Lumix DMC-L1 : Panasonic a-t-il eu le bon reflex ?

05 septembre 2006 à 13h33
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Quand Panasonic se met au reflex

L'année 2006 est une année riche pour ce qui est des nouveautés reflex. Les ténors du secteur ont annoncé plusieurs modèles venant renouveler et élargir leurs gammes : Nikon D80, Canon 30D et 400D, Pentax K110D et K100D, etc. D'autres acteurs, forts d'un partenariat, ont par ailleurs pu ces derniers mois faire leurs premiers pas dans ce domaine : c'est le cas de Samsung et de Panasonic. Une collaboration avec Olympus et Leica a permis à ce dernier de produire son premier reflex numérique, le Lumix DMC-L1. Sur le papier, ce reflex parait des plus atypiques. Qu'en est-il au moment de la prise en main ?

Panasonic aura savamment entretenu le suspens autour de ses débuts dans le petit monde du reflex. C'est seulement en février dernier, longtemps après les premières rumeurs autour de son partenariat avec Olympus, que Panasonic a dévoilé son premier reflex numérique, le Lumix DMC-L1. Dévoilement en deux temps, avec d'abord les grandes lignes (voir cette brève) puis les spécifications, prix et disponibilité (voir cette brève). Alors qu'il s'apprête à débuter son lancement commercial, l'occasion était belle de voir de plus près ce reflex « pas comme les autres » aux particularités si nombreuses : design inspiré de l'argentique, système de visée par l'écran arrière, capteur au format 4:3, dispositif anti-poussière... Nous revenons donc sur ces caractéristiques en vous offrant également quelques photos et explications destinées à faciliter la compréhension de cet appareil pas comme les autres. En effet, le L1 risque de dérouter, ceux qui viennent de l'argentique d'une part, par ses spécificités numériques comme la visée par l'écran arrière, et ceux qui viennent du numérique d'autre part par son ergonomie « Leicaiste ». Mais on peut aussi présenter les choses sous un autre angle, et dire que ces particularités pourront d'une part aider les adeptes de l'argentique à franchir le saut de numérique, et d'une autre d'amener en douceur les utilisateurs de compacts, adeptes de la visée par l'écran arrière, à franchir le pas du reflex. Le L1 est-il un appareil de transition ? Au final, qui saura se reconnaître en lui, et quelles barrières permettra-t-il à ses utilisateurs de franchir ?

 Panasonic Lumix DMC-L1
 
CapteurLive MOS, 17,3 x 13 mm de 7,5 MP, ratio 4:3
Objectif du kitZoom Leica 14-50 mm f/2,8-f/3,5 stabilisé
Ecran LCD / viseur2,5'' de 207 000 pixels / optique 95% - 0,93 x
AlimentationBatterie Lithium Ion
CartesSD / SDHC
VitesseDe 30 à 1/4 000 sec, Bulb
Sensibilité100 à 1 600 Iso
Dimensions 146 x 86 x 64 mm / 530 g sans batt.
Prix conseillé2 000 euros en kit

Prise en main

Sobre, rectiligne... Le design du L1 n'a pas grand-chose à voir avec celui des reflex classiques. Et pour cause, car c'est avant tout des télémétriques Leica qu'il s'inspire, et dont il reprend les grandes lignes. Il séduira les inconditionnels de la marque allemande, et semblera aux autres peut-être trop rétro et passéiste.

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Le L1 semble plus proche d'un gros compact que d'un reflex, et cela principalement parce que sa poignée manque de profondeur. Au niveau de la prise en main, cette petite poignée est d'autant plus gênante sur un appareil lourd comme un reflex. Ce n'est pas son seul défaut ergonomique. Le pad est mal placé, situé beaucoup trop bas : il faut presque faire le grand écart avec le pouce pour l'atteindre, et son utilisation déséquilibre un peu la prise en main.

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L'appareil dispose d'une molette, située à droite du boîtier, qui apparaît comme extrêmement polyvalente. C'est elle notamment qui permet d'atteindre les vitesses extrêmes (supérieure à 2 secondes / au-delà de 1/1 000 seconde), de sélectionner une ouverture lorsque l'objectif utilisé est dépourvu de bague de diaphragme, et surtout de naviguer dans les menus. Cette dernière utilisation est toutefois loin d'être une évidence. Il faut contrer les habitudes qui nous pousseront, au moins dans les premiers temps, à vouloir plutôt naviguer (à tort) au moyen des quatre touches du pad.

Les commandes externes sont dans l'ensemble typiques de celles d'un reflex. La seule qui dénote vraiment est celle de « Live View » qui commande la visée par l'écran et dont l'équivalent se trouve couramment sur les bridges. Une pression sur cette touche commute la visée du viseur vers l'écran ; lorsque l'écran est actif, le viseur est inactif, et inversement. L'autre surprise- en particulier les utilisateurs venant du numérique -, provient du barillet de vitesse situé sur le capot. Il prend la place de l'habituelle molette de sélection des modes, et oblige à un complet changement d'habitude pour ce qui est du contrôle des paramètres de vitesse et d'ouverture. On y reviendra dans la partie consacrée aux modes. Ce barillet comporte deux molettes permettant de sélectionner un type de mesure de lumière et une cadence d'acquisition d'image. Le déclencheur - enfin -, prend place en son centre.

Les autres touches sont classiquement réparties à l'arrière, de part et d'autre de l'écran. On retiendra en premier lieu le nombre important de commandes externes. Cette caractéristique distingue le L1 des reflex entrée de gamme, qui parient au contraire sur un minimum de touches de façon à rassurer l'utilisateur débutant. Ici, les nombreuses commandes externes permettent un accès direct et rapide aux principaux réglages, ce qui est confortable et considéré comme précieux par les utilisateurs avertis.

Quelles autres remarques liées à une première prise en main faire sur ce boîtier ? Beaucoup chercheront une molette à l'avant et / ou un déclencheur, en vain. Enfin, l'appareil est assez lourd, pas tant le boîtier (en alliage de magnésium) en lui-même en fait, que le couple qu'il forme avec cette optique plutôt large et imposante.

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Beaucoup chercheront une molette à l'avant et / ou un déclencheur, en vain.

Du côté des fonctions et réglages

Le L1 comporte beaucoup de commandes externes ; il sera donc assez rare d'avoir à s'aventurer dans les menus pour modifier un réglage. Les touches « Func 1 » et « Func 2 » peuvent être personnalisées de façon à offrir à portée de main l'un des réglages suivants : exposition, mode film, format d'image, enregistrement brut, mode OIS, débit rafale, synchro flash, réglage perso. Par défaut, elles donnent accès aux réglages de taille et qualité de l'image pour la première, et de correction d'exposition pour la seconde. Les déplacements se font au moyen de la molette, et non avec les touches du pad comme on est spontanément conduit à le faire.

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C'est la molette arrière et non le pad qui permet de naviguer dans les menus


Le temps d'hésiter sur la commande à utiliser, et voilà les menus qui disparaissent de l'écran ! En effet, le temps d'affichage est un peu limité. Globalement, les menus sont plutôt concis pour un appareil de cette catégorie.

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On remarque une attention bien pensée, celle de signaler les touches actives en marge de l'écran


Sitôt après le déclenchement, l'image est brièvement affichée en étant agrandie. C'est intéressant et confortable pour se faire sans délai une première idée de sa qualité.

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Sitôt enregistrée, l'image s'affiche brièvement à l'écran sous la forme d'un détail agrandi


Le flash

Le L1 dispose d'un flash des plus originaux. Celui-ci s'extrait en deux temps, pour d'abord éclairer le plafond, ensuite le sujet. Une pression prolongée permet de l'extraire entièrement d'un seul coup.

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Les deux positions du flash


La première position est d'autant mieux pensée que le flash sert le plus souvent pour photographier des personnes. En lançant l'éclair de façon indirecte sur le sujet, et en profitant de sa réflexion sur un plafond, on évite les problèmes courants que sont les yeux rouges et les visages de type « fromage blanc ».

Le testeur de profondeur de champ

Le testeur de profondeur de champ se situe à un emplacement inhabituel - le long de l'écran au milieu des autres commandes -, au lieu d'être à la base de l'objectif. Une pression sur cette touche vient foncer l'image à l'écran ou au viseur de façon à permettre d'apprécier, avant la prise de vue, la profondeur de champ de l'image qui sera enregistrée. Cette fonction est disponible dans les deux modes de prise de vue.

La Balance des blancs

En plus des cinq pré-réglages qu'il propose, l'appareil permet de garder en mémoire deux réglages manuels (par exemple l'un pour l'intérieur, l'autre pour l'extérieur), ce qui est pratique lorsque l'on alterne entre deux lieux aux ambiances lumineuses très différentes. Un troisième réglage, en degrés Kelvin cette fois, permet de choisir sa température de couleur de façon très fine et intuitive, grâce à la prévisualisation sur l'écran arrière. Ce n'est pas tout : le L1 dispose en plus d'une fonction pour affiner le réglage de la balance des blancs en jouant sur deux axes, orange-bleu et vert-magenta, entre lesquels on déplace un curseur.

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Affinez la température de couleur en degrés Kelvin ou en déplaçant un curseur dans l'espace colorimétrique.


Mesure de lumière et mise au point

Le L1 surprend en offrant seulement trois collimateurs là où ses concurrents en proposent neuf ou plus. Cette particularité obligera bien souvent à débrayer l'autofocus pour mettre au point sur un sujet décentré. Les commandes externes ne permettent pas de choisir le collimateur actif. Pour y parvenir, il faut passer par les menus et sélectionner l'option « AF Frame ». « Center » permet une mise au point au moyen du collimateur central, « Select » de choisir librement le collimateur actif au moyen des touches droite / gauche du pad, et « Auto » de laisser à l'appareil le choix du collimateur à activer.

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Les trois collimateurs ne permettent pas de faire la mise au point sur un sujet décentré


Il est possible d'activer une fonction indiquant la présence de hautes lumières. Sitôt après l'enregistrement, elles seront rendues visibles par un clignotement noir. À noter que ce clignotement disparaît en lecture, mais que l'on peut à nouveau en bénéficier lors du traitement des images au moyen du logiciel SILKYPIX.

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Sélectionnez cette option pour que l'appareil signale les hautes lumières


Système anti-poussières

L'un des principaux problèmes posés par les reflex numériques à objectif interchangeable est le risque que, pendant le changement d'objectif, des poussières pénètrent dans l'appareil photo et viennent se déposer sur le capteur, produisant ainsi des taches sur les photos. Panasonic a résolu ce problème en dotant le DMC-L1 d'un système « SuperSonic Wave Filter » qui emploie des vibrations ultrasonores pour détacher les poussières collées sur le capteur. Panasonic emprunte ce dispositif à son partenaire Olympus, qui jusqu'il y a peu était seul à pouvoir se targuer de le possèder. Depuis, Canon a équipé son Eos 400D d'un dispositif similaire, et d'autres suivront sans doute (voir cette brève).

En mode lecture

Le L1 est plutôt chiche au niveau des informations reprises en mode lecture. On a les principales - à savoir : ouverture, focale, sensibilité, histogramme, taille, format et compression de l'image -, mais c'est à peu près tout.

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Sélectionnez cette option pour que l'appareil signale les hautes lumières


Il comporte les fonctions classiques que sont le redimensionnement, le recadrage, la rotation, le changement de ratio et la présentation sous forme de diaporama.

Du côté de la visée

On l'a évoqué en introduction : l'une des caractéristiques qui rend le L1 si atypique est la possibilité de viser au moyen de l'écran arrière. Caractéristique qu'il emprunte, en l'adaptant, au E330 d'Olympus.

Le Live View

L'utilisation du mode Live View suppose une demie pression prolongée sur le déclencheur pour obtenir la mise au point. Lorsque la netteté est obtenue, le L1 désigne au moyen d'un petit rond vert le collimateur actif. Mais quel délai pour obtenir une mise au point ! Et surtout, quel « vacarme » ! En effet, le travail dans ce mode est particulièrement bruyant, avec des cliquetis lorsque l'appareil tâtonne pour la mise au point, suivis d'un double bruit de relever de rideau lors du déclenchement !

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La mise au point en Live View est particulièrement bruyante : écoutez ce MP3


Live View restitue 100% du champ de vision (c'est-à-dire la totalité de l'image vue par le capteur) sur l'écran LCD de 2,5 pouces, au lieu de 95% pour le viseur. L'utilisateur peut ainsi composer sa photo avec facilité et précision, en sachant qui l'image qui s'affiche sera identique à l'image enregistrée. L'écran affiche également un indicateur des plus précieux, l'histogramme en temps réel. Cet outil permet à l'utilisateur de voir, avant même le déclenchement, la part des ombres et des lumières, et juger de leur répartition. Ce n'est pas tout : la Live View offre également la possibilité d'apprécier la profondeur de champ, le rendu de la Balance des blancs... et tout cela encore une fois avant la prise de vue.

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Le Live View permet de prévisualiser de nombreux paramètres (balance des blancs, profondeur de champ, répartition des lumières...)


Le vrai point fort de ce système réside sans aucun doute dans les options de mise au point manuelle. Lorsque l'on dispose uniquement d'un viseur, qui plus est de petite taille et peu lumineux, il est difficile de faire une mise au point manuelle précise. Avec l'écran arrière, en revanche, tout change, notamment sur les appareils qui permettent d'agrandir une zone de l'image. La mise au point manuelle est l'un des points forts incontestables des compacts et bridges, et ce n'est pas pour rien que quelques reflex tentent de s'aventurer sur ce territoire gardé. On pensera surtout à débrayer la mise au point dans les cas où l'on doit faire la netteté sur un sujet décentré, ce qui est impossible à obtenir de façon bête et méchante avec l'autofocus. Ici, au moyen des touches gauche / droite puis Set du pad, on sélectionne et on agrandit ensuite la zone sur laquelle on souhaite mettre au point.

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Sélectionnez une zone de l'image, agrandissez-la et finalisez la mise au point à l'aide de la bague du zoom


En s'appropriant le système de visée de son partenaire Olympus, Panasonic a toutefois omis de faire sien l'écran orientable du E330. Quel dommage ! La visée par l'écran arrière n'est jamais aussi précieuse que lorsque l'écran peut être éloigné de l'appareil, de façon à pouvoir photographier sans effort dans des conditions « hors norme » : au-dessus d'une foule, au ras du sol. Sur le L1, le Live view n'est donc pas exploité à son maximum, ce qui prive les utilisateurs de possibilités originales. Toutefois, il compense quelque peu ce manque en proposant un mode « High Angle » que l'on active en enfonçant la touche « Display » pendant une seconde : cette fonction modifie la luminosité de l'écran de façon à le rendre plus lisible lorsque l'appareil est ainsi tenu au-dessus de nos têtes. En-dehors des cas où l'on fera une mise au point manuelle, ce mode Live View sera surtout utile dans les cas d'utilisation d'un trépied, en permettant à l'utilisateur de composer l'image sans avoir à se pencher pour regarder dans le viseur.

On peut enfin, concernant ce système de visée, mentionner la possibilité de quitter le ratio 4:3 au profit du 3:2 ou du 16:9. Puisqu'il s'agit d'un recadrage, cela se fait bien entendu au prix d'une perte de résolution.

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La même vue peut être photographiée au moyen de différents ratios


Pour résumer, quels sont donc les bénéfices du Live view ?

Les plus :
  • Affichage d'un histogramme en temps réel
  • Couverture à 100% : l'image vue à l'écran correspond à l'image enregistrée (ce n'est pas le cas du viseur)
  • Possibilité d'afficher une grille de composition
  • Facilités de mise au point manuelle
  • Prévisualisation de la profondeur de champ
  • Choix du ratio
  • Prise de vue avec trépied facilitée

Les moins :
  • Mise au point lente
  • Mise au point bruyante
  • Mode autofocus continu inactif
  • Le viseur est noir, inutilisable, dans ce mode
  • Ne permet pas vraiment de faire des photos sur le vif

Le viseur

Attention à ne faire de confusions : le L1, malgré sa particularité de pouvoir viser au moyen de l'écran arrière, est bel et bien un reflex et non un bridge. Son viseur est donc bien optique, et non électronique comme sur les bridges. Il délivre quelques informations, reprises à droite de l'image, parmi lesquelles : l'ouverture, la vitesse, la correction d'exposition éventuelle, etc.

A noter : Toutes les images de ce test peuvent être téléchargées à leur format natif sous la forme d'un unique dossier
accessible depuis .

Du côté des modes

Pour quelqu'un venant du numérique, du reflex comme du compact, la molette supérieure du L1 paraîtra des plus étranges. En effet, contrairement à ses semblables qui abritent plusieurs modes (Manuel, priorité, automatique, programme, mode scène...), la sienne comporte uniquement des indications de vitesse. Comment procède-t-on alors pour adopter chacun des modes ? Avant d'entrer dans le détail des explications, faisons un rapide point sur les modes. Le L1 est un appareil étrangement sobre au regard des tendances actuelles, puisqu'il propose seulement quatre modes : manuel, priorité ouverture, priorité vitesse et programme. Pas de mode automatique donc, ni de ces modes scène (nuit, paysage, sport...) censés faciliter la prise de vue aux débutants.

Le mode programme
Dans ce mode, l'appareil prend totalement en charge le calcul de l'exposition. Il laisse toutefois la main sur les réglages, en permettant à l'utilisateur de modifier l'ouverture, de personnaliser la Balance des blancs, de monter en sensibilité... Il s'agit d'un mode automatique - qui permet de se reposer sur l'appareil pour ce qui est de l'exposition -, mais pas bridé comme le sont souvent les modes les plus simples. Par ailleurs, il permet de garder le contrôle sur l'ouverture, en utilisant non pas la bague de diaphragme, qui reste bloquée sur A, mais la molette arrière.

Pour passer en mode programme, positionnez la molette de vitesse ainsi que la bague d'ouverture sur A. Pour cette deuxième opération (le passage de f/22 à « A »), enfoncez le bouton présent sur le coté de la bague.

Le mode priorité ouverture
Positionnez la molette des vitesses sur A pour bénéficier du calcul automatique de ce paramètre. Utilisez la bague de diaphragme pour faire varier l'ouverture, de f/2,8 à f/22.

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Le mode priorité ouverture s'obtient en positionnant la molette des vitesses sur A
et en utilisant la bague de diaphragme pour choisir l'ouverture souhaitée


Le mode priorité vitesse
Positionnez la bague de diaphragme sur A, en enfonçant le bouton présent sur le coté de la bague. Sélectionnez ensuite la vitesse qui vous convient au moyen de la bague de sélection des vitesses.

Les mode manuel et Bulb
Choisissez l'ouverture, de f/2,8 à f/22, via la bague de diaphragme. Choisissez également la vitesse, de 1/4 000 à 60 secondes au moyen de la molette des vitesses. A noter que lors de pauses longues, l'appareil affiche un décompte, ce qui permet de suivre sa progression.
  • Pour adopter une vitesse d'obturation supérieure à 1/1 000 seconde, utilisez en complément la molette arrière.
  • Pour effectuer des pauses longues, supérieures à 2 secondes, placez la molette des vitesses sur 2-60s/B et choisissez la valeur qui vous convient au moyen de la molette arrière.

Que retenir de ces modes, et de ce fonctionnement ?

Déroutant au premier abord pour de nombreux utilisateurs, ce fonctionnement apparaîtra rapidement comme très intuitif, car il rend beaucoup plus sensibles les rapports de ce couple diaphragme / vitesse. On passe de façon fluide d'un mode à l'autre, et pour savoir quel mode adopter il suffit de s'interroger - sur quel(s) paramètre(s) est-ce que je souhaite avoir le contrôle ? - et abandonner le reste aux automatismes.

On pourra toutefois reprocher à cette molette de vitesse de ne tourner que dans un sens, obligeant à un tour complet pour passer d'une pause de 2 secondes à 1/1 000 seconde. Autre grief : les « contorsions » auxquelles nous oblige ce boîtier décidément peu confortable lorsqu'il s'agit d'enfoncer le bouton présent sur le coté de la bague de diaphragme.

La question des optiques

L'optique avec laquelle le L1 est vendu diffère de celle des autres kits, souvent un zoom de type 18-50 ou 18-70 mm. Ici, il s'agit d'un 14-50 mm f/2,8-f/3,5 portant la griffe Leica, soit d'un objectif à première vue plus grand angle que ceux des produits similaires. À première vue seulement, car le coefficient multiplicateur diffère selon que l'on a affaire à un reflex 3:2 (il est souvent de 1,5 x) ou 4:3 (il est alors de 2 x). Monté sur le L1, ce 14-50 mm devient un 28-100 mm, soit un objectif un peu moins grand-angle et un peu plus téléobjectif que ceux de ses concurrents qui équivalent à des 27-75 ou 27-105 mm.

Le principal point fort de cette optique vient du système de stabilisation qu'elle intègre. La stabilisation est une caractéristique récurrente chez Panasonic qui est le seul constructeur à en équiper systématiquement ses appareils. Elle prend la forme d'un système qui fait appel à deux gyrocapteurs renfermant des micro-billes. Ces gyrocapteurs interprètent les tremblements et les compensent en déplaçant en sens contraire le système présent dans le bloc optique. Ici, la stabilisation se commande toujours depuis une touche dédiée sur le dessus du boîtier. Ce système ne possède pas uniquement une position On / Off (pour l'activation/désactivation) comme chez Sony/Minolta et Pentax, mais deux modes, 1 et 2 :
  • Le Mode 1 stabilise en continu, de façon à nous faire profiter d'une image stabilisée à l'écran, avant même le déclenchement.
  • Le Mode 2 stabilise l'image uniquement au déclenchement. L'effet stabilisateur est accentué, mais il peut y avoir un décalage entre l'image vue et l'image capturée dans la mesure où l'image à l'écran ne bénéficie pas de la stabilisation.
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Activez le stabilisateur sur le fût de l'objectif, puis choisissez l'un de ces deux modes dans les menus


Il est possible de quitter le ratio 4:3 - éloigné des proportions issues du nombre d'or, et trop marqué « vidéo » pour certains - au profit du classique ratio 3:2. Pour en revenir rapidement au nombre d'or - autrement appelé proportion divine -, rappelons qu'il est de 1,618... Force est de constater que le 3:2 (1,5) s'en approche plus que le 4:3 (1,33), d'où la réticence de certains photographes à composer à partir de ce format jugé peu harmonieux.

Ce ratio 4:3 - qui est la norme sur les compacts et les bridges issus de la vidéo -, est sous-représenté lorsque l'on aborde le petit monde des reflex. Panasonic est ainsi l'un des rares constructeurs à croire en lui, avec les quelques autres membres du « consortium Four Thirds », à savoir : Olympus, Kodak, FujiFilm, Sanyo, Sigma et Leica (voir ce site). Brièvement, en quoi consiste ce « pari » et d'où tire-t-il son origine ? Ni plus ni moins du constat que, plutôt que de peiner à adapter le matériel argentique au numérique, il valait mieux repartir de zéro en créant un nouveau standard et des optiques spécifiques pour les besoins du numérique. Les optiques 4:3 ainsi sont conçues de façon à permettre aux rayons d'arriver de façon perpendiculaire sur le capteur et de tirer parti de la totalité de son format. Il s'agit par ailleurs d'un format dit « ouvert », ce qui signifie que tous les membres adoptent la même baïonnette, et sont ainsi en mesure de partager leur parc optique. C'est une démarche très différente de celle, propriétaire, des Nikon, Canon, Minolta, Pentax... dont les optiques ne peuvent pas être montées sur les boîtiers d'un autre constructeur.

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Les membres du consortium Four Thirds


Dans la mesure où les membres du consortium Four Thirds sont encore peu nombreux, on peut reprocher à la gamme optique d'être un peu limitée. On peut également lui reprocher d'être chère, en particulier lorsque l'on se tourne du côté des optiques Olympus. Sur cette question, on peut retenir cette page du site très intéressante, qui répertorie l'ensemble des optiques 4:3 disponibles, et rappeler que Sigma a récemment annoncé quatre nouvelles optiques 4:3 (voir ce lien).

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La même photos aux ratios 4:3, 3:2 et 16:9


Le L1 ne sera pas commercialisé boîtier nu. Néanmoins, une fois le kit acheté, il est évident que les propriétaires de ce boîtier vont souhaiter y monter d'autres optiques. Que se passera-t-il alors, lorsqu'un objectif Sigma ou Olympus, dépourvu de bague de diaphragme, sera monté sur le L1 ? Dans ce cas, c'est la molette en haut à droite de l'écran qui permettra de piloter le diaphragme, devenant ainsi encore plus polyvalente.

A noter : Toutes les images de ce test peuvent être téléchargées à leur format natif sous la forme d'un unique dossier
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En images

Portée du zoom

Le L1 bénéficie de la fonction « Extra Optical Zoom » (Zoom optique supplémentaire) bien connue des utilisateurs des compacts Panasonic. Cette fonction au nom un peu pompeux permet d'augmenter de façon logicielle la portée du zoom à la faveur d'une diminution de la résolution. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un recadrage autour de la partie centrale de l'image, équivalent à ce que l'on peut obtenir en post-traitement. Son unique avantage : la rapidité de mise en œuvre comparée à la même manipulation effectuée sur un ordinateur.

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Portée du 14-50 mm : du grand-angle...

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... au télé (3 136 x 2 353 pixels dans les deux cas) suivis du « extra optical zoom » (2 048 x 1 536 pixels)


Photographie rapprochée

Le 14-50 mm ne permet pas de faire de la macrophotographie. Sa distance minimale de mise au point est de 29 cm, et ce sur toute la longueur focale de l'objectif. En transtandart qui se respecte, il permet au mieux de faire de la « proxy photo », ainsi que des portraits et du paysage.

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L'objectif est dépourvu de position macro : le rapprochement maximal qu'il permet est de 29 cm


Rendu des différents modes couleur

Le L1 propose neuf types de rendus, couleur et noir et blanc, permettant de retrouver les sensations de l'argentique avec le choix du rendu du film.

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Standard

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De la gauche vers la droite, et du bas vers le haut : Dynamic, nature, smooth, standard Black and White


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De la gauche vers la droite, et du bas vers le haut : Dynamic Black and White, smooth Black and White, my film 1, my film 2


Sensibilité

La montée en sensibilité n'est pas le point fort du L1 ! Le niveau de bruit reste acceptable jusqu'à 200 Iso, mais pas plus. Au-delà, l'image est trop dégradée et les détails s'en ressentent fortement. À 800 Iso, on est déjà dans les sensibilités extrêmes, de celles que l'on utilisera uniquement en dernier recours, pour rapporter une photo nette en cas d'impossibilité d'utiliser un flash ou un trépied. Les 1 600 Iso sont vraiment inexploitables, avec un bruit très visible dans les zones claires, pourtant d'ordinaire épargnées par le phénomène. Cette faiblesse dans la gestion du bruit risque de disqualifier le L1 pour la photo de reportage (intérieur, événements...) où l'on a souvent besoin de monter en sensibilité. Toutefois, ce défaut peut en partie sembler compensé par la caractéristique du flash intégré, qui possède deux positions dont une qui envoie l'éclair vers le plafond. Cette position est idéale pour photographier des personnes, en dirigeant a lumière indirectement vers elles. Mais la photographie en haute sensibilité et au flash sont deux genres très différents, et malgré cet atout indéniable pour photographier lorsque la lumière manque, le L1 ne parviendra sans doute pas à faire passer la pilule aux yeux des adeptes du premier genre.

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De la gauche vers la droite, et du bas vers le haut : 100, 200, 400, 800 et 1 600 Iso


Photo de nuit

Des photos de nuit peuvent permettre d'apprécier, en contexte cette fois, les effets de la montée en sensibilité.

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De la gauche vers la droite et du haut vers le bas : 200, 400, 800 et 1 600 Iso


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Détail à 100%. De la gauche vers la droite et du haut vers le bas : 200, 400, 800 et 1 600 Iso


Le L1 comporte peu de pré-réglages de la Balance des blancs. Pour un meilleur résultat, il faudra la personnaliser, en utilisant le réglage par degrés Kelvin ou en faisant une mesure manuelle.

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A noter : Toutes les images de ce test peuvent être téléchargées à leur format natif sous la forme d'un unique dossier
accessible depuis .

Performances

Sur un reflex avancé, le choix de la carte mémoire n'est pas sans conséquence. Le L1 est capable de rafales illimitées, mais dont la cadence sera sérieusement ralentie dans le cas d'une carte « standard ». Le buffer sature à partir de 27 clichés consécutifs, faisant chuter le débit de 3 à 1,8 images par seconde. En mode Raw, même avec une carte rapide, il n'est pas possible d'enregistrer plus de 6 clichés consécutifs, l'appareil se consacrant ensuite à l'enregistrement des données. Pour atteindre la cadence d'acquisition d'image maximale, il faut sélectionner « H » (High Speed, 3 images par seconde) comme dans les menus, au lieu de « L » (Low Speed, 2 images par seconde) et positionner la bague qui entoure la molette des vitesses sur la position rafale.

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Dans les menus, réglez l'acquisition rapide d'image sur « High Speed »


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Avec une carte standard, le L1 est capable d'enregistrer 36 fichiers Jpeg en 20 secondes
Téléchargez ce MP3 :


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Avec une carte rapide, le L1 est capable d'enregistrer 58 fichiers Jpeg en 20 secondes
Téléchargez ce MP3 :

Logiciel pour le traitement des Raw

Passer au reflex sera sûrement pour beaucoup l'occasion de travailler en Raw, pour la première fois. En l'absence de logiciel spécifique (Camera Raw, Bibble, etc.) celui du constructeur peut être précieux. Contrairement aux apparences, le L1 comporte bien un mode Raw + Jpeg, permettant l'enregistrement simultané de fichiers bruts (Raw) et compressés (Jpeg). Il est en revanche dépourvu de mode Raw seul. Lorsque « Raw Record » est sélectionné, l'appareil enregistre simultanément un Jpeg et un Raw qu'il nommera de la même façon :
  • Ex. : P1000001.JPG et P1000001.RAW

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Le L1 permet de capturer des fichiers en mode Jpeg ou Raw + Jpeg


Le CD livré avec le L1 contient trois logiciels :
  • Lumix Simple Viewer
  • PHOTOfunSTUDIO Viewer
  • SILKYPIX Developer Studio
C'est ce dernier qui sera utilisé pour le développement des Raw. Il est assez simple et relativement complet. Les captures d'écrans qui suivent sont là pour vous permettre d'apprécier son interface et ses principales fonctions.

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Réglage du point blanc, de l'exposition et du niveau de bruit


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Les principales fonctions de développement des Raw



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À la fin de la retouche, au moment de l'enregistrement, le logiciel propose d'enregistrer les paramètres de développement
pour pouvoir les recharger ensuite

Lumix L1 : Panasonic a-t-il eu le bon reflex ?

Il est l'heure de conclure sur ce reflex que nous avons d'entrée de jeu présenté comme un appareil atypique, regroupant de nombreuses caractéristiques intéressantes en un seul boîtier. Posons donc la question traditionnelle : qui sera son public ? Les utilisateurs venant de l'argentique peuvent être séduits par les particularités que le L1 déploie à leur attention : sobriété du design Leicaiste, choix des « types de films », présence d'un barillet des vitesse, accès rapide aux principales fonctions... tout en appréciant les possibilités de mise au point manuelle en Live View.

Beaucoup d'utilisateurs, cette fois issus du numérique, sont également susceptibles de s'intéresser à ce boîtier. La raison principale de cet intérêt ? La possibilité de viser au moyen de l'écran arrière, dont la plupart des possesseurs de compacts et bridges numériques ne sauraient plus se passer, et qui les retient souvent d'évoluer vers un reflex. Trouveront-ils leur compte dans ce Live View ? Pas si sûr ! Ce système est particulièrement précieux sur un reflex pour effectuer une mise au point manuelle lorsque le viseur - comme c'est le cas ici - est trop petit et trop peu lumineux pour la réussir avec précision. Mais c'est compter sans les inconvénients de ce Live View, particulièrement bruyant et peu véloce. N'importe quel bridge actuel offre un confort de visée au moins égal, pour une rapidité de mise au point supérieure. Ce mode peut toutefois inciter des utilisateurs adeptes jusqu'il y a peu du tout automatique à tester - et inévitablement apprécier - les avantages de la mise au point manuelle. Mais cette « heureuse découverte » vaut-elle les 2 000 euros demandés par le kit ? Ce Live View est d'autant plus décevant que dans sa copie de l'Olympus E330, Panasonic a laissé de côté un élément des plus intéressants : l'écran orientable. Impossible donc de s'offrir les cadrages originaux que l'on a sans peine avec n'importe quel appareil photo numérique doté d'un tel écran : pourquoi ne pas l'avoir conservé ? Sur le L1, le Live View ne servira en somme qu'à faire une mise au point manuelle propre, et à minimiser les risques de bougé lorsque l'on utilise un trépied. On peut le dire, c'est peu.

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Le Live View est convaincant en mise au point manuelle, beaucoup moins pour la photographie spontanée


Il est sans doute des particularités de ce boîtier qui lui vaudront les éloges de certains, et les critiques soutenues d'autres. Devant l'impossibilité de trancher, il ne nous reste qu'à argumenter notre point de vue... plutôt négatif sur l'ergonomie de l'appareil. Tout commence avec une poignée vraiment peu profonde, qui rend la prise en main peu confortable tout en compliquant certaines manipulations. Cela continue avec des touches étrangement placées - tel ce pad à l'extrémité inférieure du boîtier -, si perdu qu'on se trompera bien souvent en voulant utiliser à sa place la molette arrière.

En revanche, une qualité de l'appareil devrait mettre tout le monde d'accord, que l'on soit « un vieux de l'argentique » ou « un débutant du numérique » : l'accessibilité des modes. Même si la sélection au moyen de la molette des vitesses et de la bague de diaphragme a de quoi surprendre, on ne peut qu'être agréablement surpris de la facilité avec laquelle on adopte le mécanisme une fois celui-ci compris. Déroutant au premier abord, ce fonctionnement apparaîtra rapidement comme très intuitif, car il rend beaucoup plus sensibles les rapports de ce couple diaphragme / vitesse qui gère l'exposition. À ceux qui seront prêts à jouer le jeu, ce système peut permettre de quitter en douceur et de façon éclairée les automatismes. En continuant dans cette idée, on peut saluer l'absence de modes automatique et scène, de ceux qui, sur un reflex, gardent les plus débutants prisonniers des automatismes. Ici, avec ce système, on reçoit le coup de pied nécessaire pour prendre son envol en photo, et c'est une excellente chose !

Si cette conclusion est ainsi en demi-teinte, c'est que ce L1 n'est pas aussi convaincant que l'on pouvait s'y attendre. Sa gestion du bruit est un handicap, son ergonomie aura des partisans et de non moins fervents détracteurs, le Live View est convaincant mais un viseur large et lumineux l'aurait été tout autant... La critique est un peu sévère, mais le fait est que 2 000 euros pour un boîtier en kit est cher. En outre, il faut préciser que l'optique du L1 est stabilisée mais pas le boitier. Dès qu'on quitte le 14-50 mm du kit, on perd le bénéfice de la stabilisation, alors que des boîtiers plus entrée de gamme - Pentax K100D, Sony Alpha... - permettent à moindre frais de stabiliser toutes les optiques que l'on montera dessus. Reste l'anti-poussière, qui est un atout indéniable, durable et utile à tous.

Panasonic Lumix DMC-L1

6

Les plus

  • Sélection des modes intuitive
  • Optique stabilisée / Dispositif anti-poussière
  • Mécanisme du flash
  • Nombreux contrôles externes

Les moins

  • Seulement 3 collimateurs AF
  • Peu ergonomique / Poignée peu profonde
  • Pas de molette avant / Une seule molette
  • Bruyant en mode Live View

0

Ergonomie6

Fonctions7

Qualité d'image7




Galerie


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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