À VivaTech 2026, Samsung a dévoilé une ambition qui dépasse largement le simple suivi sportif. Avec Samsung Health, ses montres Galaxy Watch, ses objets connectés et une galaxie de start-up santé, le géant coréen veut s'imposer comme l'un des acteurs clés du bien-être connecté.

Présent en force à la porte de Versailles de Paris et cela jusqu'à samedi prochain, Samsung n'est pas venu vendre une montre connectée de plus au public parisien. Le coréen a surtout déroulé sa vision d'une santé connectée plus large, plus prédictive et plus intégrée à son écosystème. Galaxy Watch, smartphones Galaxy, Samsung Health, frigo dopé à l'IA, SmartThings, partenariats avec des start-up... La marque veut transformer les signaux du quotidien en conseils personnalisés. Et pour les utilisateurs déjà équipés d'une montre et d'un smartphone Samsung, plusieurs nouveautés arrivent très rapidement via Samsung Health.
Samsung Health change de braquet
Le cœur de cette stratégie, c'est bien Samsung Health. L'application va être repensée autour de cinq grands piliers : sommeil, activité physique, nutrition, équilibre mental et indicateurs de forme. Le concept est de ne plus empiler les données dans un long fil vertical, mais d'organiser la santé de l'utilisateur par besoins concrets. Dans les prochaines semaines, Samsung promet plusieurs fonctions intégrées, sans abonnement annoncé, avec une disponibilité qui dépendra toutefois des modèles, des capteurs et des marchés. Un compte Samsung restera nécessaire, et les fonctions les plus avancées s'appuieront logiquement sur les Galaxy Watch les plus récentes (à partir des séries 7).

- Un design très élégant
- Gemini intégré
- Performances globales
- Boitier en acier inoxydable
- Couronne rotative pour naviguer dans les interfaces
- Bouton action
- Boîtier en titane, verre saphir
- Suivi de santé complet
- Écran magnifique et lumineux
La Galaxy Watch veut devenir coach, pas seulement un compteur
Samsung pousse particulièrement la partie sportive et cardio. L'indice fitness doit ainsi permettre de visualiser ses points forts et ses faiblesses, en combinant notamment composition corporelle, historique des activités et données cardiaques. L'utilisateur peut alors suivre ses progrès semaine après semaine avec des recommandations adaptées à son objectif.
La Charge cardio va, elle, mesurer l'effort imposé au cœur et suggérer des temps de récupération. Objectif : éviter de s'entraîner trop tôt ou trop fort, tout en préparant mieux une séance importante. Samsung ajoute aussi un Score de cœur, pensé comme un résumé quotidien de l'impact du sommeil, de l'activité et de l'évolution corporelle sur le bien-être cardiovasculaire.
Autre nouveauté : l'État de forme, ou Vitals, qui surveille pendant le sommeil plusieurs signaux de référence. L'intérêt ne serait pas d'envoyer une alerte au moindre écart, mais de détecter des variations significatives quand le corps commence à envoyer des signaux faibles.
De la montre au frigo, Samsung veut connecter tout le quotidien
L'ambition ne s'arrête pas au poignet. Sur son gigantesque stand parisien, Samsung met aussi en scène son réfrigérateur Bespoke AI Family Hub, capable de reconnaître des aliments, suivre des dates de péremption, proposer des recettes et, à terme, mieux relier nutrition et données de bien-être. Le tout motorisé par une IA maison et celle de Google, Gemini.
Plus loin encore, Samsung dessine une frontière beaucoup plus ambitieuse avec Xealth, plateforme américaine rachetée par le groupe et pensée comme un trait d'union entre le domicile et l'hôpital. Le principe n'est pas de transformer une Galaxy Watch en médecin de poche, mais de permettre à certains professionnels de santé de suivre à distance des constantes remontées par les appareils Galaxy, dans les pays où ce type d'usage est autorisé. Concrètement, après une prise en charge à l'hôpital, un patient pourrait rentrer chez lui tout en continuant à transmettre certaines données utiles à son équipe médicale. De quoi repérer plus tôt une évolution anormale, ajuster le suivi ou éviter une consultation inutile lorsque tout va bien.
Cette brique technologique n'est pas disponible en France à ce stade, pour des raisons évidentes de réglementation et d'organisation du système de santé. Mais elle montre la direction prise par Samsung, à savoir faire passer ses montres et smartphones du statut d'accessoires de bien-être à celui de relais potentiels entre l'utilisateur et les soignants.
Les start-up santé comme laboratoire grandeur nature
La partie la plus prospective se jouait du côté de l'Open Care Lab et de Samsung Next, la branche d'investissement du groupe. Samsung y mettait en avant plusieurs start-up déjà dotées de produits fonctionnels, mais encore à des stades de déploiement variables. Parmi elles, Generation Lab et son service System H, un kit à domicile reposant sur un prélèvement biologique réalisé via un patch porté quelques minutes sur l'épaule, puis envoyé en laboratoire. À la clé : un rapport personnalisé censé évaluer l'état de santé biologique de l'utilisateur, jusqu'au niveau de certains organes, avec des recommandations pour améliorer ses indicateurs.
Autour de ce premier exemple, Samsung présentait aussi des solutions capables de suivre la glycémie en temps réel via un capteur, d'analyser les macronutriments d'une assiette, d'évaluer l'état de la peau avec un miroir connecté ou encore d'examiner le cuir chevelu pour mieux comprendre les problèmes de perte de cheveux. Dans tous les cas, la logique est la même : Samsung ne développe pas seul toutes ces briques, mais les observe, les finance ou les accompagne pour nourrir, demain, son propre écosystème santé. Certaines resteront peut-être indépendantes ; d'autres pourraient finir intégrées à Samsung Health ou à SmartThings si leur usage se confirme.
Nos animaux auscultés par l'IA
Samsung n'oublie pas non plus les animaux de compagnie, un terrain moins attendu mais très révélateur de sa stratégie. Avec SmartThings Pet Care et une technologie développée avec Lifet, la marque veut permettre aux propriétaires de surveiller certains signaux de santé de leur chien ou de leur chat à partir d'une simple photo prise au smartphone. L'IA pourrait notamment analyser des éléments liés aux dents, aux yeux ou aux articulations, afin de repérer des signes qui mériteraient une attention particulière. Une fonction que nous sommes curieux de tester.
Là encore, Samsung avance avec prudence. Il ne s'agit pas de remplacer un vétérinaire ni de poser un diagnostic depuis son canapé, mais d'aider l'utilisateur à détecter plus tôt un possible problème. Une manière, pour le groupe, d'étendre son écosystème santé au-delà de l'humain, en transformant SmartThings en tableau de bord du foyer tout entier. Après la montre, le frigo et le smartphone, même le chat pourrait finir par entrer dans la boucle.