Microsoft a réduit de 80 % ses achats de crédits d’élimination du carbone, par rapport à la même période l’an dernier, d’après un rapport de Bloomberg. Le groupe a par ailleurs dépensé 41 milliards de dollars, environ 36 milliards d’euros, dans l’infrastructure d’intelligence artificielle entre avril et juin.

Un crédit carbone finance un projet de retrait direct du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, par exemple la capture directe dans l’air ou le boisement. En achetant ce crédit, une entreprise compense une partie de ses propres émissions. Sur l’ensemble de l’année, Microsoft devrait dépenser environ 175 milliards de dollars, environ 152 milliards d’euros dans les centres de données et les puces pour l’IA. L’an dernier, Redmond a émis 25 % de gaz à effet de serre de plus que l’année précédente, à cause de l’expansion de son infrastructure d’IA.
L’électricité représente désormais 13 % des émissions de Microsoft
Dans son rapport annuel sur la durabilité environnementale publié le mois dernier et qui portait sur l’exercice clos en juin 2025, Microsoft distingue plusieurs catégories d’émissions, notamment celle liée à l’électricité achetée.
Cette électricité, achetée pour alimenter les centres de données, représente désormais 13 % du bilan carbone du groupe, contre moins de 2 % l'exercice précédent, mais l’abandon de certains certificats d'énergie renouvelable jugés non additionnels a pesé lourd dans la balance.
Sur la même période, les émissions liées aux fournisseurs et à la fabrication du matériel progressent d’environ 12 % et représentent désormais 85,8 % du bilan total. Selon Redmond, cette évolution est due à l’expansion de ses centres de données pour l'’IA.
L'’entreprise a par ailleurs étendu son portefeuille d’énergies renouvelables à 40 gigawatts de contrats, contre 34 gigawatts l’année précédente, soit une progression de six gigawatts en douze mois.

Microsoft freine ses achats de crédits carbone après une année d’expansion du programme
La revue Nature a publié une étude, quelques jours avant le rapport de BloombergNEF. Ses auteurs avancent que les effets modélisés de l’intelligence artificielle aggravent l’intensité carbone de l’économie mondiale, en l’absence de politiques de régulation. Selon eux, les gains de productivité que l’IA apporte aux combustibles fossiles produisent plus d’émissions que celles évitées grâce aux énergies renouvelables. Or, le 16 janvier 2020, Microsoft a pris l’engagement de devenir « carbone négatif » d’ici 2030, avec une échéance plus lointaine fixée à 2050 pour retirer de l’atmosphère tout le carbone émis directement ou par son électricité depuis sa fondation, en 1975.
Cet objectif suppose de retirer chaque année davantage de dioxyde de carbone que les émissions propres du groupe. Microsoft a aussi doté, ce 16 janvier 2020, un fonds d’innovation climatique d’un milliard de dollars, environ 870 millions d’euros, consacré aux technologies de réduction et de captage du carbone. Sur l’exercice 2025, la firme a ajouté 29 nouveaux projets de captage du carbone à son portefeuille, répartis sur dix filières technologiques différentes.
Ces projets devraient retirer, à eux seuls, plus de 45 millions de tonnes de CO2 sur trente ans. La stratégie climatique de Microsoft allie décarbonation opérationnelle et retrait de carbone. Ce programme est l’un des plus vastes programmes d’entreprise recensés dans le monde, selon les données compilées par Carbon Pulse. BloombergNEF constate pourtant qu’entre janvier et l’été, Microsoft en a acheté environ 80 % de moins sur un an. Entre avril et juin, ses dépenses dans l’infrastructure d’intelligence artificielle ont atteint 41 milliards de dollars, tout de même environ 36 milliards d’euros. La majorité de cette somme a financé la construction de centres de données et l’achat de puces pour l'intelligence artificielle.
Toujours selon BloombergNEF, le marché mondial des crédits carbone recule, pour la première fois en trois ans.
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