Présentées officiellement en début d’année, les deux enceintes de la nouvelle gamme Music Studio de Samsung ont un double objectif : se faire une place dans le marché de l’enceinte connectée, et s’imposer comme des exemples de designs réussis. Pour la seconde fois, la marque s’est reposée sur Erwan Bouroullec, qui applique ici un style épuré mais suffisamment pragmatique. Nous avons pu assister à cette présentation dans l’atelier du designer breton.

Sans forcer son discours, il est clair que Samsung tente de s’immiscer plus sérieusement sur les platebandes de Sonos et de ses poursuivants (comme Denon). Les deux enceintes profitent en effet de l’écosystème Samsung afin de prendre en charge la plupart des protocoles connectés, mais surtout s’inscrire dans la technologie Q-Symphony, Dolby Atmos à la clé, pour un usage home-cinéma.
Music Studio : la mode est à l’épure
Clairement, la tendance dominante dans le marché de l’enceinte connectée est à l’épure, aux accents scandinaves, en tous cas aux lignes pures et aux coloris qui ne le sont pas moins. Il n’est donc pas surprenant de retrouver, derrière le design de la Music Studio 7 (LS70H), mais surtout de sa petite sœur Music Studio 5 (LS50H), la patte d’Erwan Bouroullec, qui avait déjà collaboré (avec son frère Ronan) avec Samsung sur le téléviseur The Serif.

Nous avons pu découvrir l’enceinte dans son atelier du 19ᵉ arrondissement, atelier qui, outre une certaine démesure volumique pour un espace parisien, montre l’amour du designer pour les lignes arrondies et le minimalisme (sans tomber dans une vision froide), mais également sur les textures, mimant les éléments organiques et minéraux. Cette approche se retrouve particulièrement sur la Music Studio 5, porte-étendard de ce design pour cette mini-gamme.
Le cercle en point d’orgue
Bien que toujours plus artistique que technique, le discours d’Erwan Bouroullec ne fut pourtant pas déconnecté, le design parvenant à servir l’objet, et non l’inverse.
Le design est une pratique qui doit aller de pair avec l’ingénierie
Autour du design de l’enceinte, l’obsession du designer pour les points et les cercles : "Le cercle porte un symbolisme très fort : c’est une géométrie parfaite. Pour moi, c’était le meilleur point de départ : un orbe en forme de lune, capable de relier immédiatement l’objet à l’idée de son et de musique. La forme devait être intuitive. Elle devait avoir du sens immédiatement."
Mais selon nous, la grande réussite du produit, qui apparut dans le discours de présentation, est d’avoir réussi à donner un côté très aérien, la Music Studio 5 paraissant parfaitement plate vue de face ou légèrement orientée, malgré une certaine profondeur. Sa disposition en pavillon n’est pas nouvelle, mais assez ingénieuse. En tous cas, aucun produit de chez Sonos n’a cette élégance. "Ce qui est remarquable, c’est que la forme n’a pas été compromise : elle a au contraire évolué naturellement vers un volume plus performant, permettant un son clair et des basses profondes." explique Erwan Bourroulec.
De fait, ce design permet de loger un woofer suffisamment imposant au centre, ainsi que de deux tweeters/large-bande dans la base, de façon presque invisible. Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’enceinte se fera totalement oublier dans un salon, mais elle devrait permettre de l’habiller et non de s’imposer. Le lieu, assez dépouillé quoique relativement chaleureux, ne reflète évidemment pas le rendu dans un salon classique, mais il est clair que la Music Studio 5 devrait plaire à de nombreux utilisateurs.
La Music Studio 7 montre de son côté les limites de la formule, lorsque nous nous attaquons à des architectures plus ambitieuses et plus complexes. Ici nous quittons la simple disposition 2.0 de la Music Studio 5 pour une topologie 3.1.1. L’enceinte reste design, en particulier grâce à son haut-parleur central avec point placé dans un dôme inversé, mais elle affiche des lignes assez classiques pour une enceinte de bibliothèque.
À l'écoute : une oreille discrète
Il est difficile de parler d’écoute ou d’audition privée des deux produits, les conditions lors de cette présentation n’étant pas spécialement réunies pour se faire une idée précise de leurs capacités, nous nous contenterons donc de livrer un ressenti.
Petite sœur du duo, la très design Music Studio 5 nous a semblé distiller le rendu le plus équilibré. À défaut de grande puissance sonore (pas énormément de coffre de prime abord), bien que le niveau n'ait visiblement pas été poussé à fond, elle paraît offrir une bonne cohérence sonore, et un effet stéréo pas démesuré mais convaincant. Si son intégration dans l’écosystème Q-Symphony constitue un avantage indéniable pour les possesseurs de TV Samsung, il faudra présenter de solides arguments sonores face, par exemple, à la récente Sonos Play, ainsi que la Denon Home 200, toutes les deux vendues au même tarif que la Samsung : 349 euros.
À l’inverse, la Music Studio 7 nous a semblé clairement plus démonstrative, bien plus puissante dans le bas du spectre en tous cas. Cette enceinte, qui rappelle par ses flancs arrondis et ses dimensions une LS50 de KEF, ne manque clairement pas d’extension dans le bas du spectre. Toutefois, l’écoute s’est effectuée dans une configuration multienceintes, en mode Dolby Atmos (liée à un TV Samsung). Ici, les basses nous ont semblé trop mises en avant, en tous cas pas spécialement raffinées. À l’inverse, la dimension Atmos, qui passe ici par un véritable haut-parleur up-firing (orienté vers le haut), apportait une réelle immersion. Le produit, vendu à 499 euros, se positionne dans une gamme tout aussi concurrentielle, mais sans doute un peu plus dégagée du fait de son argument Atmos.
Pour rappel, les deux Music Studio disposent d’une connectivité avancée (Google Cast, Airplay, Spotify Connect, Tidal Connect, Roon Ready), d’une prise en charge Q-Symphony et du Dolby Atmos Wireless, tout en étant compatibles avec l’application SmartThings de Samsung. Outre une puce Bluetooth, elles disposent d’entrée optique. La Music Studio 7 se démarque par la présence d’un port HDMI eARC, qui ouvre la voie à bien plus de flexibilité.
Une seule inconnue actuellement : la date de sortie.