Gonzague de Vallois : "il y a une vraie demande pour les jeux vidéo de qualité pour téléphones mobil

20 septembre 2018 à 15h39
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JB - Gonzague DE VALLOIS , bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours personnel ?

GdV : Bonjour. Après des études de commerce à l'ESSEC, j'ai rejoins Bouygues Telecom en 1998 à la direction du marketing stratégique pendant deux ans. Après ces deux années, j'ai tenté l'aventure internet par mes propres moyens et après l'échec de cette tentative, je suis rentré chez Ludiwap, en tant que responsable du business France. Aujourd'hui, je suis VP Publishing de Gameloft, qui recouvre l'activité commerciale et marketing pour la société.

JB - Gameloft dispose d'actionnaires communs avec Ubisoft. Pourquoi les Guillemot ont décidé de lancer une nouvelle entreprise ?

GdV : Fin 1999, les fondateurs de Gameloft ont crée deux sociétés : Ludiwap et Gameloft, les deux sociétés ayant pour vocation d'explorer de nouveaux formats pour le jeu comme le web ou les mobiles. Le choix de deux sociétés indépendantes permettait une plus grande agilité pour faire face aux évolutions rapides de ces secteurs.

JB - Initialement présent sur tous les nouveaux supports, Gameloft semble désormais concentrer ses efforts sur le téléphone mobile. La TVI ou les PDA sont des marchés de niche ?

GdV : Exactement. Les actionnaires communs ont décidé de fusionner les deux activités fin 2001 pour se concentrer sur le téléphone mobile sachant que le modèle web n'était pas encore mûr.

JB - Gameloft a fait beaucoup d'efforts ces derniers mois pour consolider son réseau de distribution. Quelles sont désormais vos perspectives commerciales ?

GdV : Nous avons effectivement une vraie stratégie d'implantation mondiale de notre réseau de distribution. c'est l'avantage du logiciel car ce développement commercial ne nécessite pas forcément le déploiement d'une logistique locale. De plus, le jeu vidéo est un produit relativement standardisé et nous vendons pratiquement le même produit à Londres ou à Kuala Lumpur.

Comme tout éditeur, notre stratégie est de vendre un maximum de chaque jeu pour amortir le développement de nos jeux, reconnus pas la profession comme étant de grande qualité. Aujourd'hui, plus de 50 opérateurs et plus d'une centaine de portails web distribuent nos jeux à travers le monde, ce qui représente une cible potentielle de 500 millions de clients. Aujourd'hui, notre volume d'activité oscille entre 500.000 et un million de téléchargements tous les mois !

JB - Vous avez testé de nombreux modes de paiement et des commercialisations directes ou indirectes. Aujourd'hui, quel prix et quel mode de distribution vous semblent les plus adaptés ?

GdV : Nous sommes arrivés à plusieurs conclusions. La première est que le marché existe et qu'il y a une vraie demande pour les Jeux Vidéo de qualité pour téléphones mobiles. Mais c'est un marché très marketing. Nous n'avons pas identifié de canal de vente plus performant qu'un autre. Le succès d'un canal vient surtout de la motivation du vendeur et notre métier consiste surtout désormais à identifier ces partenaires les plus actifs pour distribuer nos jeux.

JB - Quelle est la valeur ajoutée d'une société comme gameloft ? Le savoir faire technologique, le réseau de distribution, les licences commerciales ?

GdV : Nous sommes "développeur, éditeur et distributeur" de nos propres jeux ce qui fait que notre valeur ajoutée repose sur les trois éléments que vous venez de citer. Notre travail est reconnu et nous avons développé une véritable expertise dans ce secteur. Mais il est vrai que ce savoir faire doit être associé à un vaste réseau de distribution car nos jeux ont besoins d'être amortis le plus largement possible afin de couvrir nos investissements. Enfin, nous pouvons effectivement mentionner notre relation avec Ubisoft qui nous permet d'accéder à des licences comme Prince Of Persia ou encore XIII.

JB - Sur le plan technologique, le J2ME sera-t-il le standard escompté ou va-t-on vers une guerre des standards entre les différentes plates-formes logicielles : Windows, Symbian et PalmSource ?

GdV : J2ME est un standard de programmation mais nous devons néanmoins gérer une grande variété de Processeurs, de formats d'écrans sans parler d'éléments propriétaires chez DoCoMo ou Vodafone. Nous étudions également des plates-formes émergentes comme Palm OS, Symbian ou Windows Mobile même si ces derniers sont sur des segments plus réduits. Il est difficile de savoir qui va s'imposer mais je pense néanmoins que le gros du marché sera sur java.

JB - La Nokia N-Gage semble ne pas avoir rencontré son public. Quel regard portez vous sur l'analyse marketing de Nokia ?

GdV : Nokia a une analyse à long terme et va se donner les moyens d'être un acteur important sur ce marché. On peut disserter sur le nombre encore limité de jeux disponibles et leur prix, le retard dans l'ouverture de la plate-forme de jeux en ligne Snap ou encore la présence des cartouches sous la batterie. Mais je pense qu'à long terme la plate-forme Series 60/Symbian, qui équipe la N-Gage et qui a déjà été écoulée à plus de 8 millions d'exemplaires à travers le monde, devra être prise au sérieux par l'industrie du jeu. Laissons les corriger certains choix ergonomiques et respectons la courbe d'apprentissage avant de tirer des conclusions hâtives.

JB - Quel est l'avenir du jeu mobile ? Le jeu local (bluetooth), le jeu en réseau, le monde permanent, la réalité augmentée ?

GdV : Après le mode mono-joueur local, nous observons l'apparition du mode multi joueurs, toujours local, qui devraient être suivi des modes multi joueurs en réseau et enfin de véritables mondes permanents. Mais nous avons une démarche pragmatique et nous voulons avancer étape par étape. Il fallait tout d'abord démontrer qu'il existait un marché de jeux vidéo pour téléphones mobiles, ce qui était loin d'être évident il y a encore quelques années. Aujourd'hui la base de terminaux multimédia progresse très vite et nous nous lançons progressivement sur le jeu en réseau mais même sur des marchés très murs comme la Corée, le mode mono joueur reste majoritaire.

JB - Le gouvernement semble vouloir soutenir le secteur du jeu vidéo. Quel regard portez vous sur cette initiative ?

GdV : Le discours de Raffarin traduit une prise de conscience de l'importance du secteur du jeu vidéo, qui pèse désormais plus lourd que le cinéma au niveau mondial. Il est toujours intéressant que le gouvernement se penche sur une industrie qui compte de nombreux champions tricolores mais qui a effectivement souffert ces dernières années.

JB - Gonzague de Vallois, je vous remercie.

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