Depuis le début du mois, Apple et Microsoft figurent dans le registre russe des « organisateurs de diffusion d'information ». Concrètement, les deux groupes doivent garder les échanges de leurs utilisateurs en Russie et les remettre aux services de sécurité sur demande.

PHOTOCREO Michal Bednarek / Shutterstock
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Ce registre est géré par Roskomnadzor, le régulateur russe des télécoms, lequel y avait déjà ajouté Google Meet en janvier.

Messages, appels, métadonnées : ce que Moscou peut réclamer

Puisque les deux géants sont désormais dans le registre, ils doivent non seulement stocker les messages, les appels audio et les vidéos des utilisateurs russes, mais aussi les fournir aux agences de sécurité dès qu’elles le demandent. Notons que le processus est effectué sans procédure judiciaire. D’après Bloomberg, elles doivent aussi garder pendant trois ans les informations sur les utilisateurs et sur la transmission de leurs échanges. Cela correspond aux métadonnées, c’est-à-dire aux interlocuteurs et à l’horaire plutôt qu’au contenu. Le tout doit rester sur des serveurs situés en Russie, donc soumis au droit russe.

Apple et Microsoft rejoignent Google Meet, WhatsApp, Telegram, Snapchat, Cloudflare ou encore Blizzard Entertainment. Les entreprises qui refusent s’exposent à des amendes, puis à une restriction d’accès à leur service dans le pays. Ni Apple ni Microsoft n’ont commenté, ni indiqué si elles comptaient se conformer à ces règles.

Cette décision s’ajoute aux blocages et restrictions qui visent déjà WhatsApp, Telegram, Signal et FaceTime. En février, nous rapportions que WhatsApp et YouTube devenaient inaccessibles en Russie, quelques jours après les restrictions sur Telegram. Moscou voulait alors orienter sa population vers MAX, une messagerie nationale sans aucun chiffrement des communications.

Pourtant Microsoft se retire de plus en plus du marché russe. L’éditeur a suspendu ses nouvelles ventes dès mars 2022, puis réduit fortement ses activités sur place en juin, avec plus de 400 salariés concernés d’après Bloomberg. En août 2023, il a prévenu ses clients professionnels qu’il ne renouvellerait plus leurs licences après le 30 septembre, même si les analystes estiment que jusqu’à 90 % des entreprises russes utilisaient encore ses produits. Début 2024, Microsoft prévoyait aussi de couper l’accès à ses services cloud (Teams, OneDrive, Azure ou Office 365) aux sociétés enregistrées en Russie, en application des sanctions européennes, mais pas aux particuliers. Reste à savoir quels services de Microsoft sont concernés par le registre : les informations disponibles ne le précisent pas.

De son côté, Apple a été sanctionnée en 2022 pour ne pas avoir stocké de données iCloud sur des serveurs locaux. Depuis l’invasion de l’Ukraine, le groupe a aussi suspendu ses ventes de produits et limité Apple Pay, mais il a gardé l’App Store, source de plusieurs litiges. Roskomnadzor lui a fait retirer des applications de VPN, et l’autorité de la concurrence a ouvert en août une procédure, car Apple ne préinstalle ni MAX ni la boutique d’applications RuStore sur ses appareils. Apple respecte en général les lois locales, mais il lui arrive de retirer une fonction plutôt que de s’y plier. En 2025, après une demande d’accès aux données des utilisateurs britanniques, elle a désactivé Advanced Data Protection au Royaume-Uni uniquement.

Source : Bloomberg via 9to5Mac et AppleInsider.