Le rapport environnemental 2026 de Google confirme l'ampleur des besoins énergétiques liés à l'intelligence artificielle. La consommation électrique totale du groupe a progressé de 37% sur l'année 2025, contre 27% en 2024. Ce chiffre traduit directement la cadence de construction des nouveaux data centers dédiés à l'IA.

Le document, publié fin juin, décrit une croissance de charge électrique inédite pour le groupe. Il détaille aussi les efforts engagés pour limiter l'impact carbone de cette expansion, avec des résultats plus contrastés qu'il n'y paraît.
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Des data centers plus efficaces, mais une demande qui grimpe plus vite
Pour limiter la casse, Google mise sur l'efficacité de son infrastructure. Ses data centers affichent en 2025 un PUE moyen de 1,09. Le Power Usage Effectiveness mesure le ratio entre l'électricité livrée à un site et celle réellement consommée par les serveurs. Plus ce chiffre se rapproche de 1, moins l'énergie perdue en chemin (climatisation, alimentation) est importante. Google affirme consommer 83% d'énergie de moins que la moyenne du secteur pour ces besoins annexes.
Côté puces, la septième génération de TPU (Ironwood), lancée début 2025, serait près de 30 fois plus efficace que le premier accélérateur Cloud TPU de 2018. Sur douze mois, Google indique avoir divisé par 33 la consommation énergétique d'une requête type sur Gemini, et par 44 son empreinte carbone. Ces gains d'efficacité n'empêchent cependant pas la consommation électrique globale du groupe de continuer à progresser plus vite d'une année sur l'autre.
En parallèle, Google a signé en 2025 des accords portant sur 12 GW de nouvelle capacité renouvelable, un volume supérieur aux deux années précédentes cumulées. Le groupe affirme avoir malgré tout compensé 100% de sa consommation électrique par des achats d'énergie propre, pour la neuvième année consécutive.
Un bilan carbone qui progresse aussi
Sur l'année 2025, l'empreinte carbone globale de Google atteint environ 14,5 millions de tonnes équivalent CO2, selon Ars Technica, qui rapporte l'information. Pour donner un ordre de grandeur, ce total se situe entre celui de la Côte d'Ivoire et celui du Panama, soit environ la 100e place mondiale si l'on compare aux émissions nationales. Google indique avoir réduit ses émissions opérationnelles de 2% sur un an, mais les émissions de sa chaîne d'approvisionnement ont augmenté de 25%, notamment à cause d'usines situées en Asie-Pacifique, raccordées à des réseaux électriques encore peu décarbonés.
L'analyste Michael Thomas, dirigeant de la plateforme Cleanview qui suit les projets de data centers, affirme que Google combine désormais toutes les sources d'énergie disponibles, y compris le gaz naturel. Dans une newsletter publiée en avril, il pointait déjà un investissement de 40 milliards de dollars dans des data centers au Texas, incluant un campus qui pourrait être alimenté par une centrale à gaz de 933 mégawatts, sans dispositif de captage de carbone. Cette centrale pourrait à elle seule émettre jusqu'à 4,5 millions de tonnes de CO2 par an.
Interrogé par Michael Thomas, un porte-parole de Google a indiqué que l'entreprise n'avait pas encore signé d'accord définissant la part d'électricité que ce data center tirerait effectivement de cette centrale.