Avec une nouvelle feuille de route pour la période 2026-2028, le Campus Cyber opère sa mutation. Le lieu veut devenir « un opérateur-pivot au service de la stratégie nationale cyber de l’Etat ».

C’est une petite révolution qui se joue à quelques pas de La Défense, à Puteaux très exactement, où est installé le Campus Cyber cher à Guillaume Poupard et à Emmanuel Macron. Le conseil d’administration du lieu a validé sa toute première feuille de route pluriannuelle, apprend-on ce mercredi 14 janvier. L’objectif affiché par la présidence est clair. L'idée est de transformer ce lieu totem en un véritable opérateur capable de piloter la stratégie nationale cyber, de basculer d'une logique de vitrine à une dynamique de plateforme servicielle. Un vrai changement de braquet.
Le Campus Cyber devient un opérateur-pivot pour la souveraineté numérique
L'idée maîtresse du Campus Cyber version 2026-2028 est d'en finir avec son rôle de simple gestionnaire immobilier, pour laisser place à l'« opérateur-pivot » qu'il souhaite être, en se mettant au service de la stratégie nationale. La priorité est donnée à la souveraineté, avec une volonté affichée d'opérationnaliser la « préférence européenne » en matière d'achats. Il s'agit de transformer la diversité des acteurs présents en une force de frappe collective, au-delà de la simple cohabitation.
Pour 2026, l'objectif est de tirer parti de la richesse de la communauté cyber (le Campus accueille déjà des unités d'Alstom, de CMA CGM, du CEA, du FDJ et de tant d'autres acteurs professionnels et institutionnels) pour résoudre des problèmes communs avec un véritable écosystème de projets. L'innovation devient le moteur pour créer une émulation réelle entre le public et le privé autour d'une chaîne de valeur commune.
Joffrey Célestin-Urbain, le président du Campus Cyber, veut faire bouger les choses à l'intérieur même du bâtiment. Ne plus se contenter de se croiser dans les couloirs, mais construire ensemble des solutions concrètes au cœur du Campus, voilà l'esprit recherché.
La formation sera centrale pour enfin mettre en adéquation les compétences avec les besoins réels du marché du travail. Côté animation, attendez-vous à une nouvelle programmation, « La Place Cyber », dès cette année. Le Campus va aussi tisser sa toile en renforçant ses liens avec les campus territoriaux (Hauts-de-France, Normandie, Aquitaine, Occitanie et EuroMed à Marseille) et les homologues européens pour peser à l'international.

Une réorganisation interne pensée pour la performance et la satisfaction client
Si 2026 prépare le terrain, 2027 verra le déploiement à 100% de trois plateformes de services inédites, préfigurées dès cette année. On y trouvera une « forge à croissance » pour aider les start-up à passer à l'échelle, ainsi qu'un plateau technique national mutualisé. Ce dernier offrira aux chercheurs et innovateurs des infrastructures de référence, pour faire du lieu un laboratoire vivant pour la tech de confiance.
Le tissu économique local est aussi ciblé. Un dispositif spécifique visera à renforcer la cyberrésilience des PME et des collectivités, en lien direct avec l'application de la directive NIS2, qui tarde à être transposée en France, comme le dénonce le député Philippe Latombe. En parallèle, les programmes bien connus comme Talcyb (un projet pour lutter contre la pénurie de talents) ou Cybiah (qui aide les TPE-PME à renforcer leur sécurité numérique) ne disparaissent pas, mais ils seront refondus. Ils devront s'intégrer à ces nouvelles priorités pour maximiser leur impact opérationnel et servir la stratégie globale de l'établissement.
Pour piloter ce navire, l'organisation interne a fait peau neuve depuis le 1er janvier autour de cinq pôles de création de valeur. Comme l'explique le président Joffrey Célestin-Urbain, en place depuis le printemps dernier, cette feuille de route sera guidée par la « recherche constante de la performance » et la « boussole de la coopération ». Une diversification du revenu privé est aussi prévue pour pérenniser ce modèle d'intérêt général sur le long terme. Le Campus Cyber a plus que jamais besoin de s'affirmer. Gageons qu'il y parvienne définitivement ces trois prochaines années.