Test de Nikopol : du Enki Bilal sur nos PC ?

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Si elle a bientôt trente ans, la trilogie Nikopol reste une œuvre majeure pour bien des amateurs de bandes dessinées et après avoir tenté l'aventure du septième art en 2004, Enki Bilal se tourne aujourd'hui vers le jeu vidéo. L'auteur n'a cependant pas confié l'adaptation du premier volet à n'importe qui et c'est finalement en toute logique que White Birds, le studio de Benoît Sokal, qui s'est chargé du projet. Un projet en forme de jeu d'aventure point & click qui débarque sur PC et pour lequel nous ne savons hélas pas trop sur quel pied danser.

Nikopol fait Choublanc ?

Avant de parler du jeu en lui-même, il est important de préciser clairement les choses, notamment aux amateurs des bandes dessinées d'Enki Bilal. En effet, si Nikopol : La Foire Aux Immortels se focalise sur le premier volet de la fameuse trilogie, il n'en est pour autant pas une véritable adaptation. Les développeurs indiquent d'ailleurs que leur jeu n'est qu'inspiré du scénario d'Enki Bilal. De fait, les habitués de la bande dessinée ne connaîtront pas à l'avance ce qu'il se passe durant toute l'aventure et, de la même manière, ceux qui ne connaissent pas déjà Nikopol n'auront pas l'impression d'arriver comme un cheveu sur la soupe, ne comprenant rien aux événements racontés.

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Les développeurs ont utilisé une mise en scène « BD » pour toutes les cinématiques

Du coup, il n'est même pas question d'incarner le héros de la bande dessinée, Alcide Nikopol, mais son fils, un peintre sans le sou qui met ses talents au service d'un groupuscule religieux qui tente de s'opposer au dictateur Choublanc. En outre, si le Paris de 2023 est, comme dans la bande dessinée, divisé en deux arrondissements et si les lieux visités par le joueur sont directement issus de l'œuvre de Bilal (l'appartement du héros, le cimetière de Gorgon, le métro, la Tour Montparnasse et l'Élysée), divers changements ont été opérés. Le gouvernement fasciste de Jean-Ferdinand Choublanc s'est transformé en dictature religieuse et, en tant que joueurs, nous aurons à sauver la vie de notre père.

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Durant les cinq chapitres que compte l'aventure, Alcide Nikopol Junior doit toutefois faire également attention à sa propre existence tour à tour menacée par divers dangers tels qu'une espèce de bestiole terrifiante ou les soldats de Choublanc. Il s'agit d'ailleurs de la première « entorse » de Nikopol aux canons du jeu d'aventure : il est ici possible de mourir et cela passe généralement par petites séquences en temps limité qu'il faut résoudre au plus vite. Ces séquences ne sont pas très nombreuses, mais permettent de dynamiser certains chapitres du jeu et ce n'est pas un mal. Le reste du temps, Nikopol fonctionne effectivement comme un pur point & click.

Les développeurs ont adopté une représentation en vue subjective et le joueur doit donc parcourir des planches graphiques très réussies pour découvrir les objets ou les issues nécessaires à sa progression. Via la souris, il est possible de faire pivoter l'ensemble sur 360° et ainsi découvrir l'intégralité du lieu dans lequel on se trouve. En faisant glisser le pointeur de la souris un peu partout à l'écran, on découvre les éléments interactifs, les objets et les possibilités de déplacement alors qu'un inventaire s'active le plus simplement du monde avec le bouton droit de la souris. Une interface simplissime donc qui permet à l'ambiance de s'installer et au joueur de se concentrer sur les énigmes.

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Véritable talon d'Achille du jeu, les énigmes sont tantôt trop corsées, tantôt trop simples

Reprochons d'ailleurs à Nikopol un petit souci à ce niveau et les développeurs semblent avoir eu toutes les peines du monde à équilibrer les choses. Ainsi, la réalisation graphique, le dessin des personnages et l'intégralité des décors permettent véritablement de redécouvrir avec un bonheur certain l'œuvre de Bilal. Hélas, l'atmosphère ne parvient jamais à s'installer complètement, car le joueur est sans cesse « gêné » par des énigmes reposant sur de la logique pure et que certains joueurs trouveront sans aucun doute crispante. Le niveau de difficulté est quelque chose de très subjectif, mais de nombreux aventuriers seront à n'en pas douter bloqués sur ces puzzles.

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A contrario, d'autres joueurs trouveront sans doute les défis trop peu relevés et cette fois le problème se situera au niveau de la durée de vie. Il n'est pas question de demander des dizaines d'heures de jeu, mais quand des habitués bouclent toute l'histoire en à peine cinq heures, on se dit que quelque chose cloche. Du coup, difficile d'être emballé par cette première étape de la trilogie Nikopol. C'est d'autant plus regrettable que les créateurs avaient brillamment évité l'écueil des allers / retours trop fréquents dans ce genre de jeux et s'étaient aussi habilement sortis du piège du game over : la mort du héros, quoique parfois fréquente, n'est jamais vraiment pénalisante, on reprend quelques instants avant l'issue fatale.

Conclusion

Correct dans le bon sens du terme, voilà comment nous pourrions résumer cette Foire Aux Immortels. Bien réalisé et doté d'une véritable ambiance, le titre de White Birds souffre toutefois d'un net problème d'équilibre : trop facile et trop court pour les habitués du point & click et les esprits les plus logiques, il risque de faire tourner en bourrique ceux que les puzzles mathématiques énervent au plus haut point. Malgré tout, le principe de petites séquences « action », la réussite de l'adaptation et la progression très réussie du scénario nous laissent assez bonne impression aussi nous attendons avec une certaine impatience le retour de Nikopol pour le second opus de la trilogie d'Enki Bilal.

Nikopol : La Foire Aux Immortels

4

Les plus

  • Rendu graphique intéressant
  • Scénario aussi rythmé qu'efficace
  • Ambiance réussie...

Les moins

  • ... gâchée par des énigmes « tordues »
  • Difficulté très inégale
  • Durée de vie bien courte

0

Réalisation7

Prise en main9

Durée de vie5



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