Le fondeur taïwanais continue de se déployer aux États-Unis. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que ses opérations n'y sont vraiment pas très rentables !

© Shutterstock
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Depuis plusieurs années, les États-Unis essayent d'attirer les géants des semi-conducteurs, et surtout TSMC, pour qu'ils produisent sur le territoire de la première puissance économique mondiale. Une volonté qui est devenue encore plus dure avec Donald Trump, dont la pression s'est accrue sur l'entreprise, qui a en retour promis des investissements encore plus incroyables aux USA. Mais le prix est vraiment conséquent !

Une marge brute divisée par huit pour TSMC aux États-Unis !

On savait que produire aux États-Unis coûtait cher à TSMC, mais on n'avait peut-être pas idée des sacrifices auxquels consentaient le fondeur taïwanais. Les détails nous sont aujourd'hui plus clairs grâce à des données compilées par Semianalysis.

Dans le cas de la production de wafers pour des puces gravées à 5 nanomètres, les données délivrées indiquent ainsi que la marge brute de TSMC s'effondre entre les produits réalisés dans une usine à Taïwan, et les mêmes aux États-Unis. En fait, cette marge passe de 62% à Taïwan à seulement 8% aux États-Unis, soit une division quasiment par huit de cette dernière !

© Semianalysis
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Un choix géopolitique bien plus qu'économique

Deux éléments clés permettent de comprendre cette incroyable différence. Le premier, c'est le coût du travail, qui est deux fois plus élevé pour TSMC aux États-Unis qu'à Taïwan. Le second est ce que l'on appelle la « dépréciation », un concept comptable qui répartit le coût très élevé d'équipements sur une longue durée. Ici, ce sont les coûts relatifs à la création des fabs de TSMC qui sont mis en rapport avec chaque unité de wafer produit. Plus la productivité des équipements est élevée, moins la dépréciation est haute.

Or, la dépréciation est quasiment cinq fois plus importante aux États-Unis qu'à Taïwan, et ce pour plusieurs raisons (les coûts de construction, la productivité, l'intensité du fonctionnement des équipements…).

Pour autant, ces mauvais chiffres économiques ne devraient changer en rien la stratégie de TSMC. Car l'idée principale est de sécuriser les chaînes d'approvisionnement pour les semi-conducteurs, dans un environnement géopolitique qui tend de plus en plus à se réorganiser en blocs de puissance, avec de fortes frictions aux frontières des zones d'influence. Et Taïwan, où opère TSMC, est pile sur l'une des zones les dangereuses à ce niveau au monde, entre la Chine et les États-Unis. On imagine donc que le déploiement américain du fondeur va tout de même continuer de plus belle.

Source : Wccftech