Le stockage reste le maillon faible du solaire domestique. En l'absence de batterie, une partie de la production se perd, obligeant à racheter le soir l'électricité à son fournisseur, souvent au prix fort. Avec sa nouvelle gamme SolarFlow, Zendure promet de maximiser l'autoconsommation et d'optimiser automatiquement la charge/décharge selon les heures creuses.

Stocker l'électricité quand le soleil brille, pour la consommer quand le compteur s'emballe, c'est toujours le talon d'Achille du solaire domestique. Zendure entend s'y attaquer frontalement avec sa nouvelle génération de batteries SolarFlow, pensées pour maximiser l'autoconsommation, limiter les pertes… et exploiter intelligemment les heures creuses. Trois nouveaux modèles de batteries arrivent au catalogue du fabricant : les SolarFlow 2400 Pro, 2400 AC+ et 1600 AC+ avec une prévente annoncée dès aujourd'hui en France.
SolarFlow 2400 Pro : la batterie qui veut tout encaisser
Parmi ces nouveautés, la batterie SolarFlow 2400 Pro fait figure de pièce maîtresse. Zendure la présente comme une solution à large spectre, capable de s'adapter aussi bien à un kit solaire plug & play qu'à une installation plus ambitieuse. Son argument clé : le débit. La batterie propose en effet jusqu'à 2 400 watts en AC bidirectionnel, avec une injection limitée à 800 watts par défaut, cadre réglementaire oblige, mais extensible à 2 400 watts via une installation professionnelle. Surtout, elle brille côté solaire pur en acceptant jusqu'à 3 000 watts d'entrée DC répartis sur quatre MPPT (4 × 750 watts), et jusqu'à 4 800 watts d'entrée totale en combinant DC et couplage AC. En clair, la SolarFlow débride la production électrique de vos panneaux en pleine journée et permet de stocker davantage d'énergie.

La batterie Zendure SolarFlow 2400 Pro. ©Nicolas Guyot pour Clubic
À ce propos, la SolarFlow 2400 Pro démarre à 2,4 kWh, et sa capacité est extensible jusqu'à 16,8 kWh avec cinq batteries supplémentaires dans une configuration dite premium. La puissance de décharge peut, elle aussi, grimper à 2 400 watts. De quoi lisser sans difficulté les usages énergivores du quotidien, sans forcément viser une maison totalement autonome. Prix annoncé en France : 1 199€.
SolarFlow 2400 AC+ et 1600 AC+ : stocker l'énergie de ses panneaux sans revoir son installation
Zendure décline ensuite son approche en version AC-couplée, clairement pensée pour les foyers déjà équipés de panneaux solaires sur les toits. Ici, pas question de tout revoir dans votre installation existante. La batterie vient se greffer à votre onduleur. La SolarFlow 2400 AC+ conserve une logique proche de la Pro, avec 2 400 watts d'entrée AC, une décharge de la batterie à 2 400 watts et une capacité évolutive de 2,4 à 14,4 kWh, voire 16,8 kWh en version premium. Le tout pour un tarif annoncé à 959€.
Un cran en dessous, la SolarFlow 1600 AC+ s'adresse à des usages plus modestes et à des foyers souhaitant ajouter du stockage sans complexité. Elle offre une puissance de charge et de décharge de 1 600 watts en courant alternatif, limitée à 800 watts par défaut afin de respecter le cadre réglementaire des installations plug & play. Cette puissance peut toutefois être portée jusqu'à 1 400 watts par batterie, et jusqu'à 3 600 watts au total dans le cadre d'un montage multi-unités certifié et installé par un professionnel. Côté stockage, la capacité démarre à 1,92 kWh et peut évoluer jusqu’à 11,52 kWh, pour accompagner les usages du quotidien sans viser une autonomie complète. Prix annoncé : 719€.
La batterie Zendure SolarFlow 1600 AC+. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Si on pouvait résumer le positionnement de ces deux batteries, la 2400 AC+ est conçue avant tout pour un usage confort et des pics de consommation plus élevés, la 1600 AC+ pour un stockage accessible et mieux maîtrisé. Rapporté à la capacité de base, on tourne autour de 500 €/kWh pour la Pro (2,4 kWh), 400 €/kWh pour la 2400 AC+ et 375 €/kWh pour la 1600 AC+, hors batteries additionnelles et hors pose.
Des batteries qui décident (en partie) à votre place
Mais la vraie bascule se joue côté logiciel. Zendure ne vend plus seulement des batteries. La marque pousse désormais un système complet de gestion de l'énergie. Baptisé HEMS 2.0, il repose sur une architecture à trois niveaux : les appareils (panneaux solaires, batteries, compteurs, pompes à chaleur, bornes de recharge, etc.), une plateforme centrale (IoT, jumeau numérique, orchestration) et des services applicatifs.
Au cœur de l'ensemble se trouve Zenki 2.0, un agent IA dédié à l'énergie domestique. Son rôle principal est de décider automatiquement quand charger depuis le solaire, quand charger depuis le réseau (heures creuses), et quand décharger pour éviter les pics tarifaires. Zendure met en avant un système qui serait capable d'apprendre les habitudes du foyer, de dialoguer via chatbot, et même, à terme, d'analyser images et vidéos pour obtenir un diagnostic de votre installation.
Selon les données partagées par Zendure sur plusieurs milliers de foyers européens, l'utilisation de Zenki permettrait jusqu'à 73% d'économies par rapport à un usage sans optimisation intelligente. Un chiffre ambitieux, mais qui donne une idée du positionnement recherché par la marque : automatiser la complexité, sans transformer l'utilisateur en gestionnaire de réseau.
Zendure va plus loin : tarifs dynamiques, domotique et sécurité
Autre annonce structurante, Zendure deviendrait le premier acteur du secteur à lancer en 2026 son propre service de tarifs dynamiques, baptisé Zendure ZenWave. Déployé d'abord en Allemagne, puis progressivement en Europe, il permettra de payer l'électricité au prix du marché en temps réel directement via l'écosystème Zendure. Même si on a un vieux doute sur l'arrivée d'un tel service en France, la marque évoque jusqu'à 2 121€ d'économies annuelles potentielles grâce à son binôme ZenWave x Zenki, le tout grâce à une gestion simplifiée avec une seule appli.
Côté intégration, Zendure revendique une ouverture totale : MQTT natif, compatibilité Home Assistant et Homey, intégrations avec Shelly, Apple Home, HomeWizard, et connexion aux données tarifaires de plus de 840 fournisseurs d'énergie en Europe. Le système pourrait également piloter des équipements lourds comme plus de 5 000 modèles de pompes à chaleur ou la recharge de véhicules électriques, en utilisant les surplus d'énergie solaire ou les heures creuses.
Enfin, la sécurité reste un axe central de la politique de la marque. Avec ZenGuard, Zendure met en avant un dispositif à plusieurs niveaux : double BMS (surveillance en temps réel du courant, de la tension et de la température - même hors ligne - et analyse de l'intégrité des cellules dans le cloud), maintenance prédictive, protection active contre le froid et les décharges profondes, et même un extincteur à aérosol intégré déclenché à 170°C, une technologie habituellement réservée à des systèmes de stockage industriels.
Dans les coulisses de l'usine Zendure
Derrière ses nouvelles batteries domestiques, Zendure veut désormais montrer qu'elle maîtrise aussi l'outil industriel. Lors de la visite de son usine flambant neuve dans la banlieue de Shenzhen, la marque a surtout insisté sur ce virage : internaliser une production jusqu'ici largement confiée à des partenaires et ne plus être dépendant d'un tiers. Le site s'étend sur près de 10 000 m², dont environ 6 000 m² dédiés au cœur de la fabrication, où sont assemblés et testés micro-onduleurs, systèmes de stockage et solutions tout-en-un pour le solaire résidentiel.
Les lignes d'assemblage des batteries solaires de la marque. ©Zendure
Même si toute prise d'image est strictement interdite, le parcours ne laisse pas de doute sur la priorité donnée au contrôle qualité. Les onduleurs passent par une chaîne de tests automatisés en plusieurs étapes : chargement du logiciel, vérification fonctionnelle, contrôles de sécurité électrique (dont des tests d'isolation à haute tension) puis une phase de vieillissement d'environ trois heures à pleine charge. À chaque étape, les résultats sont consignés dans un système MES, véritable carnet de santé numérique qui permet de retracer l'historique complet de chaque appareil.
L'unité de test et de soudure des cellules des batteries. ©Zendure
Dans l'atelier batteries, la logique est la même : cellules triées et appariées, soudures laser surveillées en temps réel, intégration du BMS et des capteurs, afin que chaque module puisse être suivi et piloté avec précision. Le point d'orgue du parcours était clairement la zone de vieillissement qui met les batteries à l'épreuve avant expédition. Ici, Zendure enchaîne les cycles de charge et de décharge pour vérifier les performances réelles de ses produits, pas seulement théoriques. Jusqu'à 300 modules peuvent être testés simultanément, au prix d'une consommation électrique conséquente : près de 1,5 MW dédié à cette seule phase.
Consciente de l'enjeu, la marque assure déjà travailler à réduire l'impact de ces tests, avec l'installation prévue de panneaux solaires et de capacités de stockage sur site et l'objectif de tendre vers une neutralité carbone à l'horizon 2027.