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Philippe Tavernier : "Numergy veut bâtir un cloud européen"

27 février 2014 à 12h24
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Présenté d'abord comme un « cloud souverain », Numergy s'emploie à construire un cloud européen, et vise à édifier un cadre réglementaire afin de se protéger de la concurrence américaine. Son PDG, Philippe Tavernier, revient pour Clubic Pro sur cette première année écoulée et sur sa stratégie.

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Philippe Tavernier, PDG Numergy

Comment se porte Numergy ?

Avant de dresser un bilan, je rappelle que la société est apparue en septembre 2012 et que nous sommes toujours en phase de construction. Nous avons réalisé nos premiers éléments de chiffre d'affaires en février 2013 et nous avons terminé l'année sur 2 millions d'euros de facturations, nous avons 90 partenaires et entre 600 et 700 environnements clients, ce qui correspond à presque autant de clients. Nous avons aussi embauché une centaine de collaborateurs en CDI.

Ce bilan est conforme à vos attentes ?

Il les dépasse sur certains aspects : le nombre de partenaires, notre développement européen en Belgique, au Portugal et bientôt aux Pays-Bas ou le fait que nous soyons opérationnels et que nous n'ayons pas eu trop de difficultés sur la sécurité. D'un autre côté, c'est frustrant de voir que le client a besoin de temps pour comprendre, vérifier, etc. Je pensais que les éléments industriels seraient plus immédiats à vrai dire.

Il y a de l'évangélisation à faire. Pourtant le marché est mature, mais il est français ! Là où les anglo-saxons se focalisent sur les enjeux business et abordent le rationnel ensuite, les latins mettent le rationnel en premier, c'est sans doute une question culturelle.

Quelle est votre place sur le marché ?

Ce que je peux dire c'est que le marché croît de 20 à 40% et que nous voulons faire plus. Nous avons 15 000 machines virtuelles commercialisables, nous sommes opérationnels, nous ne faisons pas d'hébergement ou d'enregistrement de noms de domaines. Nous avons une vocation nationale et européenne et nous garantissons que les données de nos clients sont en France ce qui est important pour certains d'entre eux.

Le « cloud souverain » est-il encore un sujet ?

Cela dépend des clients. Certains ont une présence globale et vont donc vers des partenaires globaux. D'autres en revanche sont nationaux (en France) ou régionaux (en Europe) et de par leur secteur d'activité, comme la santé par exemple, la localisation de leurs données est vitale. Lors de l'inauguration des nouveaux locaux de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, Jean-Marc Ayrault a ainsi rappelé que le pays devait pouvoir s'appuyer sur une offre industrielle pour traiter ses informations sensibles.

Pour d'autres clients, il est important que leurs données soient hébergées en France non pas par patriotisme ou méfiance vis-à-vis des offres étrangères, mais simplement parce qu'en cas de litige les éléments de discussions se négocieront dans notre langue, et seront encadrés par le droit français, c'est donc capital.

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Que commercialisez-vous aujourd'hui ?

Notre positionnement est d'être un acteur exclusif de l'Infrastructure-as-a-Service (IaaS). Nous proposons notre offre aux TPE, PME, start-up, aux geeks mais aussi aux grands comptes. Il s'agit de calcul, de réseau et de stockage. L'approche est de se placer en fournisseur d'énergie (cloud) au même titre qu'EDF ou GDF. Nous n'avons pas vocation à monter dans les couches applicatives, il y a nos partenaires pour ces sujets.

Comment vendez-vous votre cloud ?

Nous nous appuyons exclusivement sur nos 90 partenaires intégrateurs et revendeurs qui s'occupent des usages métiers, que ce soit de la migration, de l'infogérance, de l'accompagnement au changement ou bien de l'environnement de test ou de la construction d'applications. Chacun amène sa valeur en se reposant sur l'infrastructure de Numergy. Il s'agit de sociétés comme BlueMind, Altran, Sogeti, ou encore Oodrive.

Il n'y a pas de dissociation entre ce que fait Numergy et ses partenaires. Par exemple l'un d'entre eux distribue, vend et met en œuvre des outils Microsoft Dynamics chez les PME. Pour elles ce qui est important ça n'est pas la partie technique et de savoir qu'elles ont des VM, mais quel usage elles feront de ces outils.

Pourquoi avoir choisi OpenStack ?

Pour nous la technologie pour la technologie n'est pas un sujet. Dans la culture française, amener un client dans un nouveau modèle économique avec une nouvelle technologie est risqué. C'est pour cela que notre première plateforme est basique mais robuste car autour des architectures HP, VMware, Cisco. OpenStack fait l'unanimité car on trouve beaucoup de modules et de fonctions à des prix moins conséquents.

Que proposez-vous sur la réversibilité ?

Le cas ne s'est pas présenté encore. Cela se fait en prévenant le partenaire, on se met d'accord sur date à partir de laquelle nous opérons le flux inverse puis on restitue l'ensemble des éléments. Le délai peut être rapide ou un peu plus long selon volume de données. Une fois que c'est fait, on demande au client de vérifier l'intégrité et l'exhaustivité de ses données. Après 48 heures, nous détruisons toutes les traces.

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Quelle est votre place face aux américains ?

Le monde est ainsi fait : il y a des acteurs globaux qui ont des moyens - je ne sais pas combien de temps cela tiendra d'ailleurs. Mais à côté de ces géants, il y a de la place pour des acteurs locaux et régionaux comme Numergy. Nous nous développons d'ailleurs en Europe au sein de la Cloud Team Alliance. Nous sommes allés voir la Commission européenne et d'autres acteurs du cloud afin de faire valoir notre position.

Au début le fait que nous soyons qualifiés de « cloud souverain », ça ne les réjouissait pas car il n'y a pas de structure pour le cloud au niveau européen. Maintenant les choses avancent, lentement mais sûrement. Notre objectif est de créer un ensemble de normes, de certifications et de garanties (juridique, protection des données, SLA...) que devront respecter les acteurs du cloud pour vendre leurs services en Europe.

Quelles sont vos ambitions pour 2014 ?

Nous allons continuer à construire l'entreprise et nos offres, mais aussi à faire vivre et développer ce partenariat européen, en particulier avec l'Allemagne, et trouver des acteurs proches de notre ADN, pour travailler sur l'interopérabilité, les SLA, etc. et nous affirmer comme le réseau européen cloud.


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