Avec la BodyScan 2, Withings transforme la pesée en un suivi de santé bien plus approfondi, du poids à la composition corporelle en passant par plusieurs indicateurs cardiaques. Après presque quatre mois d’utilisation, l’intérêt dépasse la collection de graphiques, mais le prix de la balance et son abonnement demandent davantage de réflexion.

La BodyScan 2 offre le suivi le plus poussé sur une balance connectée grand public ©Mathieu Grumiaux
La BodyScan 2 offre le suivi le plus poussé sur une balance connectée grand public ©Mathieu Grumiaux
8  / 10
Les plus
  • Suivi corporel et cardiovasculaire détaillé
  • Application pédagogique et synthèses Withings+ utiles
  • Fabrication impeccable et écran très lisible
  • Bonne endurance constatée et recharge USB-C
Les moins
  • Prix élevé, auquel s’ajoute l’abonnement pour certains indicateurs
  • Positionnement demandant un apprentissage
  • Quelques délais de synchronisation avec l’application
  • Chatbot Withings+ pas encore indispensable

Cela faisait plusieurs années que ma Withings Body+ remplissait son office. Je montais dessus, les données rejoignaient l’application et je pouvais suivre mon poids sans trop me compliquer la vie. Depuis juin dernier, la BodyScan 2 a pris sa place, avec une ambition autrement plus large.

Nous avions présenté les promesses de cette nouvelle génération lors de son annonce au CES 2026. Restait à voir ce que ces indicateurs supplémentaires apporteraient une fois la balance installée dans la salle de bains, après les premières pesées et la découverte des menus.

Dans mon usage, deux éléments ont pris de l’importance : le suivi de la composition corporelle et les indicateurs cardiovasculaires. Encore faut-il apprendre à se servir de l’appareil, puis comprendre ce qu’il raconte. Sur ces deux points, tout ne se joue pas sur le plateau de la balance.

Design et fabrication : le prix se voit aussi sur la balance

La BodyScan 2 fait immédiatement bonne impression. La qualité de fabrication est impeccable, une constante chez le constructeur français, et l’ensemble donne bien le sentiment d’avoir affaire à un appareil premium. À ce tarif, nous n’en attendions pas moins, mais Withings soigne sa copie.

Un design premium, typique de ce que propose Withings ©Mathieu Grumiaux

L’écran intégré à la poignée est très lisible. C’est un élément important sur un produit qui affiche autant d’informations et vous accompagne pendant les différentes mesures. La poignée n’est d’ailleurs pas une invention de cette génération : la première BodyScan en disposait déjà, notamment pour l’analyse segmentale et l’ECG. Ici, l’affichage se rapproche des mains et du regard. Le cordon qui relie la poignée à la balance possède également un système de blocage qui permet de maintenir sa longueur pendant la mesure.

Le verre noir sur le dessus de l’appareil est très élégant, mais prend assez facilement les traces. Rien de dramatique, et le coloris n’aide probablement pas à les faire oublier. Il faudra simplement accepter de passer un chiffon de temps en temps pour conserver le bel aspect de l’ensemble.

Prise en main : se peser demande quelques répétitions

Une fois l’appareil enregistré dans l’application Withings (il faudra créer un compte utilisateur si vous êtes un nouveau venu), il est temps de monter dessus.

La mesure du poids est immédiate. Vous placez vos pieds, le poids apparaît. Pour le bilan complet, il faut davantage participer : saisir la poignée, poser les pouces sur les capteurs et ajuster sa position en suivant l’animation affichée à l’écran. Dans mon cas, cela demande notamment de me pencher légèrement pour obtenir la posture attendue. Il m’a fallu quelques minutes, et deux ratés, pour comprendre que j’étais mal positionné. Un petit mot d’explication sur l’écran n’aurait pas été de refus.

Bien évidemment, la première mesure est celle du poids avec suivi des courbes au fil des pesées ©Mathieu Grumiaux

Les premières utilisations réclament donc un peu d’attention. On ne monte pas simplement sur la balance en attendant que tout se passe. Après plusieurs jours, cette difficulté a disparu. Je maîtrise désormais les gestes et la pesée ne me pose plus de problème de positionnement. L’apprentissage existe, mais il n’est pas nécessaire de le recommencer chaque semaine.

Pas besoin de saisir la poignée à chaque pesée, une fois par semaine suffit ©Mathieu Grumiaux

J’ai également rencontré quelques difficultés de connexion Wi-Fi à la mise en route, même si la procédure de configuration est très bien documentée et illustrée dans l’application mobile Withings. Elles ne se sont pas prolongées : depuis ces premiers réglages, la connexion ne me pose plus de problème. Il subsiste toutefois, de temps à autre, un délai entre la pesée et l’apparition des données dans l’application.

Le cycle complet prend aussi son temps. Dans mon usage, il faut compter près de deux à trois minutes pour réaliser toutes les mesures. Withings distingue un bilan approfondi hebdomadaire, baptisé Longevity Scan, et un Daily Scan personnalisable, annoncé autour de 30 secondes. Ce dernier permet de conserver un suivi plus rapide entre deux bilans complets.

Toutes les infos sont consignées dans l'app Withings ©Mathieu Grumiaux

De mon côté, je ne fais pas systématiquement le tour du propriétaire : certains jours, je monte simplement sur la balance sans saisir la poignée, pour relever mon poids. Dans mon usage, je ne ressens pas le besoin de refaire le bilan complet chaque jour; je consulte surtout les tendances sur plusieurs semaines.

Composition corporelle : des chiffres qui ont changé mon assiette

Venons-en au coeur de l’expérience apportée par cette nouvelle balance connectée, à savoir les mesures obtenues à chaque pesée. Par rapport à ma vénérable Body+, le progrès que je retiens tient d’abord au détail supplémentaire du suivi. Il serait tentant de parler d’une balance « plus précise », mais je n’ai pas réalisé de comparaison avec un examen de référence permettant de l’établir. En revanche, les informations disponibles m’aident davantage à suivre mon évolution.

Le poids reste un repère, auquel j’ajoute les masses grasse et maigre. Une hausse sensible de mon IMC et de ma masse grasse m’a notamment conduit à revoir mon alimentation : j’ai réduit les graisses et remis davantage de légumes au menu. La balance n’a pas fait les courses, mais elle m’a donné une raison supplémentaire de revoir le contenu de mon assiette.

©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux

C’est là que le produit trouve son intérêt à mes yeux. Je consulte ces données pour suivre une tendance et adapter mes habitudes, au-delà du seul nombre de kilos affiché. Il faut néanmoins garder du recul sur les résultats. J’ai observé, à certaines occasions, des variations importantes de composition corporelle alors que mon alimentation n’avait pas changé. Je me pèse pourtant à jeun, le matin.

Les recommandations médicales de l’ESPEN sur la bio-impédance rappellent que les résultats dépendent notamment des conditions d’hydratation, de la posture, de l’exercice récent et des prises alimentaires. Ces facteurs peuvent influencer les estimations sans traduire une variation équivalente de graisse ou de muscle. Ça ne suffit pas à expliquer chacune des fluctuations rencontrées entre deux pesées rapprochées. Il faut surtout regarder l’évolution dans la durée plutôt qu’en tirer une conclusion à partir d’une seule mesure.

Suivi cardiovasculaire : deux âges à ne pas confondre

Le suivi cardiovasculaire constitue l’autre apport majeur face à mon ancienne balance. La BodyScan 2 propose notamment un électrocardiogramme à six dérivations, un âge vasculaire et un âge du cœur. Le premier de ces deux âges renseigne sur la rigidité des artères ; le second compare certains paramètres du fonctionnement du cœur à ceux attendus à notre âge.

Deux électrodes permettent le suivi cardiovasculaire lors de l'analyse ©Mathieu Grumiaux

Pour obtenir ces informations, la balance combine plusieurs mesures. L’électrocardiogramme enregistre l’activité électrique du cœur et permet notamment de rechercher des signes de fibrillation auriculaire. Une analyse complémentaire par de faibles courants évalue des paramètres liés à son fonctionnement mécanique, utilisés pour calculer l’âge du cœur. Il s’agit d’un indicateur de suivi, pas de l’âge biologique littéral de l’organe.

Dans mon cas, l’âge du cœur reste stable. L’indicateur est bien expliqué et je comprends ce que l’application cherche à me présenter. L’âge vasculaire a, lui, augmenté au cours du suivi. C’est cette évolution qui m’incite à reprendre de meilleures habitudes.

Withings propose aussi des notifications en cas de signes évocateurs d’hypertension. La balance ne mesure toutefois pas la tension artérielle et ne remplace pas un tensiomètre. La marque demande au moins deux utilisations par semaine pour recueillir suffisamment de données : avec mon rythme d’environ une pesée hebdomadaire, je ne peux pas évaluer cette fonction.

Je retiens ici l’intérêt d’un repère suivi sur plusieurs semaines. Il ne s’agit pas de transformer les résultats en diagnostic personnel, mais de disposer d’informations supplémentaires sur lesquelles s’interroger.

Plusieurs mesures sont effectuées durant le scan ©Mathieu Grumiaux

La réponse nerveuse des pieds fait également partie des données que je consulte régulièrement. Cet indicateur repose sur la conductance électrique de la peau, liée à l’activité des glandes sudoripares, elles-mêmes commandées par de petites fibres nerveuses. Sa présentation sur l’écran de la balance reste toutefois un peu obscure. Il faut ouvrir l’application et lire les explications pour vraiment comprendre ce que représente le résultat. L’affichage présente le chiffre, mais l’application mobile constitue le cœur du réacteur pour décortiquer les données.

Enfin, un capteur lumineux intégré à la poignée estime la saturation du sang en oxygène, ou SpO₂. Cette mesure n’est apparue qu’après plusieurs semaines d’utilisation sur mon exemplaire. Le produit a donc évolué pendant mon essai, un point à garder en tête lorsque l’on compare les premières impressions avec l’expérience proposée aujourd’hui.

Chacun son profil, avec une identification automatique de l'utilisateur et la protection des données santé de chacun ©Mathieu Grumiaux

Application et Withings+ : les synthèses convainquent davantage que le chatbot

L’application Withings accompagne bien cette accumulation de données. Les tutoriels et les guides prennent le temps d’expliquer les indicateurs, ce qui est appréciable lorsque l’on quitte les notions familières de poids ou d’IMC.

Avec Withings+ activé durant ce test, je retiens surtout la mise en relation des différentes informations. Le résumé du matin donne une lecture cohérente et compréhensible de la situation, plus facile à consulter qu’une succession de courbes indépendantes, avec par exemple un score d’énergie pour connaître son état de récupération.

©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux

L’indication obtenue me paraît également en phase avec la qualité de sommeil relevée par les montres et bracelets connectés que j’utilise au quotidien. Cette concordance ne suffit pas à valider l’analyse, mais elle contribue à rendre le suivi pertinent à mes yeux.

Je suis moins convaincu par le chatbot. Lors de mes premiers essais, ses réponses m’ont paru assez générales, sans apport suffisamment évident pour que j’aie envie d’en faire un interlocuteur régulier. Je ne savais jamais vraiment quelle question précise lui poser et ses réponses sont souvent mesurées. Mais il y a de mieux !

Désormais, Withings+ propose quelques suggestions en bas de l’écran, personnalisées par les objectifs santé renseignés au démarrage (objectif de poids, habitudes alimentaires, mode de vie…) qui permettent d’engager la conversation sur un point général, puis de préciser avec plusieurs questions. Withings ne veut visiblement pas faire de son IA un médecin de poche, et c’est tout à son honneur, mais pour le moment, ce sont les synthèses qui me rendent service.

©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux
©Mathieu Grumiaux

La question du prix se pose néanmoins. Withings affiche la BodyScan 2 à 499,95 €, auxquels peut s’ajouter Withings+ à 9,95 € par mois ou 99,50 € par an. Le service est bien pensé et j’apprécie son interprétation des données, mais un abonnement supplémentaire reste une dépense à considérer, particulièrement après l’achat d’une balance à près de 500 €. Une dernière précision : Withings+ ne se limite pas aux conseils et aux résumés : certains indicateurs, dont l’âge du cœur que je consulte régulièrement, sont également réservés aux abonnés. La question est donc aussi de savoir quelles informations l’on souhaite conserver après la période d’essai.

Autonomie : le câble USB-C peut encore attendre

Withings annonce entre douze et quinze mois d’autonomie. Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour confirmer cette durée, mais je peux donner un relevé concret : entre le 30 juin et le 19 octobre, la batterie est passée de 80 à 58 %, sans recharge intermédiaire. Une baisse de 22 points en un peu moins de quatre mois, dans les conditions de notre essai.

Une autonomie de plus d'un an, et une charge USB-C : parfait ©Mathieu Grumiaux

Ce résultat correspond à deux personnes utilisant la balance environ une fois par semaine chacune. Il ne faut donc pas le transposer à un foyer qui multiplierait les bilans complets tous les matins.

La batterie se recharge en USB-C, un bon point à mes yeux après les piles de ma Body+. Pour l’instant, je n’ai toujours pas eu besoin de ressortir le câble.

Withings BodyScan 2 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Après presque quatre mois d’utilisation, la BodyScan 2 m’apporte davantage qu’un relevé de poids bien présenté. Le suivi de la composition corporelle m’a poussé à revoir quelques habitudes alimentaires, tandis que les indicateurs cardiovasculaires donnent une autre dimension à la pesée. La fabrication est impeccable, l’écran très lisible et, une fois les bons gestes acquis, les difficultés des premières utilisations se font oublier.

Tout n’est pas aussi immédiat à comprendre. Certaines données réclament un détour par les explications de l’application, les estimations de composition corporelle peuvent fluctuer sensiblement d'une journée à l'autre et le bilan complet demande quelques minutes de disponibilité. Withings+ apporte des synthèses utiles pour y voir plus clair, mais son chatbot me convainc moins. Surtout, réserver certains indicateurs, dont l’âge du cœur, à un abonnement laisse un goût un peu amer après l’achat d’une balance à près de 500 euros.

La BodyScan 2 s’adresse donc à ceux qui veulent suivre régulièrement leur composition corporelle et leurs indicateurs de santé, et prendront le temps de les consulter. Pour cet usage, je comprends l’investissement. Pour surveiller principalement son poids, le ticket d’entrée me paraît difficile à justifier.

Les plus
  • Suivi corporel et cardiovasculaire détaillé
  • Application pédagogique et synthèses Withings+ utiles
  • Fabrication impeccable et écran très lisible
  • Bonne endurance constatée et recharge USB-C
Les moins
  • Prix élevé, auquel s’ajoute l’abonnement pour certains indicateurs
  • Positionnement demandant un apprentissage
  • Quelques délais de synchronisation avec l’application
  • Chatbot Withings+ pas encore indispensable

Fiche technique Withings BodyScan 2

Résumé
AlimentationBatterie
Poids maximum supporté200kg
FonctionsPoids, IMC, % masse graisseuse, % masse hydrique, % masse musculaire, % masse osseuse
Caractéristiques générales
Mode transfert donnéesBluetooth, WiFi
AlimentationBatterie
Type d'écranLCD
Nombre de profils8
Poids maximum supporté200kg
Longueur32.5cm
Hauteur1.85cm
Profondeur35.7cm
Pesage
Plage de mesureDe 5 à 200 kg ; graduation de 50 g
FonctionsPoids, IMC, % masse graisseuse, % masse hydrique, % masse musculaire, % masse osseuse
Transmission des donnéesGoogle Fit, Apple Santé
Smartphone et tablette
Appareils compatiblesiPhone, iPad, Smartphone Android, Tablette Android
Application dédiéeWithings
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