Après deux années de test, l'Autriche livre un bilan pour le moins mitigé quant à l'utilisation par les forces de l'ordre d'une flotte de véhicules 100% électriques. Explications.

Au début de l'année 2024, l'Autriche lançait un programme « Project Tron », visant à équiper certaines brigades policières à Salzbourg, au Tyrol ou encore dans la capitale (Vienne) de véhicules électriques. Parmi les véhicules retenus : les Volkswagen ID.3 et ID.4, ainsi qu'un Porsche Macan pour les interventions rapides.
Un test mené pendant 2 ans
Deux ans après son lancement, l’expérimentation menée par le ministère fédéral de l’Intérieur autour de l’intégration de voitures électriques au sein de la police autrichienne livre un verdict pour le moins nuancé. Présenté à l’origine comme un pas décisif vers une flotte plus vertueuse sur le plan environnemental, le projet se heurte aujourd’hui aux réalités très concrètes du terrain.
Sur le papier, l’électrification des véhicules d’intervention avait tout pour séduire : réduction des émissions, baisse des coûts d’usage, image modernisée des forces de l’ordre. Dans les faits toutefois, l’autonomie s’est révélée être le talon d’Achille du dispositif. Là où un particulier peut planifier ses trajets et anticiper ses recharges, un véhicule de police doit rester disponible à tout instant, prêt à intervenir sans préavis.
Or, les contraintes opérationnelles (les longues patrouilles, les déplacements imprévus et, plus rarement, les courses-poursuites) mettent à rude épreuve la capacité des batteries. À cela s’ajoute la question du temps de recharge : même en présence d’infrastructures adaptées, immobiliser un véhicule électrique pour faire le plein n’est pas anodin lorsqu’il s’agit d’assurer la continuité du service.
Des contraintes opérationnelles difficiles à concilier avec l’électrique
Au-delà de la seule autonomie, d’autres facteurs ont pesé dans la balance. Les véhicules de police embarquent un équipement conséquent, avec des systèmes de communication, des dispositifs lumineux et sonores, du matériel informatique, voire des équipements spécifiques d’intervention. Ce surpoids a un impact direct sur la consommation énergétique, réduisant encore davantage l’autonomie théorique annoncée par les constructeurs.
Aussi, les modèles testés ont progressivement été réaffectés à des missions moins critiques. Plutôt que de rester en première ligne, ils assurent désormais des tâches administratives, des déplacements internes ou des missions jugées non urgentes, où les contraintes de disponibilité immédiate sont moindres.
Si l’expérience autrichienne ne signe pas l’échec définitif de l’électrique dans les forces de l’ordre, elle met malgré tout en lumière un point clé, et la transition énergétique des flottes publiques ne peut faire l’économie d’une adaptation fine aux réalités du terrain.
Source : Automobile Propre