À VivaTech 2026, Invoxia a présenté son Tracker Pro Max, un nouveau traceur GPS 4G LTE-M pensé pour les voitures, les motos et les objets de valeur. Plus cher qu'une simple balise Bluetooth, mais aussi beaucoup plus autonome dans son fonctionnement, ce nouveau boîtier promet du suivi en temps réel, des alertes intelligentes et jusqu'à six mois d'autonomie. Nous avons rencontré Clément Moreau, le CEO d'Invoxia, sur son stand et avons pu parler prix, miniaturisation, limites du GPS et avenir des traceurs connectés avec lui.

Clément Moreau est le CEO d'Invoxia, entreprise française créée en 2010 par Eric Carreel (Withings). ©Nicolas Guyot pour Clubic
Clément Moreau est le CEO d'Invoxia, entreprise française créée en 2010 par Eric Carreel (Withings). ©Nicolas Guyot pour Clubic

Un AirTag glissé sous un siège peut rassurer. Il ne transforme pas pour autant une voiture en véhicule réellement suivi. C'est précisément le terrain sur lequel Invoxia veut imposer son Tracker Pro Max, nouveau traceur GPS pour voiture présenté lors de cette édition de VivaTech, et qui sera disponible à la vente dès le 1er juillet. Avec sa connexion 4G LTE-M, son GPS, son Wi-Fi, son Bluetooth, ses modes Absence et Alerte, son historique de trajets et son suivi en direct, le boîtier français revendique une approche plus complète que les balises Bluetooth ou ultra wideband (UWB) grand public. Mais cette promesse a un prix : 179 euros à l'achat, avec un an d'abonnement inclus, puis environ 60 euros par an. Trop cher ? Trop gros ? Trop dépendant du réseau ? Clément Moreau, CEO d'Invoxia, nous répond point par point.

Clubic : Le Tracker Pro Max est lancé à 179 euros, avec un an d'abonnement inclus, puis 60 euros par an. Est-ce que ce n'est pas un peu cher pour le grand public ?

Clément Moreau : Dans les 179 euros, il y a effectivement une année d'abonnement. Ensuite, il faut remettre ce prix dans le marché. Un abonnement LTE-M, c'est ce prix-là. Cela revient à environ 5 euros par mois, et nous ne voyons pas de trackers LTE-M avec des abonnements moins chers. Certains montent plutôt jusqu'à 14 euros par mois.

Le nouveau traceur GPS de l'entreprise française. ©Invoxia
Le nouveau traceur GPS de l'entreprise française. ©Invoxia
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Clubic : Comment justifier ce tarif quand on trouve des traceurs Bluetooth ou UWB beaucoup moins chers ?

Clément Moreau : Ce n'est pas la même chose. Le Tracker Pro Max peut communiquer sa position toutes les heures, toutes les demi-heures, toutes les deux minutes selon le réglage, et jusqu'à une fois par seconde en mode temps réel. On récupère les trajectoires, on conserve les historiques, on a du geofencing (géorepérage, NDLR), un accéléromètre, un capteur de mouvement, et donc la capacité de réagir à ce mouvement.

Nous venons aussi d'introduire un mode Absence, que l'on peut voir comme un mode vacances. Vous dites au tracker : « je pars en vacances ». Si le véhicule se met à bouger, on va tout de suite réagir. Avec un AirTag, vous ne pouvez pas faire cela. Un AirTag peut éventuellement vous donner une position, mais pas tout le temps, et surtout c'est à vous de faire le travail, d'aller vérifier où se trouve votre voiture. Quand vous êtes en vacances, vous ne vérifiez pas l'emplacement de votre voiture tous les jours.

Ce n'est pas tout d'avoir un GPS : encore faut-il qu'il marche réellement, caché dans une voiture, et pas accroché sur le toit.

Clubic : Qu'est-ce qui prend autant de place dans un traceur comme celui-ci ?

Clément Moreau : D'abord, il y a une batterie de 2 000 mAh. Ensuite, il y a deux grosses antennes : une antenne pour la 4G et une antenne pour le GPS. On essaie de les éloigner au maximum pour éviter qu'elles se perturbent. Plus vous faites une grosse antenne GPS, mieux elle fonctionne. C'est important, parce que ce n'est pas tout d'avoir un GPS : encore faut-il qu'il marche réellement, même en conditions normales, caché dans une voiture, et pas accroché sur le toit.

Clubic : Justement, si le traceur est caché sous un siège, dans une boîte à gants ou dans un parking, jusqu'où peut-on espérer capter ?

Clément Moreau : Sous un siège, cela passera très bien. Pour les parkings, normalement, le premier sous-sol fonctionne. Après, cela dépend vraiment de la structure. Ce sont parfois de petites choses qui font que le signal passe ou ne passe pas : la taille d'un escalier, l'organisation du bâtiment, la manière dont les ondes circulent.

Les données des utilisateurs, elles, sont hébergées en Europe, en Irlande. Elles ne sortent pas de la zone Europe.

Clubic : Sur la partie localisation, vous utilisez aussi Galileo ?

Clément Moreau : Oui, nous utilisons Galileo, GPS et GLONASS. Mais il faut bien distinguer les satellites et les données. Les satellites envoient des informations, ils ne savent rien de ce que nous faisons. Les données des utilisateurs, elles, sont hébergées en Europe, en Irlande. Elles ne sortent pas de la zone Europe.

L'interface de l'appli du traceur Pro Max. ©Invoxia

Clubic : Avez-vous une idée du taux de réabonnement sur vos traceurs ?

Clément Moreau : Nous ne communiquons pas beaucoup sur ce sujet, mais on peut donner un ordre d'idée. Historiquement, nous avons vendu environ 400 000 traceurs. Aujourd'hui, il y en a à peu près 200 000 qui sont encore sous abonnement. Certains utilisateurs arrêtent au bout d'un an, mais d'autres gardent leur traceur pendant dix ans, parce qu'il y a un vrai usage. Une fois qu'on a pris goût à savoir où est sa voiture, c'est difficile de revenir en arrière.

Quand vous réduisez la taille du produit, vous réduisez mécaniquement la taille des antennes. Et plus l'antenne est petite, moins elle capte et moins elle émet.

Clubic : Peut-on imaginer un jour des traceurs aussi complets, mais beaucoup plus petits ?

Clément Moreau : Nous avons déjà fait un traceur plus petit. Le problème, ce n'est pas seulement l'autonomie, ce sont surtout les performances radio. Quand vous réduisez la taille du produit, vous réduisez mécaniquement la taille des antennes. Et plus l'antenne est petite, moins elle capte et moins elle émet.

C'est la même logique qu'avec une montre 4G. Une Apple Watch peut passer un appel quand vous êtes dehors, dans de bonnes conditions. Mais dès que vous êtes dans une zone plus compliquée, votre téléphone s'en sort beaucoup mieux, parce que son antenne est beaucoup plus grande. C'est de la physique.

Clubic : Donc, tant que l'on reste sur ces réseaux, il n'y a pas de miracle possible ?

Clément Moreau : Tant que ce sont ces réseaux-là, non. Ensuite, les réseaux peuvent évoluer. Le sujet de l'ultra wideband est intéressant, et nous pensons aussi que les réseaux de type LoRa n'ont pas dit leur dernier mot. Ils continuent à se déployer, notamment pour les compteurs d'eau, ce qui crée progressivement un maillage dans de nombreux pays. Aux États-Unis, il y a aussi Sidewalk, le réseau d'Amazon, qui commence à vraiment se déployer. Cela peut redevenir une alternative intéressante.

Avec Biotracker, nous faisons pas seulement de la localisation, mais suivons aussi le rythme cardiaque de nos animaux, les paramètres respiratoires et d'autres mesures d'activité.

Clubic : Où conseillez-vous d'installer ce type de traceur dans une voiture ?

Clément Moreau : Sous les sièges, dans la moquette, ou dans les encadrements de portières pour ceux qui sont prêts à démonter un peu. Dans une moto ou un scooter, il y a moins de place, mais on peut trouver des petites caches sous la selle ou derrière le tableau de bord.

Outre la localisation GPS, le Biotracker permet de mieux comprendre la vie de l'animal et l'évolution de certaines maladies. ©Invoxia

Clubic : Invoxia propose aussi des traceurs professionnels, des modèles pour vélo et des produits pour animaux. Quel segment fonctionne le mieux aujourd'hui ?

Clément Moreau : Sur les animaux, c'est vraiment le Biotracker qui est intéressant, parce qu'il ne fait pas seulement de la localisation. Il suit aussi la santé de l'animal. Nous suivons le rythme cardiaque, les paramètres respiratoires et d'autres mesures d'activité. Avec ces données, nous arrivons à mieux comprendre la vie de l'animal et l'évolution de certaines maladies, notamment les maladies chroniques et cardiaques. Cela peut aider les vétérinaires à mieux soigner.

Chaque fonction ajoutée peut représenter 1, 2 ou 3 dollars en Chine. Mais 1, 2 ou 3 dollars en production peuvent devenir beaucoup plus en magasin.

Clubic : Les vétérinaires sont-ils plus réceptifs que les médecins avec nos montres connectées ?

Clément Moreau : Je ne sais pas s'ils sont plus ouverts, mais je pense que cela peut avancer plus vite, parce que l'environnement est différent. Il n'y a pas la Sécurité sociale, c'est le propriétaire qui paie et qui choisit pour son animal. Quand on choisit pour soi-même, il y a aussi toute la difficulté de ne pas forcément vouloir savoir que l'on est malade. Pour un animal, le rapport à la donnée est différent.

Clubic : En mode suivi très intensif, jusqu'à une position par seconde, l'autonomie du Tracker Pro Max tombe à combien ?

Clément Moreau : Une position par seconde, c'est un mode de recherche. C'est ce que l'on active au moment où il se passe quelque chose. Ce n'est pas le mode normal permanent. Avec une position toutes les dix minutes, on atteint environ six mois d'autonomie.

Clubic : Pourquoi ne pas ajouter encore plus de fonctions, comme de l'UWB, si cela peut aider à retrouver un objet ou un véhicule ?

Clément Moreau : Il y a aussi des questions de coût. Chaque fonction ajoutée peut représenter 1, 2 ou 3 dollars en Chine. Mais 1, 2 ou 3 dollars en production peuvent devenir beaucoup plus en magasin, parce que toute la chaîne fonctionne avec des pourcentages. Il faut donc faire des choix.

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