Samsung a cessé d'accepter les nouvelles commandes de mémoire LPDDR4 et LPDDR4X. La production s'arrêtera fin 2026. Les fabricants chinois flairent le filon.

Samsung vient de fermer le carnet de commandes pour sa mémoire LPDDR4 et LPDDR4X. C'est le média sud-coréen The Elec qui a révélé l'information. Les commandes déjà passées seront honorées jusqu'à fin 2026. Dès le premier trimestre 2027, les lignes de production concernées seront converties en LPDDR5. Le standard LPDDR4, présent depuis près de dix ans dans les smartphones, entre en fin de vie chez le premier fabricant mondial de mémoire.
Qualcomm, MediaTek et Samsung Mobile pris de court
La décision touche toute la chaîne. Qualcomm, MediaTek et la propre division mobile de Samsung utilisent encore la LPDDR4X dans leurs puces d'entrée et de milieu de gamme. Des appareils comme le Galaxy A17, équipé de LPDDR4X, devront migrer vers la LPDDR5 pour les prochains lots de production. Les cartes de développement, les consoles portables bon marché et les objets connectés sont aussi concernés.
Côté performances, le gain est réel. La LPDDR5 atteint 6,4 Gbit/s contre 4,3 Gbit/s pour la LPDDR4X. C'est un gain de 50 % en bande passante. Mais côté prix, la transition risque de peser lourd. Le coût de la LPDDR5X a plus que doublé en un an, passant de 33 à 70 dollars pour un module de 12 Go. Même si la LPDDR5 de base reste moins chère, la tendance haussière est nette. Samsung veut concentrer ses capacités sur les produits à forte marge. Les smartphones à 150 euros paieront la note en ayant moins ou en coutant plus.
La Chine prête à combler le vide
Samsung n'est pas le seul à tourner la page. Micron avait déjà envoyé ses avis de fin de vie pour la LPDDR4 fin 2025. SK Hynix a réduit sa production au premier semestre 2026. Les trois grands de la DRAM convergent vers le même objectif : libérer des lignes pour la LPDDR5, la LPDDR5X et surtout la HBM. Cette mémoire à haute bande passante, dévorée par les GPU d'IA, rapporte bien plus au wafer. Samsung a d'ailleurs présenté sa LPDDR6 au CES 2026, confirmant que la LPDDR5 n'est qu'une étape intermédiaire.
Dans ce contexte, le Chinois CXMT se positionne pour récupérer le segment abandonné. L'entreprise s'est associée à GigaDevice pour fournir de la LPDDR4X, de la DDR4 et même de la DDR3 aux clients qui en ont encore besoin. CXMT vise une capacité de 300 000 wafers par mois, avec des tarifs pouvant descendre 50 % en dessous du marché.
La stratégie de Samsung n'est pas sans risque à long terme. Abandonner un segment entier revient à offrir un terrain d'entraînement à CXMT. Si le fabricant chinois stabilise sa qualité sur la LPDDR4X, rien ne l'empêchera de remonter ensuite vers la LPDDR5. Mais à court terme, le calcul financier penche du côté du haut de gamme. Apple a accepté sans broncher un doublement du prix de la RAM pour l'iPhone 17. C'est ce genre de client que Samsung veut servir en priorité.
Les smartphones d'entrée de gamme hériteront donc de mémoire plus rapide. Ils coûteront aussi un peu plus cher. CXMT, de son côté, vient de récupérer un marché entier sans avoir eu à se battre pour le prendre.