Contrairement à ce que l’on pourrait croire, BlackBerry est loin d’être une marque has been. Car le logiciel discret de l’entreprise canadienne tourne en silence dans des millions de dispositifs à travers le monde. Une immense preuve de résilience.

BlackBerry s'est discrètement rendue indispensable dans le domaine de l'automobile. ©Thrive Studios ID / Shutterstock
BlackBerry s'est discrètement rendue indispensable dans le domaine de l'automobile. ©Thrive Studios ID / Shutterstock

À son apogée dans les années 2000 grâce à ses téléphones portables emblématiques, BlackBerry n’a pas supporté l’onde de choc provoquée par le lancement de l’iPhone. S'il regagne en popularité grâce à l’engouement de la génération Z pour les technologies considérées comme vintage, il lui est tout bonnement impossible de retrouver sa splendeur d’antan dans le secteur du smartphone. Mais en réalité, la marque n’en a pas vraiment besoin.

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Virage stratégique

Car elle a pris un virage stratégique majeur, et payant, au début des années 2010, rapporte The Wall Street Journal. BlackBerry a en effet mis la main sur QNX, une entreprise spécialisée dans les systèmes d’exploitation en temps réel, notamment pour l’automobile, avec l’intention initiale de muscler ses téléphones.

Mais au même moment, Google et Apple commencent elles aussi à se lancer sur ce terrain avec leurs propres systèmes d’infodivertissement. QNX se retrouve brusquement concurrencée par les géants de la Silicon Valley, à tel point qu’elle va perdre Audi, l’un de ses clients historiques, au profit d’Android. Le signal est clair : sur la bataille de l’interface, QNX a perdu. Elle n’abandonne pas pour autant.

John Wall, président de la division, opte plutôt pour s’enfoncer plus profondément dans le véhicule. Le logiciel va ainsi devenir la colonne vertébrale invisible des systèmes de sécurité : aide au maintien dans la voie, détection des angles morts, freinage d’urgence autonome, etc. Et sa fiabilité convainc de nombreux constructeurs.

Un téléphone Blackberry. ©Sevenstock Studio / Shutterstock

Une pierre angulaire de l’automobile

Aujourd’hui, QNX est un standard incontournable de l’industrie automobile en équipant près de 250 millions de voitures. BMW, Mercedes-Benz, Toyota, Volkswagen, Volvo, Ford ou encore Honda comptent parmi ses clients. Et il est encore plus dominant sur le marché des véhicules électriques : 24 des 25 plus grands constructeurs mondiaux l’ont adopté, ce qui représente 68 % du marché.

Mais ce n’est pas tout. Le logiciel a progressivement colonisé d’autres secteurs où la fiabilité est essentielle. On le retrouve ainsi dans des robots chirurgicaux et des dizaines de dispositifs médicaux utilisés dans les blocs opératoires, ainsi que dans des systèmes d’automatisation industrielle. Sur l’année fiscale 2025, QNX a généré 236 millions de dollars de revenus, soit près de la moitié du chiffre d’affaires total de BlackBerry, établi à 534,9 millions de dollars. Une part qui devrait encore croître sur les prochains trimestres.