Véritable mastodonte de l'industrie du semi-conducteur, TSMC se repose sur les ressources d'une petite île, Taïwan, et les contraintes électriques pourraient bientôt le rattraper.

Toutes les entreprises les plus connues du monde de la tech sont en relation plus ou moins étroite avec TSMC. AMD, Apple, NVIDIA et même Intel font fabriquer leurs puces les plus avancées dans les usines de TSMC. Cela pèse bien plus qu'on ne pouvait le croire sur le réseau électrique taïwanais.
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25,6 milliards de kWh d'électricité en 2024
Il y a dix ans à peine, qui connaissait le sigle TSMC et l'entreprise qui se cache derrière ? Aujourd'hui, la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company est la plus importante fonderie au monde.
De sa production dépendent tous les groupes tech de la planète et des géants comme Apple ou NVIDIA se pressent pour signer de juteux contrats avec TSMC afin de sécuriser les lignes de production les plus modernes de ses usines. Des usines qui, justement, ne sont pas sans poser quelques problèmes aux principaux responsables du pays, Taïwan.
En effet, il est estimé qu'en 2024 – depuis TSMC a encore grandi – le groupe a consommé près de 25,6 milliards de kWh d'électricité en 2024, soit environ 9 % de toute l'électricité consommée à Taïwan. Alors que les besoins explosent avec l'essor de l'intelligence artificielle, le gouvernement de l'île vise à réduire cette pression de TSMC sur le réseau électrique national.
Pour ce faire, le gouvernement taïwanais prépare une évolution majeure de sa politique énergétique. Une révision de la loi serait en cours de préparation et si TSMC ne serait pas le seul visé, le groupe serait bien l'un des plus touchés.
Vers des capacités de production propres ?
Le ministère taïwanais des Affaires économiques voudrait modifier la loi sur la gestion de l'énergie afin de contraindre les entreprises affichant une puissance supérieure à 5 MW à installer leurs propres capacités de production.
À en croire nos confrères de Wccftech, une telle loi pourrait concerner plus de 400 sites industriels parmi lesquels des usines de semi-conducteurs, des fabricants d'écrans, des aciéries, des complexes pétrochimiques ainsi que des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Il est toutefois souligné que des exemptions sont prévues pour les établissements de santé/scolaires.
L'objectif affiché est double : renforcer la résilience du réseau électrique et limiter les risques liés à une consommation industrielle gigantesque. Bien sûr, TSMC ne peut prétendre aux exemptions et se trouve être l'un des principaux concernés alors que ses usines tournent 24 heures sur 24 afin de produire les composants dont le monde a besoin.
À l'heure actuelle, TSMC se repose sur un réseau de 11 usines dites « fabs » et doit aussi maintenir de nombreuses structures axées sur le packaging des puces. Le projet de loi pousserait TSMC à revoir son approvisionnement électrique : le groupe devrait investir dans des infrastructures de production électrique et de stockage tout en perdant les économies d'échelle permises par l'approvisionnement via le réseau national.
Heureusement pour TSMC, il est prévu de mettre en place une période de transition pour permettre aux groupes de se conformer à la législation nouvelle et, dans l'immédiat, il n'est question que de « sanctions financières limitées en cas de retard ». On comprend que le gouvernement cherche des pistes, mais il serait en difficulté s'il devait handicaper l'un de ses fleurons industriels.