Les pressions continuent autour du détroit d'Ormuz. Cette fois, c'est l'Iran qui est à l'offensive, avec des nouvelles idées discutées dans le pays qui concernent les câbles sous-marins passant dans le Golfe persique.

La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran continue de faire ressentir ses effets. En effet, malgré la trêve qui dure maintenant depuis plus d'un mois, le blocage iranien (et le contre-blocage américain) continuent du côté du détroit d'Ormuz, ce qui empêche quasiment tout trafic maritime - et ce qui a des conséquences notables dans le secteur de la tech. Et toujours dans cette idée de militariser les infrastructures, cette fois, ce sont les câbles Internet sous-marins qui pourraient souffrir.
L'Iran se doit avoir des droits sur les 10 000 milliards de dollars de transactions financières quotidiennes passant par les câbles d'Ormuz
Est-une façon de mettre un peu plus la pression sur Donald Trump, dans cette guerre de bluffs et de coups de pression que se mènent l'Iran et les États-Unis depuis un mois ? Toujours est-il que plusieurs médias proche des Gardiens de la Révolution ont ces derniers jours appelé l'Iran à prendre le contrôle des câbles Internet sous-marins passant à travers le golfe Persique, d'une façon similaire à ce que Téhéran essaye de faire avec le trafic maritime.
Aujourd'hui, une dizaine de câbles passent par le golfe, et représentent à eux seuls près de 20% du trafic mondial de données. Les agences de presse iraniennes rappellent ainsi qu'au quotidien, près de 10 000 milliards de dollars de transactions financières sont effectuées à travers ces câbles, sans que l'Iran ne touche aucune commission. Un problème pour les médias en question.
L'Iran pourrait exiger des frais de passage et un accès direct aux câbles
Résultat, ils proposent d'imposer des taxes sur l'utilisation de ces câbles. Plus exactement, l'agence de presse Tasnim, considérée comme une agence « semi-officielle » de la république islamique d'Iran, propose trois types de mesures à imposer sur ces câbles :
- mise en place de frais initiaux et annuels sur les entreprises privées ;
- obliger les géants de la tech (Microsoft, Meta, Amazon...) à obéir à la législation iranienne ;
- réserver les opérations de maintenance et de réparation de ces câbles aux seules entreprises iraniennes.
L'agence de presse Fars, qui s'est aussi faite l'écho de cette exigence, estime par ailleurs que ces câbles pourraient faire une cible de choix pour faire mal à l'économie mondiale. Elle indique ainsi que des disruptions de quelques jours sur ces câbles pourraient entraîner des centaines de millions de dollars de dommages. Une menace pour effrayer Donald Trump, plutôt qu'un véritable projet ?
Source : Times of Israel, Iran International