ 15 % de moins que le premier et que les économies cumulées pourraient atteindre près de 30 % entre la première et la dernière unité.
Chaque consommateur et usager espère une répercution de ces économies sur le montant de sa facture. Rien n'est moins sûr.