Un Youtubeur, 400 batteries automobiles, et un résultat que les physiciens nucléaires étudient en laboratoire. Tout cela filmé dans un garage, en 2026.
Il y a deux ans, Drake Anthony, alias Styropyro sur YouTube, avait mis en ligne une expérience impliquant 100 batteries de voiture. Ce « scientifique fou professionnel » promettait alors une suite encore plus extrême. La vidéo tant attendue vient de paraître, et elle dépasse toutes les anticipations raisonnables.
150 000 ampères : la physique appliquée dans un jardin
Drake Anthony a passé deux mois à câbler 400 batteries automobiles. La tension totale du montage reste modeste : 65 volts. C'est l'intensité qui fracasse toute notion d'échelle habituelle. En fonctionnement, le dispositif dépasse régulièrement 150 000 ampères. Anthony lui-même contextualise le chiffre : une seule décharge équivaut à l'ensemble des éclairs d'un orage complet.
Le principe de l'expérience est simple dans sa brutalité. Un interrupteur artisanal ferme le circuit sur un conducteur métallique maintenu entre deux blocs de bois. Quand le courant passe, les métaux testés, zinc, aluminium, cuivre, fer, se vaporisent en une fraction de seconde. Les explosions projettent des nuages de plasma incandescent et des gerbes de métal en fusion dans tout l'espace environnant.
Ce qui frappe dans les séquences filmées, c'est l'aspect presque esthétique du désastre. Les éclairs de plasma blanc-bleu et les projections de métal en fusion ressemblent davantage à un effet spécial qu'à une expérience de physique. Mais le danger est bien réel : Anthony rappelle lui-même qu'une seule batterie de voiture peut causer des blessures graves.

Les champs magnétiques engendrés par un tel courant atteignent des niveaux hors du commun. Ils sont suffisamment puissants pour faire imploser un tuyau de cuivre creux placé à proximité du circuit. L'interrupteur artisanal, taillé dans deux blocs de cuivre de près de 30 kilos chacun, subit des déformations visibles à chaque fermeture.
Le z-pinch : un phénomène de réacteur nucléaire filmé dans un garage
C'est ici que l'expérience bascule dans la physique fondamentale. Chaque fermeture de l'interrupteur vaporise le cuivre des blocs de contact. Cette vapeur forme un plasma que les champs magnétiques compriment aussitôt en un filament très fin. Ce phénomène porte un nom précis dans la littérature scientifique : le z-pinch.
Le z-pinch est normalement observé dans deux contextes seulement. Le premier est naturel : c'est ce mécanisme qui contraint les éclairs à suivre un tracé fin et sinueux. Le second est scientifique et rarissime : les réacteurs à fusion nucléaire. Sandia National Laboratories y consacre une machine dédiée, la Z Machine, considérée comme l'une des plus puissantes au monde pour la recherche sur ce phénomène. Sur son établi de garage, Anthony reproduit donc un processus étudié dans des installations coûtant des milliards d'euros.

Ce qui différencie ce contenu de la simple curiosité malsaine, c'est la pédagogie qui l'accompagne. Anthony marque régulièrement des pauses pour expliquer les phénomènes à l'œuvre. Il affirme ne « pas être un preneur de risques » et ne rien tenter sans avoir préalablement compris les paramètres de sécurité. Ses déboires passés avec YouTube, vidéos retirées et chaîne jadis menacée de fermeture définitive, montrent que la plateforme n'a pas toujours partagé cette confiance