Oubliez la course à l’armement ou les exclusivités à coups de millions. Le nouveau propriétaire de GOG attaque Steam là où ça fait mal : la poubelle à ciel ouvert qu'est devenu le catalogue de Valve. Le plan ? Faire moins, mais mieux.

Nous vous en parlions récemment, CD Projekt a coupé le cordon, laissant GOG naviguer en eaux indépendantes. Si certains craignaient le naufrage après cette séparation, le nouveau capitaine, qui n'est autre que le cofondateur historique de CD Projekt, a une vision bien précise. Dans un entretien accordé à Game Industry, Michał Kiciński ne mâche pas ses mots concernant le leader du marché. Son constat est sans appel : la boutique de Valve suffoque sous sa propre graisse, et c'est exactement là que GOG compte frapper.
Une curation aux petits oignons
Michał Kiciński a confirmé que la stratégie de la plateforme ne consisterait pas à singer le géant américain. Là où Steam joue la carte du « tout venant », acceptant des centaines de titres par jour au risque de noyer les pépites sous une montagne de déchets, GOG opte pour une approche radicalement opposée : la curation manuelle stricte. L'objectif est de supprimer le « bruit » pour ne proposer qu'un catalogue trié sur le volet.

- Large choix de jeux anciens et récents
- Contenus sans DRM, facilitant le partage
- Fonctionnalités communautaires étendues
Cette stratégie de « boutique » face à l'hypermarché qu'est Steam s'accompagne d'une promesse tenue depuis les débuts : l'absence totale de DRM. Kiciński précise que GOG ne cherchera pas à concurrencer Valve sur les sorties AAA « Day One » qui nécessitent souvent des verrous numériques lourds, mais plutôt à devenir le refuge des joueurs cherchant la qualité et la pérennité. En somme, si un jeu est sur GOG, c'est qu'il fonctionne et qu'il mérite votre temps, une garantie que le sceau de validation de Valve ne peut plus offrir aujourd'hui.
Pourquoi c'est la seule issue viable
Soyons honnêtes : naviguer sur Steam en 2026 s'apparente souvent à une fouille archéologique dans une décharge. Entre les jeux générés par IA sans âme que Valve a fini par accepter et les scandales de titres cachant des malwares capables de siphonner vos données, la confiance s'effrite. En refusant cette course au volume, GOG transforme sa faiblesse (un catalogue plus petit) en son meilleur atout marketing : la fiabilité.
Pour un développeur indépendant, sortir son jeu sur Steam équivaut souvent à hurler dans le vide. En fermant la porte aux productions médiocres, GOG offre mécaniquement une meilleure visibilité aux titres qui passent le filtre. C'est un retour aux fondamentaux de la distribution : le distributeur n'est plus un simple hébergeur passif, mais un éditorialiste qui engage sa responsabilité sur ce qu'il vend. Reste à voir si cette exigence de qualité suffira à compenser l'absence des blockbusters verrouillés qui drainent encore l'essentiel du grand public.
Source : Game Industry