Lidl teste en Pologne l’installation de caméras destinées à la lecture automatique des plaques d’immatriculation, avec un stationnement gratuit limité à 90 minutes avant facturation. Certains parkings Lidl en France sont eux aussi équipés de caméras de lecture de plaques, mais pour réserver les places à la clientèle du magasin.

Si d’aventure vous allez passer l’été indien en Pologne, sachez que vous pouvez trouver, à l’entrée d’un parking Lidl, une caméra qui photographie votre plaque d’immatriculation, puis une seconde qui reprend un cliché à la sortie, sans ticket ni barrière. Lidl expérimente cette lecture automatisée des plaques d’immatriculation dans une dizaine de magasins polonais, à Wrocław et Poznań notamment.
En France, Lidl a déjà déployé ce type de caméras sur certains parkings, à Nice et Pierrefitte-sur-Seine, nous rapporte Le Journal du Geek, pour réserver l’accès et les places à sa clientèle. Idem pour Aldi et plusieurs centres commerciaux à Lille, Charenton-le-Pont, Vélizy-Villacoublay ou Rouen. Certains sites conservent une barrière, d’autres fonctionnent sans ticket papier. Sur l’un de ces sites, Autoplus a relevé une période gratuite de 90 minutes avant qu’un supplément ne soit facturé, sans indication de montant. Survision conçoit ces caméras avec son partenaire Scheidt & Bachmann pour les deux pays, mais leur usage est différent selon le pays.
Un test polonais à 90 minutes et un système différent en France
En Pologne, l’enseigne veut augmenter la rotation des places de stationnement et limiter leur usage par des automobilistes non clients, si bien qu’APCOA Parking Polska exploite le dispositif pour son compte et facture 150 zlotys au-delà de 90 minutes, soit environ 35 euros selon la presse locale, un montant que Lidl n’a toutefois pas confirmé. La durée déjà écoulée n’est pas remise à zéro si le conducteur ressort puis revient en moins de quinze minutes.
Chez Biedronka, concurrent polonais de Lidl, la pénalité s’élève à 200 zlotys pour un second jour de dépassement, soit environ 47 euros, mais l’UOKiK, l’autorité polonaise de la concurrence et de la protection des consommateurs, estime que la signalétique de ces dispositifs est trop peu lisible et dénonce une procédure de contestation sans interlocuteur direct.
En France, selon le RGPD, le numéro de plaque d’immatriculation est une donnée personnelle, si bien que la CNIL exige une signalétique appropriée et des durées de conservation proportionnées à la finalité du dispositif. D’ailleurs, Lidl installe des QR codes à l’entrée des parkings concernés pour informer les automobilistes de leurs droits. D’autres parkings français sont équipés de caméras de lecture de plaques, avec des tarifs très variables selon leurs gestionnaires, de 20 minutes gratuites suivies de 47,50 euros la journée complète à Parly 2, jusqu’à deux heures gratuites contre 15 euros d’achat à Mériadeck, à Bordeaux.
Certains de ces parkings sont exploités par des enseignes de la grande distribution, d'autres par des gestionnaires publics, par exemple la régie de Bordeaux Métropole.

Contentieux et risques de fraude autour de la lecture des plaques
Comme on vous en avait parlé, en France, Odile Maurin a saisi la justice au nom de l’association HANDI-SOCIAL contre des caméras de lecture de plaques, utilisées par plusieurs villes pour verbaliser le stationnement payant. L'association réclame une vérification humaine pour les véhicules de personnes handicapées, régulièrement verbalisées à tort malgré une carte mobilité inclusion visible. Ces automobilistes doivent sinon retirer un ticket gratuit à une borne ou s’inscrire au préalable dans une base de données, alors qu’ils disposent d’un droit de stationner au-delà des seules places réservées. Faute de contrôle humain à l’entrée, ce droit n’est pas vérifié sur place.
À Strasbourg, la fintech Lyf et l’opérateur Parcus font payer le stationnement à partir de la plaque reconnue à l’entrée et à la sortie, sans espèces ni carte. Contrairement à un poste de péage tenu par un employé, il n’y a donc aucune vérification humaine de la plaque affichée. Sur des forums, plusieurs automobilistes redoutent qu’un fraudeur recopie leur plaque pour faire payer un autre véhicule à leur place avec ce type de système.
Mais cela ne concerne pas les clients de Lidl en Pologne puisque l’enseigne facture seulement le dépassement au-delà de 90 minutes, sans faire de la plaque un moyen de paiement.
Mais, comme on vous le rappelait, en France, la CNIL a mis en garde sur la collecte des fichiers photographiques liés aux infractions routières.