La gamme SolarVault 3 arrive en France avec trois batteries résidentielles pensées pour améliorer l'autoconsommation solaire. Avec des prix de lancement à partir de 839 euros, le stockage domestique devient de plus en plus accessible.

La batterie Jackery SolarVault 3 Pro Max posée sur deux batteries auxiliaires (soit une capacité totale de 7,56 kWh). ©Nicolas Guyot pour Clubic
La batterie Jackery SolarVault 3 Pro Max posée sur deux batteries auxiliaires (soit une capacité totale de 7,56 kWh). ©Nicolas Guyot pour Clubic

Jackery ne veut plus seulement alimenter les bivouacs, les vans et les week-ends loin de toute source électrique. Avec la série SolarVault 3, la marque s'attaque désormais à la maison, au balcon et aux installations photovoltaïques déjà en place. Le concept est de stocker l'électricité produite dans la journée pour l'utiliser plus tard, au moment où elle devient la plus utile et la plus chère, notamment le soir.

Après avoir affiché ses ambitions résidentielles au CES, Jackery les concrétise désormais en France avec la gamme SolarVault 3. Les tarifs de lancement démarrent à 839 euros pour le SolarVault 3 Pro, 959 euros pour le Pro Max AC et 1 079 euros pour le Pro Max. De quoi placer cette nouvelle gamme sur un segment de plus en plus stratégique, à l'heure où la revente du surplus solaire devient moins attractive et où l'autoconsommation prend davantage de poids dans l'équation économique.

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Trois batteries pour trois scénarios solaires

La gamme s'organise autour de trois modèles. La SolarVault 3 Pro vise les premiers projets d'autoconsommation, notamment en balcon ou en appartement. Cette batterie accepte jusqu'à 4 000 watts d'entrée photovoltaïque via 4 MPPT, propose une sortie AC maximale de 1 200 watts et un mode bypass jusqu'à 2 300W.

Pour rappel, le mode bypass permet à la batterie de laisser passer une puissance supérieure vers les appareils les plus énergivores lorsqu'elle est raccordée au réseau, sans que cela corresponde à sa puissance réelle en totale autonomie.

La batterie Jackery SolarVault 3 Pro Max avec une batterie auxiliaire. Pro Max AC, soit une capacité totale de 5,04 kWh. ©Nicolas Guyot pour Clubic

La SolarVault 3 Pro Max monte en puissance pour les foyers plus consommateurs. Elle grimpe à 2 500W en AC, 3 680W en bypass et jusqu’à 7 500W avec trois unités en parallèle, en configuration monophasée ou triphasée. La SolarVault 3 Pro Max AC, elle, vise plutôt le rétrofit. Elle s'adresse aux foyers déjà équipés de panneaux solaires et qui veulent ajouter du stockage sans revoir toute leur installation.

Les trois modèles reposent sur une chimie LFP, plus durable et plus stable que les batteries lithium-ion classiques. La capacité de base atteint 2,52 kWh et peut être portée à 15,12 kWh par système. À terme, lorsque le fonctionnement en parallèle sera activé, Jackery annonce jusqu'à 45,36 kWh de capacité totale pour une installation composée de trois systèmes.

Ne plus laisser filer l'électricité de ses panneaux solaires

L'enjeu ne consiste pas seulement à installer une grosse batterie dans le garage ou sur le balcon. Jackery vend surtout un écosystème destiné à mieux piloter l'énergie du foyer. Compteur intelligent, lecteur TIC pour Linky, prise connectée jusqu'à 3 680W, application mobile et optimisation par IA doivent permettre d'ajuster la charge et la décharge en fonction de la production solaire, de la consommation domestique, de la météo et du prix de l'électricité.

Les batteries SolarVault 3 Pro et Pro Max AC. ©Nicolas Guyot pour Clubic

La marque avance un taux d'autoconsommation pouvant atteindre 92%, contre 39% dans son exemple de référence. Un chiffre à manier avec prudence, puisqu'il dépendra fortement de l'installation, du profil de consommation, de l'ensoleillement et des habitudes du foyer. Mais il traduit bien les enjeux d'aujourd'hui pour les particuliers, à savoir moins vendre son surplus à l'opérateur réseau qui, pour certaines petites installations récentes peut tomber autour de 4 centimes d’euro le kWh, et davantage utiliser sur place l'électricité que l'on produit.

C'est tout l'intérêt de ces batteries domestiques nouvelle génération. Elles arrivent dans un contexte où le stockage résidentiel devient plus facile à justifier, surtout si le rachat du surplus continue de perdre en intérêt. L'ADEME rappelle toutefois qu'il faut rester prudent sur le stockage stationnaire, en raison des ressources nécessaires, de l'impact environnemental et de la rentabilité réelle selon les usages.

Avec des prix qui passent sous les 900 euros sur le premier modèle, Jackery frappe un grand coup avec son tout nouveau SolarVault 3 et rend le stockage solaire bien plus accessible et, de fait, bien moins intimidant. Vous trouverez ci-dessous les caractéristiques un peu plus détaillées des produits.

La gamme Jackery SolarVault 3. ©Nicolas Guyot pour Clubic
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À quoi servent les MPPT sur une batterie solaire résidentielle, et pourquoi en avoir plusieurs ?

Un MPPT (Maximum Power Point Tracking) est un contrôleur qui optimise en temps réel la puissance tirée des panneaux solaires, en ajustant la tension et le courant pour rester au meilleur rendement possible. Plusieurs MPPT permettent de gérer des "strings" ou des orientations différentes (panneaux sur deux faces, ombrage partiel, inclinaisons distinctes) sans que le plus faible ne pénalise l’ensemble. Concrètement, cela améliore la production réellement exploitable sur la journée et réduit les pertes liées à des conditions de lumière non uniformes. C’est aussi utile en balcon ou en toiture morcelée, où les panneaux ne sont pas tous exposés de la même manière.

Quelle différence entre la puissance en autonomie (sortie AC) et le mode bypass sur une batterie domestique ?

La puissance de sortie AC en autonomie correspond à ce que l’onduleur de la batterie peut fournir quand le réseau ne participe pas (batterie seule). Le mode bypass, lui, laisse passer l’électricité du réseau vers les appareils en complément, ce qui autorise une puissance instantanée plus élevée que ce que la batterie sait délivrer seule. C’est un point clé pour alimenter des charges gourmandes (four, plaque, chauffe-eau) sans surdimensionner la batterie. En pratique, bypass ne signifie pas "plus de capacité", mais "plus de puissance disponible" tant que le réseau est présent.

Pourquoi la chimie LFP (LiFePO4) est-elle souvent privilégiée pour le stockage résidentiel ?

LFP (lithium-fer-phosphate) désigne une famille de batteries lithium réputée plus stable thermiquement que d’autres chimies courantes, ce qui réduit le risque d’emballement thermique dans des usages stationnaires. Elle supporte généralement un grand nombre de cycles charge/décharge, ce qui compte davantage qu’une densité énergétique maximale dans une maison. En contrepartie, à capacité égale, une batterie LFP peut être plus volumineuse qu’une batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt), souvent utilisée dans des produits où le poids et l’encombrement sont critiques. Pour du stockage domestique, le compromis sécurité/durabilité est souvent jugé favorable.