Les ventes de Tesla baissent nettement en Europe, alors que le constructeur chinois BYD voit ses ventes exploser. Les frasques d'Elon Musk responsables de cette baisse, ou simplement un engouement pour les voitures chinoises moins chères ?

Les ventes de Tesla en Europe continuent de s'éroder. Selon les données publiées mardi par l'ACEA (Association des constructeurs européens d'automobiles), seulement 8075 véhicules se sont écoulés en janvier 2026, soit une baisse de 17 % par rapport à la même période de l'année précédente. Il s'agit du treizième mois consécutif de repli pour la marque américaine.
De nombreux facteurs défavorables
Pour Rico Luman, économiste sectoriel spécialisé dans les transports et la logistique à la banque néerlandaise ING, ce début d'année constitue un nouveau signal de faiblesse pour le constructeur californien. Il pointe plusieurs éléments d'explication.

D'abord, l'image de Tesla s'est dégradée sur le continent européen au cours de l'année écoulée. Ensuite, l'offre concurrentielle s'est considérablement élargie avec l'arrivée de véhicules électriques accessibles proposés par des marques chinoises telles que BYD, MG ou encore Zeekr. Tesla, de son côté, n'a pas renouvelé sa gamme de manière significative, préférant concentrer ses efforts sur la conduite autonome plutôt que sur le lancement de nouveaux modèles destinés au grand public.
L'économiste souligne également un phénomène de marché secondaire : de nombreux véhicules Tesla de première génération, arrivés en fin de contrat de location après quatre à six ans, sont actuellement remis en circulation. Cette abondance de véhicules d'occasion a entraîné les prix vers une baisse généralisée, renforçant la concurrence à laquelle la marque fait face, y compris avec ses propres modèles plus anciens.
La politique américaine en toile de fond
Au-delà des dynamiques industrielles, Tesla a dû composer avec les retombées des engagements politiques de son dirigeant. Elon Musk a investi près de 300 millions de dollars pour soutenir la réélection de Donald Trump, avant de prendre la tête du DOGE durant quelques semaines.
Les relations entre Musk et Trump se sont toutefois distendues par la suite, après une série d'échanges publics tendus entre les deux hommes.
En bourse, l'action Tesla accusait un recul d'environ 11 % depuis le début de l'année, avec une légère baisse supplémentaire de 0,5 % observée mardi en pré-ouverture de marché.
BYD arrive en force
À contre-courant de Tesla, le constructeur chinois BYD affiche une progression notable sur le marché européen. Ses immatriculations ont bondi de 165 % sur un an en janvier, atteignant 18 242 véhicules. Sa part de marché a plus que doublé dans la région, passant de 0,7 % en janvier 2025 à 1,9 % le mois dernier, et ce, alors que des droits de douane dissuasifs, notamment une taxe de 100 % sur les véhicules électriques chinois, maintiennent la marque largement à l'écart du marché américain.
Mais plus largement, le marché automobile européen a reculé de 3,5 % en janvier, avec 961 382 véhicules immatriculés dans l'Union européenne, au Royaume-Uni et dans les pays de l'Association européenne de libre-échange.
La répartition des ventes continue toutefois d'évoluer : les immatriculations de voitures thermiques ont chuté d'environ 26 % sur un an, tandis que les véhicules électriques à batterie, les hybrides rechargeables et les hybrides classiques ont progressé respectivement de près de 14 %, 32 % et 6 %. Une transition énergétique du parc automobile qui se poursuit, mais dont Tesla ne capte plus autant les bénéfices qu'auparavant.
Source : CNBC