À Loué, dans la Sarthe, l'Open Z'Attack a réuni un nombre conséquent de joueurs de fléchettes électroniques ce week-end. Portée par la médiatisation télé, la discipline connectée séduit un public toujours plus large en France.

Ce week-end, la petite commune de Loué, à l'ouest du Mans, s'est transformée en capitale sarthoise des fléchettes électroniques, le temps de la troisième édition de son Open, du 4 au 6 septembre. C'est très sérieux, d'autant plus que 400 concurrents, dont une centaine de femmes, se sont affrontés sur les cibles connectées, individuellement ou en équipe, pour se partager plus de 6 200 euros de cash prize. Ce chiffre confirme qu'à mi-chemin entre loisir de bar et discipline sportive à part entière, et portée par la diffusion grand public de compétitions à la télévision, les fléchettes électroniques gagnent chaque année de nouveaux adeptes, notamment dans l'ouest de la France.
L'essor des fléchettes électroniques en France
Vendredi, samedi, dimanche furent trois jours intenses pour la 3ème édition de l'Open Z'Attack, en précisant qu'il n'y a pas de rapport avec Louise Attaque ni le Z Event, qui pour sa dernière édition a battu un record, avec plus de 20 millions d'euros de dons récoltés. Sur le tournoi de fléchettes électroniques, c'était tournoi individuel masculin et féminin le vendredi soir (15 euros par joueur), doublette avec équipes mixtes possibles le samedi (30 euros la paire), puis épreuve par équipes le dimanche (60 euros l'équipe). L'enchaînement aura été payant, puisque l'affluence a explosé par rapport aux précédentes éditions. Les organisateurs de l'association Loué Z'Attack n'avaient jamais vu autant de monde s'inscrire, comme le révèle France 3 Pays de la Loire.
Comment expliquer un tel engouement ? Bruno Saudbray, le trésorier de l'association organisatrice, le met au crédit de la retransmission télé. Il est vrai que la chaîne L'Équipe, qui diffus depuis plusieurs années maintenant certaines des épreuves les plus prestigieuses, qui ont d'ailleurs souvent lieu outre-Manche, incite pas mal de monde à s'y mettre, ou à s'y remettre. Et la discipline attire un public plus jeune, plus diversifié. Le club sarthois, par exemple, est passé d'une dizaine de membres à environ trente en quelques années seulement.
Sur les pas de tir, la relève est là. Floran Dodard, joueur depuis deux ans en fléchettes traditionnelles, découvrait ce week-end son tout premier tournoi officiel en version électronique. Il a visiblement apprécié la pratique, complémentaire à la version classique, même si pour lui la pression et l'ambiance n'ont (encore) rien à voir.

Une discipline conviviale, qui conserve un esprit de compétition
Devant les cibles de fléchettes électroniques, il y a aussi de la mixité. Sur les 400 concurrents du week-end, une centaine de femmes ont défendu leurs chances en individuel comme en équipe, à l'image de Maëlis Levesque. Pas question pour elle de minimiser l'enjeu sportif, non. Il y a bien la volonté de gagner, et l'esprit de compétition qui anime un paquet de participants, le tout dans une ambiance qui reste conviviale.
François Mary, lui, est venu de l'Eure pour s'essayer à ce qu'il considère comme un loisir accessible en apparence, mais qui demande en réalité une sacrée dose d'adresse et de concentration. Ce mélange entre exigence technique et ambiance bon enfant explique aussi pourquoi les fléchettes électroniques séduisent du monde au-delà des habitués des bars et des clubs traditionnels.
À l'échelle nationale, la France compterait près de 12 000 joueurs de fléchettes électroniques, avec un bastion naturel dans le grand Ouest et particulièrement en Loire-Atlantique, qui concentre l'essentiel des clubs de la région. De quoi laisser penser que Loué, et son cash prize généreux, n'ont pas fini d'attirer du monde.
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