La PS6 et la Xbox Project Helix pourraient franchir la barre des 1 000 € au lancement. Analystes et insiders convergent vers ce scénario, porté par la crise de la RAM et l’explosion des coûts de production.

La console à 500 €, c’est peut-être une époque révolue. Alors que la PS6 n’est pas attendue avant 2028 au plus tôt, les signaux s’accumulent pour dessiner un tableau peu réjouissant pour les joueurs : selon TechPowerUp , le coût de fabrication d’une PS6 aurait déjà grimpé à environ 960 dollars, soit une hausse de 200 dollars par rapport à ses propres projections de mars dernier. Concrètement, si Sony vend la console à un prix proche de son coût de production, le tarif au consommateur pourrait dépasser 1 000 € sans forcer. Et ce chiffre ne concerne que l’édition Digital.
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PS6 : quand le coût de fabrication dépasse le prix de vente actuel de la PS5 Pro
Ce qui rend ce chiffre particulièrement frappant, c’est la comparaison qu’il impose. La PS5 Pro, dont le prix a été relevé à 899,99 € en avril dernier, coûterait donc moins cher à l’achat que ce que Sony débourserait pour fabriquer une seule unité de PS6. Le BOM (coût des matériaux/composants) à 960 dollars laisse très peu de marge de manœuvre : une édition avec lecteur de disque pourrait approcher les 950 €, voire dépasser les 1 000 € selon les estimations qui circulent.
Le responsable principal de cette inflation : la crise de la mémoire vive. Les besoins colossaux des centres de données en RAM, liés à l’essor de l’IA, ont provoqué une pénurie qui ne devrait pas se résorber avant 2028 au minimum. Or, la PS6 embarquera nécessairement des volumes importants de mémoire pour tenir la route face à la concurrence. C’est un cercle vicieux que ni Sony ni Microsoft ne peuvent contourner.
Project Helix dans la même fourchette, voire au-delà
Sony n’est pas seul dans cette situation. La Xbox Project Helix est pressentie entre 1 000 et 1 500 € selon les analystes, ce qui placerait Microsoft encore plus haut sur l’échelle tarifaire. Les deux constructeurs se retrouvent donc dans la même impasse structurelle, sans qu’aucun ne puisse vraiment jouer la carte du prix pour creuser l’écart sur l’autre.
Sony anticipe clairement une période de transition douloureuse. Joost van Dreunen, professeur à la NYU Stern School of Business et cofondateur de Superdata, résume la situation sans détour : « Nous nous dirigeons rapidement vers un monde dans lequel une console à 1 000 dollars sera la norme, et le jeu sur console deviendra une dépense de luxe. » Dr. Serkan Toto, CEO du cabinet Kantan Games, abonde dans le même sens, jugeant qu’une version de la PS6 à 999 dollars est « loin d'être impossible ». Sauf que la réalité pourrait être encore plus sévère que ces projections, si la crise de la RAM s’éternise.
La vraie question n’est pas de savoir si la PS6 coûtera 1 000 €, mais ce que ce basculement tarifaire va changer pour les joueurs qui n’ont pas les moyens pour s'équiper d’un PC gamer haut de gamme. La console a longtemps été le point d’entrée abordable dans le jeu vidéo de qualité. Si ce plancher symbolique saute, Sony et Microsoft devront convaincre que leur offre de services, de jeux et d’expériences justifie un investissement qui se rapproche dangereusement de celui d'un PC. Pas sûr que tout le monde suive.