Si la majorité des consoles portables sont animées par Windows 11, celle qui rencontre le plus de succès – le Steam Deck – est portée par un système concurrent, SteamOS. Depuis plusieurs mois, Valve permet de l’installer sur d’autres machines. Nous avons tenté l’expérience sur l’ASUS ROG Ally X et ne sommes pas près de faire marche arrière.

Malgré la sortie de la ROG Xbox Ally X, la ROG Ally X reste un bel outil. ©ASUS
Malgré la sortie de la ROG Xbox Ally X, la ROG Ally X reste un bel outil. ©ASUS
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Notre cobaye, l’ASUS ROG Ally X

À mi-chemin entre la ROG Ally Z1 et la ROG Xbox Ally X, la console que nous avons utilisée pour cet essai est un modèle clairement cité par Valve sur la page dédiée à SteamOS, et ce, depuis déjà plusieurs mois. Attention cependant, contrairement à la Lenovo Legion Go S et, bien sûr, au Steam Deck, SteamOS n’est pris en charge que de manière « bêta » sur la ROG Ally X.

L'interface Windows a progressé, mais ça reste nettement insuffisant. ©Best Buy

Une information qui a son importance. Durant de nombreuses semaines, nous n’avons pas été en mesure d’installer SteamOS sur la machine : la procédure refusait obstinément de s’achever, malgré toutes les précautions que nous prenions (voir l’encart « l'alternative Bazzite OS »). Avec la sortie de la version 3.8.0 de SteamOS, les choses vont mieux de notre côté. Attention cependant, il est possible qu’en tentant l’expérience vous vous retrouviez avec les mêmes échecs que nous avons rencontrés par le passé.

Premières tentatives d'installation... peu concluantes. ©Nerces pour Clubic

« Chat échaudé craint l’eau froide », dit le proverbe. Pour l’installation de SteamOS, nous avons donc d’abord choisi de changer de SSD : l’idée était ainsi de préserver le Windows 11 installé par ASUS et de disposer d’une solution de repli en cas d’échec. Un changement de SSD qui n’est guère compliqué, à condition de procéder de manière tranquille, sans précipitation.

Changement de SSD et accès au BIOS

En premier lieu, on retire les quelques vis qui maintiennent les deux parties de la console solidaires. Ensuite, via un accessoire fin – de préférence en plastique pour ne pas abîmer la machine –, il s’agit de déclipser tout le châssis inférieur. Enfin, on peut alors retirer cet élément… En prenant soin de ne pas aller trop vite : dans sa conception, ASUS a effectivement placé une toute petite nappe pour ce qui semble être une liaison entre l’écran et la batterie.

Opération changement de SSD : attention à la petite nappe. ©Nerces pour Clubic

Le SSD d’origine est alors apparent et il suffit de retirer la petite vis de maintien pour qu’il soit possible de le retirer. Dernière étape de la partie hardware : insérer le nouveau SSD, le visser et refermer le tout. Attention, il est inutile et même contre-productif de chercher le SSD PCIe Gen 5 le plus véloce. D’abord, la ROG Ally X ne saura en profiter, mais surtout, il est préférable d’opter pour un modèle qui chauffe peu : l’intérieur de la console est exigu.

Indispensable passage dans le BIOS pour désactiver le secure boot. ©Nerces pour Clubic

L’ultime étape avant de lancer la procédure d’installation est de passer par le BIOS de la console : cela se fait en allumant la ROG Ally X et, juste après, en pressant/maintenant le bouton « volume - » jusqu’à ce que l’écran du BIOS apparaisse. Là, c’est on ne peut plus simple : il faut se rendre dans la section « sécurité », choisir le « démarrage sécurisé » et désactiver l’option « contrôle du démarrage sécurisé ». Sans cela, la machine ne bootera pas.

Rufus est l'outil retenu par Valve pour créer une clé d'installation SteamOS. ©Nerces pour Clubic

Voilà, nous sommes maintenant prêts à installer SteamOS sur notre ROG Ally X. Là, inutile d’entrer dans d’infinis détails : vous aurez besoin d’une clé USB d’une capacité d’au moins 8 Go et de consulter la page dédiée sur le site officiel de Steam. L’outil Rufus y est utilisé pour créer une clé de boot avec installation automatique de SteamOS, c’est clairement la méthode la plus simple. En l’espace de quelques dizaines de minutes, vous devriez arriver sur l’interface Steam Big Picture.

Juste une remarque pour les amateurs, comme moi, de Ventoy (une alternative plus complète à Rufus) : cela ne fonctionne pas avec l’image SteamOS.

Toutes les fonctionnalités opérationnelles

Soyons honnêtes, que les fonctionnalités ne soient pas toutes présentes est l’une des principales craintes en troquant le système d’exploitation. La ROG Ally X est une machine spécifique avec ses petites astuces, mais elle est conçue pour Windows. Pourtant, il n’y a en réalité pas lieu de s’inquiéter.

Tous les réglages sont présents, avec quelques spécifités liées à la ROG Ally X. ©Nerces pour Clubic

Non seulement l’installation de SteamOS se passe sans aucune intervention de notre part, mais une fois arrivé sur l’interface, nous n’avons qu’à entrer nos identifiants Steam pour être « comme à la maison ». Mieux encore, toutes les options de la ROG Ally X sont bien présentes.

Notez la possibilité d’ajuster la dalle jusqu’à 120 Hz, avec VRR. ©Nerces pour Clubic

Cela va du réglage du TDP de la machine de 5 à 30 watts jusqu’à l’ajustement de la fréquence de rafraîchissement de l’écran (jusqu’à 120 Hz avec VRR) en passant par la cadence du processeur (jusqu’à 2,7 GHz). Même la gestion des LED RVB sur les mini-sticks est au menu ! Et si vous souhaitez aller encore un peu plus loin (pour un TDP à 40 W par exemple ?), de nombreux modules sont disponibles via l’inévitable Decky Loader, comme sur Steam Deck.

L’alternative Bazzite OS

Avant de passer aux essais pratiques et aux mesures proprement dites, nous nous devons de revenir sur les problèmes d’installation rencontrés pendant des semaines : la procédure d'installation de SteamOS refusait obstinément d’aller à son terme et nous avions donc, dans un premier temps, jeté notre dévolu sur une alternative, Bazzite.

Il s’agit d’un OS basé sur Linux, comme SteamOS, mais sur une distribution différente : Bazzite repose sur Fedora quand Valve a décidé de se tourner vers ArchLinux pour son système.

Franchement, distinguer Bazzite de SteamOS n'est pas évident. ©Nerces pour Clubic

Le plus important est ailleurs : Bazzite imite à la perfection SteamOS à un détail près, il est beaucoup plus ouvert que l’OS de Valve. Déjà, nous avons pu l’installer il y a plusieurs mois sur la ROG Ally X, et ce, sans rencontrer la moindre difficulté. En outre, Bazzite est capable de tourner sur des systèmes sur base Intel ou NVIDIA sans sourciller quand SteamOS reste cantonné à l’architecture AMD utilisée sur le Steam Deck et à ses évolutions récentes.

Bien sûr, Bazzite dispose aussi d’un mode bureau. ©Nerces pour Clubic

Bazzite est pensé comme un OS pour les joueurs qui ne veulent plus de Windows et des thèmes lui font prendre plusieurs apparences, dont nous l’avons dit, un clone de SteamOS. Nous ne détaillerons pas davantage le fonctionnement de Bazzite, mais sachez qu’il s’agit d’une solution viable pour remplacer Windows sur à peu près n’importe quelle machine. Nous avons d’ailleurs comparé les performances obtenues sur notre ROG Ally X avec Windows 11, SteamOS et Bazzite.

Et à l’usage, ça donne quoi ?

Installer SteamOS – ou Bazzite donc – simplement pour donner un look Steam Deck à sa ROG Ally X n’a guère d’intérêt. Les installer pour sortir de l’emprise de Microsoft est déjà un argument plus valable, mais pour nombre d’entre nous, c’est clairement l’argument des performances qui fera mouche. Est-il vraiment possible de booster les performances obtenues sur sa machine en changeant simplement de système d’exploitation ? Windows 11 est-il vraiment si mal optimisé ?

Après l’installation de SteamOS, quelques réglages sont encore à effectuer, dont l’inévitable association à votre compte Steam. ©Nerces pour Clubic

Pour en avoir le cœur net, nous avons décidé d’installer SteamOS et Bazzite sur leur propre SSD et nous avons mesuré les performances de chacun des trois systèmes. Nous ne sommes pas entrés dans d’infinies comparaisons, mais à côté des multiples essais que nous avons réalisés, cinq jeux ont été utilisés pour des mesures précises : Shadow of the Tomb Raider, Forza Horizon 5, Cyberpunk 2077, Black Myth: Wukong et Avatar: Frontiers of Pandora.

Quelles performances ?

Précision utile, les mesures ont bien sûr été réalisées en configurant les systèmes avec des réglages aussi proches que possible. Le TDP est toujours resté le même et les options d’upscaling étaient identiques. Pour autant, et il ne faut pas être très observateur pour le remarquer, les écarts penchent systématiquement en faveur de nos outsiders : Windows 11 est à chaque fois débordé tant par Bazzite que par SteamOS. C’est en revanche plus nuancé entre les deux prétendants.

Performances relevées sur cinq jeux : SteamOS, Bazzite et Windows 11. ©Nerces pour Clubic

Attention, passer à SteamOS ne transformera pas votre ROG Ally X en bête de course et un jeu comme Avatar: Frontiers of Pandoria est là pour le prouver : ça reste difficilement jouable avec une moyenne intéressante à 51 images par seconde, mais un 1 % low qui descend jusqu’à 42 IPS. Sur le jeu d’Ubisoft, les écarts entre nos trois OS sont d’ailleurs assez faibles. En revanche, Shadow of the Tomb Raider est un petit choc : des performances en hausse de plus de 15 % après le passage sur SteamOS. Les choses fluctueront donc pas mal selon les jeux.

Cyberpunk 2077 et Shadow of the Tomb Raider, via SteamOS. ©Nerces pour Clubic

Reste que dans la majorité des cas, les gains seront contenus – entre 3 % et 8 % -, ce qui n’est en réalité pas si mal : on ne fait que changer l’OS, le matériel est rigoureusement identique, et l’opération ne coûte pas un centime à réaliser ! De plus, elle se traduit par d’autres gains, en autonomie cette fois.

Quelle autonomie ?

Nous avons ici repris nos cinq jeux que nous avons utilisés jusqu’à ce que la machine se coupe avec ce que cela suppose de petites imprécisions. Là non plus, pas de miracle et les résultats sont assez proches d’un système à l’autre. Proches certes, mais toujours en faveur de nos outsiders : dans certains cas, l’écart n’est que de trois ou quatre minutes, mais sur Avatar: Frontiers of Pandora, SteamOS tient 21 minutes de plus et, sur Cyberpunk 2077, c’est encore 16 minutes de gagnées.

Autonomie relevée sur cinq jeux : SteamOS, Bazzite et Windows 11. ©Nerces pour Clubic

Enfin, et ce ne sont pas des informations que peuvent nous donner des mesures, mais nous profitons – avec SteamOS comme avec Bazzite – de l’interface Steam. Elle est bien davantage pensée pour un usage sur console portable, et ce, malgré les derniers efforts déployés par Microsoft. Tout y est plus simple, plus rapide d’accès, et ce confort supplémentaire est une bénédiction. Une remarque cependant : certains jeux, notamment ceux affublés d’un système d’anti-triche, ne fonctionnent pas sur SteamOS, mais ce problème touche le Steam Deck autant que notre ROG Ally X « modifiée ».

SteamOS sur ROG Ally X ? C'est maintenant un oui franc et massif ! ©Nerces pour Clubic

Notez par ailleurs que nos outsiders disposent aussi d’un mode « bureau » qui permet de tout gérer. Il ne faut pas s’imaginer SteamOS ou Bazzite comme des interfaces seulement dédiées au jeu vidéo. Elles sont optimisées pour cet usage, mais un accès « bureau » reste disponible et on peut alors réaliser les mêmes « bidouilles » que sur un Windows, par exemple, pour se lancer dans l’émulation. Enfin, il est évidemment possible de brancher clavier, souris et écran externe pour… Faire de la bureautique !

Passer la ROG Ally X sur SteamOS : l’avis de Clubic

Si nos tentatives de passer notre ROG Ally X sur SteamOS se sont soldées par de multiples échecs en décembre/janvier, la sortie de la version 3.8.0 du système de Valve a complètement changé la donne. La procédure est toujours aussi automatique… Mais elle va maintenant à son terme et depuis plusieurs semaines que notre console est sous SteamOS, nous n’avons aucune intention de revenir en arrière !

Nous ne sommes pas là pour cracher sur Windows 11, mais le fait est que la console est plus réactive et son ergonomie profite nettement du changement d’OS. On sent que tout est pensé pour les joueurs et on ne perd ni de temps ni d’énergie à atteindre la fonction voulue. Attention cependant, quelques problèmes de compatibilité peuvent subsister. C’est notamment le cas sur les jeux les plus compétitifs avec leur système anti-triche, mais qui joue de manière compétitive sur console portable ?

Quelques rares autres jeux peuvent rencontrer des soucis, mais très franchement, c’est rarissime et gageons que les choses évolueront vers une prise en compte toujours plus importante de SteamOS par les développeurs. Notre ROG Ally X a pris un chouette petit coup de jeune avec ce changement de système et nous vous encourageons à tenter l’expérience.

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