La FCC vient d’accorder à Netgear une exemption conditionnelle lui permettant d’importer ses routeurs aux États-Unis jusqu’en octobre 2027. Sans la moindre explication sur ce revirement soudain.

© Netgear
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La décision est tombée sans crier gare : le régulateur américain des télécommunications lève l’interdiction qui pesait sur les routeurs Netgear, accordant à la marque une approbation conditionnelle pour importer ses routeurs grand public, modems câble et passerelles aux États-Unis jusqu’au 1er octobre 2027. Netgear fabrique pourtant toujours ses équipements en Asie et n’a annoncé aucun plan de relocalisation industrielle vers les États-Unis. Ni la FCC, ni Netgear n’ont jugé utile d’expliquer pourquoi cette exemption a été accordée. Bienvenue dans la réglementation à l’américaine, version 2026.

Les routeurs Netgear sauvés par une décision opaque de la FCC

Tout ce que la FCC indique dans son communiqué officiel, c’est que le Pentagone a désormais établi « une détermination spécifique » selon laquelle les appareils Netgear « ne présentent pas de risques pour la sécurité nationale américaine ». Point. Pas de critères, pas de processus détaillé, pas de justification technique. Netgear, de son côté, se contente d’une lettre de son PDG sur son site, qui ne dit pas davantage pourquoi la marque a obtenu ce traitement de faveur quand d’autres constructeurs restent sous le coup de l’interdiction.

© Guillaume Tutundjian
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C’est d’autant plus troublant que selon The Verge, la justification initiale de la FCC pour instaurer ce bannissement reposait précisément sur des incidents impliquant des routeurs Netgear : le groupe de hackers chinois Volt Typhoon avait notamment ciblé des équipements de la marque pour constituer un botnet visant des infrastructures américaines. Autrement dit, Netgear était dans le collimateur du régulateur pour des raisons de sécurité nationale, et voilà que le Pentagone certifie aujourd’hui que ces mêmes appareils ne posent aucun problème. Sans explication.

Un bannissement des routeurs étrangers qui n’a jamais vraiment convaincu

Pour comprendre le contexte, il faut rappeler que les États-Unis avaient interdit l’importation de routeurs Wi-Fi produits à l’étranger, une mesure présentée comme un coup porté à la Chine dans la guerre technologique que se livrent les deux puissances. Sauf que la logique de cette interdiction était, dès le départ, particulièrement floue : elle visait tous les routeurs fabriqués hors des États-Unis, quelle que soit la nationalité du constructeur, et reposait sur l’idée que tout équipement réseau d’origine étrangère constitue par nature une menace. Un raisonnement que beaucoup d’experts avaient jugé trop large pour être vraiment crédible.

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Le vrai problème soulevé par l’affaire Volt Typhoon n’était d’ailleurs pas la provenance des routeurs, mais le manque de pratiques de sécurité élémentaires : firmwares non mis à jour, mots de passe par défaut jamais changés, chez les opérateurs télécom comme chez les particuliers. Accorder une exemption à Netgear sans conditions publiques ni engagements vérifiables sur ces points ne règle donc rien sur le fond.

Ce revirement soulève une question que la FCC refuse visiblement de traiter : sur quels critères précis un constructeur peut-il obtenir une exemption à ce bannissement ? Si la réponse reste aussi opaque, d’autres marques vont logiquement frapper à la même porte, et le régulateur devra soit multiplier les exemptions discrètes, soit assumer publiquement que cette interdiction était mal construite dès le départ.