La Commission européenne a contrôlé 314 sites marchands dans 25 pays lors du Black Friday et du Cyber Monday. Un tiers affichait des remises non conformes au droit européen, un résultat conséquent… et alarmant.

Rabais gonflés artificiellement, articles glissés discrètement dans le panier, faux compteurs de décompte durant le Black Friday et le Cyber Monday... Les pratiques trompeuses en ligne ne manquent décidément pas d'inventivité. La Commission européenne vient de publier les résultats d'un contrôle coordonné mené dans 25 pays sur 314 e-commerçants. Bruxelles affirme qu'un tiers ne respectait pas les règles sur les promotions, et les infractions constatées vont d'ailleurs bien au-delà des seuls prix mal affichés.
Les vraies fausses promotions du Black Friday dans le viseur de Bruxelles
Pour mener l'enquête, la Commission européenne a coordonné un contrôle simultané dans 25 pays, dans le détail 23 États membres de l'Union européenne (la France en fait partie), auxquels s'ajoutent l'Islande et la Norvège. Concrètement, les autorités nationales de protection des consommateurs ont chacune inspecté des sites marchands actifs lors du Black Friday et du Cyber Monday (314 au total) pour vérifier si leurs pratiques commerciales respectaient bien le droit européen.
Premier constat : 30% des marchands affichaient leurs remises de manière incorrecte. La règle européenne est pourtant claire. Quand un vendeur affiche un prix barré, la réduction doit être calculée par rapport au prix le plus bas qu'il a lui-même pratiqué dans les 30 jours précédents. Pas question, donc, de gonfler artificiellement un prix la veille pour afficher ensuite une belle réduction fictive.
Autre problème relevé : 34 % des sites affichaient des comparaisons de prix du type « ailleurs à 89 euros, chez nous à 59 euros ». Sauf que dans six cas sur dix, rien n'expliquait d'où venait ce fameux prix de référence. Concurrent ? Ancien tarif ? Prix conseillé ? Impossible à savoir. Or sans cette information, le consommateur ne peut tout simplement pas juger si la réduction est réelle ou fabriquée de toutes pièces.
Les pratiques trompeuses du Black Friday que Bruxelles veut désormais sanctionner
Notons aussi que 36% des marchands tentaient d'ajouter automatiquement des produits ou services optionnels dans le panier des acheteurs, comme une assurance, un accessoire, ou un abonnement. Et quatre sur dix le faisaient sans jamais le signaler clairement, en comptant sur le fait que le client ne lirait pas tout avant de valider. Une pratique illégale en Europe, qui repose sur la distraction du consommateur.
Près de deux sites sur dix (18%) utilisaient des techniques de pression psychologique. Bruxelles évoque les compteurs qui défilent, les messages « plus que 2 articles disponibles », ou encore les alertes de stock imminent... L'idée est de pousser l'acheteur à décider vite, sans réfléchir. Le problème, c'est que dans plus de la moitié des cas contrôlés, ces indications étaient tout simplement fausses. Et créer une fausse urgence pour précipiter un achat, c'est illégal.
Enfin, 10% des sites pratiquaient ce qu'on appelle le « drip pricing », on vous explique. Cette pratique consiste à afficher un prix qui au départ semble attractif, mais voilà que des frais supplémentaires (livraison, service, traitement) apparaissent progressivement, seulement au moment de payer. Une façon de ferrer le client avant de lui révéler le vrai montant. « Une bonne affaire n'est pas une excuse pour tricher », a réagi Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission. Les autorités nationales peuvent désormais engager des poursuites contre les marchands concernés, si elles le souhaitent.