L'investisseur Marc Andreessen affirme que l'IA lui donne, 99% du temps, de meilleures réponses que celles obtenues auprès de pratiquement n'importe quel expert. Mais, les études sérieuses, elles, sont nettement plus mesurées.

L'homme a lancé cette comparaison sur le podcast de Joe Rogan début juin, sans données à l'appui, alors que son fonds est lui-même engagé financièrement dans l'IA santé. Une étude publiée en février 2026 dans Nature Medicine vient nuancer fortement ses propos.
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Un raccourci viral, des études qui le contredisent
Pourquoi s'arrêter sur les propos de cet homme ? Parce qu'il a un sacré parcours dans le domaine de la tech et jouit d'une solide réputation. Marc Andreessen est le cofondateur de Netscape, le navigateur qui a démocratisé l'usage du web grand public dans les années 1990. Il est ensuite devenu une figure reconnue de la Silicon Valley à la tête du fonds de capital-risque Andreessen Horowitz (a16z). Il a souvent joué les bonnes cartes en investissant dans des entreprises comme Coinbase, Airbnb ou OpenAI. Sa position lui donne donc du poids quand il s'exprime sur la tech.
Sur le podcast de Joe Rogan, il a expliqué que 99% du temps, la réponse obtenue auprès de l'IA était meilleure que celle d'"à peu près n'importe quel expert". Le New York Post a transformé cette déclaration générale en comparaison directe avec les médecins sous le terme "Doctor ChatGPT", une formule par le compte du marché de prédiction Polymarket.
Les études vont plutôt dans l'autre sens
Les études disponibles sont bien plus nuancées. En 2024, le Journal of Medical Internet Research a comparé les réponses de médecins et de ChatGPT-4 à 100 questions de patients réels. Les patients jugeaient le chatbot plus empathique et plus utile, mais des spécialistes ont identifié 15 réponses potentiellement dangereuses, sans que les patients ne soient capables de les distinguer des réponses sûres.
Plus récemment, une étude publiée en février 2026 dans Nature Medicine par l'urologue Ashwin Ramaswamy (Mount Sinai) a testé ChatGPT Santé sur 60 scénarios cliniques. Parmi les cas graves, l'outil n'a pas orienté le patient vers les urgences dans 51,6% des situations, suggérant à la place un simple rendez-vous, y compris pour un patient en détresse respiratoire.
Encore une question de gros sous
La sortie d'Andreessen n'est pas anodine. Son fonds a investi dans plusieurs start-up d'IA santé, parmi lesquelles Hippocratic AI, Ambience Healthcare et Abridge, et pilote par ailleurs un fonds biotech de 500 millions de dollars adossé au laboratoire Eli Lilly. De toute évidence, son enthousiasme pour l'IA médicale n'est pas neutre. Comme le rappelle The Next Web, plus globalement, sa maîtrise technique du sujet a aussi été questionnée en mai, lorsqu'il a partagé sur X un long "super prompt" étonnant naïf demandant à ChatGPT de "ne jamais halluciner ni inventer quoi que ce soit".
Nous apprenions en janvier 2026 le lancement de ChatGPT Santé, l'espace dédié d'OpenAI permettant de connecter dossiers médicaux et applications comme Apple Santé, présenté comme un outil d'appoint et non comme un substitut au médecin. C'est précisément cet outil que l'étude de Mount Sinai a mis à l'épreuve sur le tri des urgences. Le Dr Adam Rodman, hospitalier à Harvard qui étudie l'usage de l'IA en médecine, recommande de ne jamais s'en servir pour trier une urgence et de la considérer au mieux comme un complément à une consultation humaine.