Le don par SMS a permis de collecter 1,86 million d'euros en France l'an dernier, selon le 4e Baromètre France générosités et af2m publié mardi. Et pour la première fois, le don par RCS fait son entrée.

Le don par message enrichi progresse en France et personne n'en parle encore. © Alexandre Boero / Clubic
Le don par message enrichi progresse en France et personne n'en parle encore. © Alexandre Boero / Clubic

En huit ans, le don par SMS a permis de collecter 16,4 millions d'euros en France, avec une pratique qui est bien entrée dans les mœurs. Le 4e baromètre de France générosités et de l'af2m (l’Association française pour le développement des services et usages multimédias multi-opérateurs), publié ce mardi 12 mai 2026 et que Clubic a pu découvrir en avant-première, confirme la bonne santé du canal, avec un don moyen en hausse. Mais la vraie nouveauté de 2025 est ailleurs. En effet, pour la première fois au monde, il est désormais possible de faire un don via le RCS, le successeur enrichi du SMS qui permet d'envoyer des images, des vidéos et des boutons interactifs directement depuis l'application de messagerie de son téléphone.

Le don par SMS tient bon, et le don moyen remonte

En 2025, le don par SMS a généré 1,86 million d'euros en France, pour 214 000 dons réalisés. On est ici sur une dynamique de long terme, puisque depuis 2018, 2,1 millions de Français ont utilisé ce canal pour faire un don, pour un total de 16,4 millions d'euros. Le principe est simple, vous envoyez un SMS à un numéro dédié, et le montant est directement prélevé sur la facture mobile, sans carte bancaire ni inscription quelconque.

L'autre signal positif, c'est que le don moyen est en hausse. Après un creux notable en 2021 et 2022, où il tournait autour de 5 euros, il a progressivement remonté pour atteindre 8,72 euros en 2025. Les associations ont affiné leurs campagnes en proposant des mots-clés spécifiques à envoyer par SMS, par exemple « DON10 » ou « DON20 », pour inciter les donateurs à choisir d'emblée un montant plus généreux. Et ça marche, visiblement.

Mais le don par SMS a son talon d'Achille, et c'est l'actualité. En 2025, le seul mois de juin a concentré 22 % de la collecte annuelle totale, soit plus d'un euro sur cinq collecté en trente jours, grâce aux grandes campagnes de lutte contre le cancer portées par la Fondation ARC et l'Institut Gustave Roussy, et à la mobilisation de la SPA contre les abandons d'animaux. En dehors de ces temps forts médiatiques, les dons retombent nettement.

© Kostiantyn Batylchuk / Shutterstock
© Kostiantyn Batylchuk / Shutterstock

Le RCS s'invite dans la générosité mobile, et ça change tout

C'est la grande annonce de ce baromètre : la France est le premier pays au monde à avoir rendu possible le don via le RCS. Cela signifie qu'un donateur peut désormais faire un don ponctuel ou récurrent directement depuis son application de messagerie, la même que celle qui reçoit ses SMS, sans jamais quitter la conversation. Cette nouveauté a été rendue possible grâce à la collaboration entre France générosités côté associations, Orange et SFR côté opérateurs, et la société HighConnexion, qui a assuré le lien technique entre les différents acteurs.

Six associations ont d'ailleurs sauté le pas l'année dernière pour tester le don par RCS, et les premiers chiffres sont prometteurs. Le don moyen atteint entre 14 et 15 euros, contre 8,72 euros pour le SMS classique, soit quasiment le double. Une différence qui s'explique par le fait que là où un SMS se résume à du texte brut, le RCS permet d'intégrer des photos, des vidéos et des boutons cliquables directement dans le message, ce qui offre une expérience bien plus immersive qui pousse davantage au passage à l'acte.

Le don récurrent sur facture mobile, qui permet de s'engager à donner chaque mois sans y penser, comme un abonnement solidaire, est une autre tendance surveillée chaque année par le baromètre. En 2025, les montants collectés via ce dispositif ont bondi de 54 % par rapport à 2024, pour atteindre 36 980 euros. Le nombre de donateurs reste très modeste (375 personnes), mais chacun contribue en moyenne à hauteur de 98,61 euros par an. Un cercle encore restreint, mais qui a mine de rien son petit impact financier.