Comme prévu, c’est bien au CES 2026 qu’Intel a donné le coup d’envoi de ses nouveaux processeurs mobiles Core Ultra de série 3 « Panther Lake ». Nous avons pu tester par nous-mêmes ces nouveaux SoC… ou du moins leur partie graphique sous architecture Xe3. Voici nos premières impressions.

Les nouvelles puces Core Ultra de séries 3 veulent permettre à Intel de se relancer pour de bon. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Les nouvelles puces Core Ultra de séries 3 veulent permettre à Intel de se relancer pour de bon. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

C’est dans une sorte de grande salle de classe, avec un bureau et un PC pour chaque journaliste et deux grands écrans de démonstration plaqués sur le mur du fond, à la place de tableaux noirs, qu’Intel a permis à quelques chanceux (dont nous faisions partie) de tester en avant première la partie graphique Arc B390 installée à bord des meilleures variantes de ses nouveaux processeurs Core Ultra de série 3 « Panther Lake ».

À l’aide d’un PC portableLenovo IdeaPad Pro 5 de 16 pouces, qu’Intel nous a permis d’utiliser à notre guise (ou presque, nous y reviendrons) pendant environ 1 heure et 30 minutes, nous avons pu nous faire une idée assez précise du meilleur de ce que le géant américain parvient à proposer sur cette nouvelle génération de produits. Et attention, ça décoiffe… malgré quelques interrogations tout de même.

Le Lenovo IdeaPad Pro 5 employé pour nos essais. © Clubic
Le Lenovo IdeaPad Pro 5 employé pour nos essais. © Clubic

Le Core Ultra X9 388H s’est laissé approcher

Avant de vous parler plus précisément de nos conditions de tests et des résultats obtenus, revenons rapidement sur la puce Panther Lake que nous avons pu tester : le Core Ultra X9 388H (couplé ici à 32 Go de LPDDR5X)

Comme nous l’expliquions dans notre dossier dédié, les nouvelles puces d’Intel s’appuient sur une architecture graphique Xe3 flambant neuve. Le Core Ultra X9 388H, modèle le plus haut de gamme annoncé par Intel, mise ainsi sur une partie graphique B390 regroupant elle-même 12 de ces cœurs Xe3 (gravés en 3 nm par TSMC) — le maximum possible dans la nouvelle gamme du géant californien. La dite partie GPU dispose par ailleurs de 12 unités de calcul vouées au traitement du ray tracing. Quant au volet CPU de ce même processeur, il fait de son côté palpiter 16 cœurs (gravés cette fois à l’aide du protocole 18A d’Intel).

L'ensemble des références Panther Lake, à date. © Intel

Un rapide coup d’œil au tableau des différentes configurations Panther Lake, dévoilé par Intel durant le CES, nous place par contre face à l’un de nos premiers petits regrets : seules trois références sur les 14 annoncées au total s’équiperont de cette partie graphique Arc B390 à 12 cœurs Xe3 : les Core Ultra X9 388H, Ultra X7 368H et Ultra X7 358H.

Les performances face au Ryzen 9 HX 370 d'AMD. © Intel
Les performances face à une RTX 4050. © Intel

À l’exception notable du Ultra 5 338H et de son iGPU B370 à 10 cœurs (déjà privé d’une partie de ses bijoux de famille), les autres puces de la grande famille Panther Lake devront se contenter d’une partie graphique Intel Graphics sérieusement castrée, puisqu’elle est limitée à 2 ou 4 cœurs. Un ersatz bien loin de ce que nous avons pu tester à Las Vegas. Tenez-le pour dit.

Intel en scène, fier de son nouvel iGPU. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Quoi qu’il en soit, Intel promet de très belles choses pour son B390 en gaming. À plus forte raison quand le XeSS et son upscaling x2 sont de la partie. Dans ce contexte, en 1080p/Élevé, la firme nous promet des performances comparables à ce que permettrait une petite carte graphique dédiée Nvidia GeForce RTX 4050… mais avec un TGP nettement inférieur (45 W maximum ici contre 65 W pour la puce de Nvidia). De quoi battre aisément certaines solutions concurrentes comme l’AMD Ryzen AI 9 HX 370, balayé avec 73 % de performances en moins dans les mêmes conditions malgré son TGP supérieur (53 W).

En l’état, ces promesses ne nous paraissent pas réalistes du tout au regard de ce que nous avons pu observer par nous-mêmes. Au contraire même, car avec les bons réglages, la meilleure des puces Panther Lake assure clairement le spectacle en gaming.

La puce Panther Lake d'un PC portable MSI Prestige 13 AI, pour illustration. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Beaucoup de muscles en jeu… sur secteur comme sur batterie ?

Nous l’avons brièvement évoqué plus haut : si Intel nous a bien laissé manipuler comme on le voulait un IdeaPad Pro 5 sous Core Ultra X9, tout n’était pas autorisé lors de notre session de test.

Première contrainte : ne pas lancer de benchmarks synthétiques sur l’appareil. 3D Mark et Cinebench R24, qui constituent la pierre angulaire de bien des tests de performances sur Clubic, n’étaient donc pas au programme. Seconde contrainte : se restreindre à la sélection (heureusement abondante) de jeux récents préinstallés par Intel sur le PC (via Steam). Parmi eux, et par chance, deux titres que nous avons l’habitude d’utiliser lors de nos propres tests : Cyberpunk 2077 (que nous employons le plus souvent lors de nos essais de PC portables gaming avec cartes graphiques dédiées) et Shadow of the Tomb Raider (utilisé sur Clubic pour les tests d’iGPU).

Jouer en Full HD+ à BF6 est possible sans problème sur Panther Lake. © Clubic

Voici donc nos résultats :

  • Sur Shadow of the Tomb Raider, en définition Full HD+ (1920 par 1200 pixels), avec les réglages graphiques les plus élevés disponibles (textures ultra, filtrage x16, ombres élevées, occlusion ambiante HBAO+…), nous avons obtenu un framerate moyen de 62 FPS. En définition QHD+ (2560 par 1600 pixels) cette fois, en maintenant les mêmes réglages, nous passions à 42 FPS en moyenne.
  • Sur Cyberpunk 2077, en Full HD+, avec les préréglages graphiques « élevés », le suréchantillonnage XeSS 2.0 activé en niveau « Auto », et le raytracing actif (niveau « Low »), nous montions à 55 FPS moyens. En conservant ces mêmes réglages, mais en nous amusant à afficher la définition 2,8K native de l’écran (2880 par 1800 pixels), nous passions cette fois à 35 FPS. Notez bien que la génération d’images d’Intel n’était pas activée. Nous l’avons fait à la faveur de deux autres tours de piste sur Cyberpunk, toujours avec les mêmes réglages, en Full HD+, puis en définition QHD+… avec la génération d’image x2 (seulement) d’Intel. Résultat des courses : 94 et 74 FPS au compteur respectivement.
En jeu, sur BF6. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Les résultats en Full HD+ sur Cyberpunk 2077. © Clubic
Les résultats en Full HD+ sur SotTR. © Clubic

À première vue, ces performances sont similaires à celles d’une petite carte graphique dédiée d’ancienne génération. La comparaison avec une RTX 3050 dont nous avions entendu parler il y a plusieurs mois est, d’après nous, assez imprécise. Le parallèle établi par Intel avec la RTX 4050 nous semble dans une certaine mesure plus juste — même si l’on restera prudents en l’absence de points de comparaison plus étoffés.

Ce qui est certain, c’est que le Core Ultra X9 388H bât sans problème la puce M4 d’Apple sur le plan graphique, et dépasse même ce que la puce M5 d’un MacBook Pro parvient à faire sur Cyberpunk 2077 et Shadow of the Tomb Raider.

Dans la même veine, l’ancienne génération d’Intel est largement distancée, tandis que les puces AMD Strix Point (Ryzen AI 9 HX 370) sont coiffées au poteau elles-aussi. En matière de SoC, seules les solutions AMD Strix Halo (Ryzen AI Max+ 395) nous paraissent conserver une petite longueur d’avance sur le plan iGPU… mais leur diffusion très réduite sur le marché les handicape depuis de longs mois.

Le nouvel utilitaire Intel s'avère complet dans son monitoring. Il permet aussi de forcer l'activation de la MFG x4. © Clubic

Ces observations mériteront bien sûr d’être validées ou non (encore une fois) à l’occasion d’un test plus poussé dans nos bureaux, mais la première impression fournie par ce premier essai n’en reste pas moins excellente.

D’autant qu’une longue session de jeu sur Battlefield 6 nous a aussi permis de constater que de gros studios comme DICE ont soigné l’optimisation de leurs titres pour Panther Lake. Pendant 30 minutes de gameplay en ligne (mode conquête sur plusieurs maps), la stabilité du jeu sur l’iGPU de notre Core Ultra X9, et sa bonne fluidité nous ont impressionnés. En Full HD+ / Élevé, avec un soupçon de XeSS 2, mais sans génération d’images, nous tenions le cap des 45 à 55 FPS sans baisse de régime. Y compris lors des scènes les plus remuantes.

DICE était présent à la conférence d'Intel pour évoquer l'optimisation de Battlefield 6 pour Panther Lake. © Clubic

La cerise sur ce beau gâteau touche à la question de l’efficacité énergétique. Pas de surchauffe de l’appareil de test durant notre heure et demie d’essais divers. Les ventilateurs étaient actifs, c’est vrai, mais sans jamais se montrer trop bruyants. Le châssis, quant à lui, restait tiède, y compris aux endroits habituellement marqués par la chauffe. Et pour parachever le tout, les performances développées par notre Core Ultra X9 ne semblaient pas varier lorsqu’on débranchait le chargeur.

Reste à savoir si cette maîtrise thermique peut aussi être répliquée sur des appareils plus compacts que l’IdeaPad Pro 16, et combien de temps de telles séquences pourraient être soutenues sur batterie avant l’extinction des feux. Ça, nous n’avons pas pu le savoir.

Le flou des performances CPU

Vous l’avez probablement compris à ce stade, nous avons été très séduits par l’expérience graphique proposée par Intel avec ses nouvelles puces Core Ultra de série 3… mais une zone d’ombre gênante subsiste par contre sur le plan des performances CPU. Car en la matière, le géant américain fait preuve d’une discrétion qui confine à la pudibonderie. Cela nous pousse à la méfiance.

les performances d’Arrow Lake-HX, avec l’efficacité de Lunar Lake, c'est la promesse d'Intel sur le plan CPU. © Clubic

Comme nous l’indiquions plus haut, il nous était par exemple interdit de lancer Cinebench R24 sur le Core Ultra X9 388H, et Intel n’a pas vraiment profité de la seconde séance de démonstration à laquelle nous étions conviés pour communiquer sur des performances précises.

À la place, des cas pratiques de ce que l’on peut faire avec un SoC Panther Lake au quotidien, des indices de performances du NPU pour les activités liées à l’IA calculée localement, ou encore des estimations d’autonomie sur certains modèles. Rien de très précis concernant les performances CPU, donc. Ce qui n’est pas pour nous rassurer.

Calcul local de l'IA, gaming, montage et traitements divers... la polyvalence de Panther Lake, voilà ce qu'Intel met surtout en avant. © Clubic
La retouche vidéo par IA menée grâce au NPU intégré. © Clubic
L'IA sert aussi en enregistrement, pour de la transcription en temps réel par exemple. © Clubic

Ce qu’Intel martèle depuis des mois, c’est qu’il vise les performances d’Arrow Lake-HX, avec l’efficacité de Lunar Lake. De là à y voir un moyen détourné de nous promettre des performances de 2025 en 2026, il n’y a qu’un pas. Cela dit, la prestation d’Arrow Lake-HX était loin de décevoir lors de son lancement en début d’année dernière. Nous nous attendons donc à du très correct… mais sans percée notable d’Intel sur le plan CPU.

Réponse très bientôt, puisque nous allons recevoir une première machine Panther Lake en prêt avant la fin janvier.

À découvrir
Meilleur PC portable : lequel choisir en 2026 ?
19 décembre 2025 à 15h57
Comparatif