Mis en cause par plusieurs auteurs pour l’utilisation présumée de livres piratés dans l’entraînement de ses modèles d’intelligence artificielle, NVIDIA a officiellement riposté devant la justice américaine.

NVIDIA passe à la riposte et compte bien se défendre de ses détracteurs. © Poetra.RH / Shutterstock
NVIDIA passe à la riposte et compte bien se défendre de ses détracteurs. © Poetra.RH / Shutterstock

Le géant des semi-conducteurs a déposé une motion demandant le rejet de la plainte amendée, estimant que les nouvelles accusations reposent sur des suppositions qui ne prouvent aucune violation effective du droit d’auteur.

Pour rappel, les plaignants affirment que NVIDIA aurait utilisé des jeux de données contenant des millions d’ouvrages protégés, issus notamment de bibliothèques dites « de l’ombre » comme Anna’s Archive. Des documents internes cités dans la plainte évoquaient un contact avec cette plateforme afin d’obtenir un accès massif à ses collections.

Un contact ne suffit pas à prouver une contrefaçon

À en croire la réponse NVIDIA, oui, il y aurait bien eu contact avec la fameuse bibliothèque fantôme ! En revanche, la firme adopte une ligne de défense claire : le simple fait d’avoir contacté Anna’s Archive ne constitue pas une preuve. Selon l’entreprise, les auteurs ne démontrent à aucun moment que leurs œuvres spécifiques ont été téléchargées, ni qu’elles ont été utilisées pour entraîner des modèles d’IA.

La société souligne que la plainte repose largement sur des affirmations formulées « upon information and belief », une expression juridique désignant des suppositions non étayées par des preuves concrètes. NVIDIA insiste sur l’absence d’éléments techniques ou factuels attestant de l'usage effective des livres concernés dans ses modèles.

Le groupe conteste également l’élargissement du périmètre de la plainte, qui cite désormais des modèles et jeux de données non identifiés, ainsi que plusieurs autres bibliothèques pirates. NVIDIA considère que les plaignants tentent d’élargir artificiellement l’affaire afin d’obtenir un accès étendu à ses travaux internes, sans éléments factuels solides.

Parmi les autres éléments venus compliquer le dossier, la récente déclaration d'un représentant d’Anna’s Archive qui explique ne pas avoir été en contact direct avec NVIDIA, évoquant l’éventuel recours à un intermédiaire. Une déclaration qui, sans être reprise dans la défense officielle du groupe, affaiblit le scénario d’un accès direct et assumé.

À noter toutefois que NVIDIA ne demande pas le rejet de l’accusation initiale liée à l’utilisation du jeu de données Books3 pour entraîner ses modèles NeMo. Cette partie du litige devrait être tranchée ultérieurement, probablement sur le terrain du fair use, comme Meta et d'autres l'ont déjà défendu. L’affaire est donc loin d’être close, mais la riposte de NVIDIA vient nettement rebattre les cartes.

Source : Torrent Freak