Google lance le Fitbit Air, son tracker d’activité le plus compact. Sans écran, propulsé par Gemini et proposé à moins de 100 euros, il mise tout sur la discrétion et le coaching personnalisé pour convaincre les réfractaires aux wearables.

Le marché des wearables souffre d’un paradoxe bien connu : plus les montres connectées gagnent en fonctionnalités, moins elles trouvent preneur auprès du grand public. Trop volumineuses, trop complexes, trop chères, elles rebutent une large frange d’utilisateurs potentiels qui n’ont pas besoin d'un ordinateur au poignet. Google prend le contrepied de cette tendance avec le Fitbit Air, mais l’annonce dit aussi autre chose. Le nom complet du produit est révélateur : Google Fitbit Air. Comme les Google Nest, Fitbit ne disparaît pas, mais s’efface progressivement derrière la marque mère. Racheté en 2021, le pionnier du tracker d’activité devient une sous-marque sportive de Google, et non plus une entité à part entière. Un glissement discret, mais significatif. Derrière ce repositionnement, un tracker minimaliste à 99,99 euros, sans écran, pensé pour se faire oublier au poignet tout en faisant tourner Gemini en arrière-plan.
Un tracker qui assume sa discrétion
Le Fitbit Air est le plus petit tracker jamais conçu par Google, 25 % plus compact que le Fitbit Luxe. Les dimensions parlent d’elles-mêmes : 34,9 mm de longueur, 17 mm de largeur, 8,3 mm d’épaisseur, pour un poids de seulement 5,2 grammes sans bracelet. Sur le poignet, l’appareil se fait suffisamment discret pour passer du bureau à la salle de sport, puis au lit, sans que l’on pense à le retirer. La résistance à l’eau est certifiée jusqu’à 50 mètres pour l’emmener à la piscine.

L’absence d’écran est le choix le plus radical, et le plus assumé. Google avance l’argument de la concentration : pas de notifications intempestives, pas de distractions, juste le suivi en arrière-plan. Les données sont consultables depuis la nouvelle application Google Health sur smartphone, quand l’utilisateur le souhaite. Une LED latérale et un retour haptique suffisent à signaler l’état de la batterie, les alarmes ou le réveil intelligent, qui se déclenche au moment optimal du cycle de sommeil.
Côté capteurs, le Fitbit Air embarque un moniteur optique de fréquence cardiaque en continu, un accéléromètre trois axes couplé à un gyroscope, des capteurs infrarouges pour la mesure de la saturation en oxygène dans le sang, ainsi qu’un thermomètre cutané. L’autonomie annoncée est d’une semaine, avec une charge rapide qui restitue une journée d’utilisation en cinq minutes, et une charge complète en 90 minutes environ via un chargeur magnétique bidirectionnel.
Gemini au poignet : le coaching comme argument central
Le Fitbit Air n’est pas conçu pour fonctionner seul. Son véritable moteur, c’est le Google Health Coach, l’assistant personnel alimenté par Gemini, accessible via un abonnement Google Health Premium à 9,99 euros par mois. Trois mois sont offerts à l’achat du tracker. Le coach génère des plans d’entraînement dynamiques qui s’adaptent en temps réel aux données de performance, à l’agenda et aux objectifs de l’utilisateur. Il analyse également les cycles de sommeil grâce à un algorithme dont Google revendique une précision améliorée de 15 % par rapport à la génération précédente, avec une détection des siestes à partir de 20 minutes.
La journalisation est multimodale : l’utilisateur peut décrire une séance à l’écrit, photographier un repas ou téléverser un document médical au format PDF, que le coach interprétera directement. Le tracker croise toutes les données disponibles : fréquence cardiaque, charge cardio hebdomadaire, suivi du cycle menstruel et température cutanée. Il peut aussi fonctionner en tandem avec une Pixel Watch, les deux appareils synchronisant leurs informations dans une vue unifiée au sein de l’application Google Health.
Le Google Fitbit Air est disponible en quatre coloris : Obsidian (noir), Fog (vert-gris), Lavender (bleu) et Berry (rouge). Les précommandes sont ouvertes depuis le 7 mai, pour une mise en rayon prévue le 26 mai. À 99,99 euros, le Fitbit Air ne cherche pas à rivaliser avec les montres connectées sur leur terrain. Il propose autre chose : disparaître du poignet pour mieux s’installer dans le quotidien.