Le P-D.G de Trump Mobile a confirmé l'expédition des premiers T1 Phone hier. Enfin une bonne nouvelle pour les quelque 590 000 acheteurs qui patientaient depuis août 2025. L'appareil doré coûte 499 dollars, soit 460 euros.

Pat O'Brien, le patron de la marque a fini par confirmer à Reuters que les premiers mobiles partaient enfin, tout en prévenant qu'il faudrait plusieurs semaines pour écouler toutes les précommandes - ©jackpress / Shutterstock
Pat O'Brien, le patron de la marque a fini par confirmer à Reuters que les premiers mobiles partaient enfin, tout en prévenant qu'il faudrait plusieurs semaines pour écouler toutes les précommandes - ©jackpress / Shutterstock

Souvenez-vous. Eric Trump et Donald Trump Jr. ont présenté le fameux smartphone le 16 juin 2025, dix ans jour pour jour après l'annonce de la campagne présidentielle de leur père. Très vite, 590 000 personnes ont versé un acompte de 100 dollars pour réserver leur exemplaire, et Trump Mobile a donc récolté 54 millions d'euros d'après The Deep Dive.

Et puis plus rien. Personne n'avait vu la couleur dorée du T1 Phone, ni en août 2025, ni en novembre, ni en décembre, ni au premier trimestre 2026.

Enfin, en ce jour du mercredi 13 mai, que certains marqueront d'une pierre blanche, près d'un an après la première date annoncée, Pat O'Brien, le patron de la marque a fini par confirmer à Reuters que les premiers mobiles partaient enfin, tout en prévenant qu'il faudrait plusieurs semaines pour écouler toutes les précommandes.

Une fiche technique qui ressemble fortement à un HTC déjà commercialisé

Pour 460 euros, on a droit à un écran AMOLED de 6,78 pouces, à 512 Go de stockage extensibles par microSD, à une batterie de 5 000 mAh et à un processeur Qualcomm Snapdragon série 7. Côté photo, quatre capteurs, dont trois à 50 mégapixels et un ultra grand-angle à 8 mégapixels. Android 15 tourne sous une coque dorée frappée du drapeau américain, sans le logo « T1 » initialement prévu sur le dos.

Si cette fiche technique vous rappelle quelque chose, c'est normal, et à la fois un problème. On est face à la superposition presque parfaite avec le HTC U24 Pro.

HTC U24 Pro
  • IP67, NFC, prise jack et port pour carte SD
  • Les performances globales
  • Écran lumineux
6 / 10

D'autres y voient plutôt un Wingtech Revvl 7 Pro 5G rebadgé, un modèle chinois vendu 130 dollars (120 euros) sur Amazon. Trump Mobile refuse de préciser le chipset exact, ce qui laisse le doute s'installer. Quant à la promesse initiale d'un téléphone « designed and built in the United States », elle vous pouvez la chercher longtemps sur le site officiel, puisqu'elle a été remplacée par la formule plus floue « designed with American values in mind ».

Pour Pat O'Brien, il s'agit des unités « assemblées aux États-Unis », sans s'avancer sur l'origine des composants. Or le seul smartphone réellement fabriqué sur le sol américain en 2025, le Liberty Phone, se vendait 2 000 dollars (1 840 euros). Comme on vous le disait, pour 460 euros, un Pixel ou un iPhone fait largement mieux.

Un client qui veut récupérer ses 92 euros n'a donc plus qu'une option, porter plainte - ©Koshiro K / Shutterstock

Récupérer 92 euros coûte plus cher que les 92 euros en jeu

Trump Mobile a aussi discrètement réécrit ses conditions générales tout récemment.

L'acompte de 92 euros ne garantit plus aucune livraison, et les autres pages du site renvoient les litiges vers un arbitrage privé, mais ce recours ne figure plus dans le paragraphe consacré aux dépôts. Un client qui veut récupérer ses 92 euros n'a donc plus qu'une option, porter plainte au tribunal de Palm Beach County, en Floride, c'est-à-dire le comté où se trouve Mar-a-Lago, la résidence privée de Donald Trump.

Et on le sait, dans ces conditions, il faut payer un avocat, se déplacer et déposer une plainte pour tenter de récupérer 92 euros, soit donc dépenser bien plus que les 92 euros. Reste alors l'action collective, à supposer qu'elle aboutisse un jour. Trump Mobile précise par ailleurs que l'acompte « ne verrouille pas le prix, ne réserve pas d'inventaire et ne transfère aucun titre de propriété ». Les 590 000 acheteurs qui ont réservé ont en fait payé pour ce que l'entreprise qualifie elle-même d'« opportunité conditionnelle ».

La sénatrice Elizabeth Warren et plusieurs élus démocrates ont saisi la Federal Trade Commission en janvier 2026, dénonçant des « tactiques de bait-and-switch », mais la FTC n'a confirmé aucune enquête à ce jour. Pour Gavin Newsom, gouverneur de Californie le T1 est tout simplement une « fraude ».

Source : Reuters