Qualcomm aurait entamé le développement de sa propre mémoire vive DRAM en compagnie du fabricant chinois CXMT. Destinés aux puces mobiles du géant américain, ces modules « maison » permettraient à l'entreprise de remédier au goulet d'étranglement qui affecte, aujourd'hui plus que jamais, la production de puces vouées aux smartphones abordables.

Qualcomm développerait de la DRAM avec le chinois CXMT. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Qualcomm développerait de la DRAM avec le chinois CXMT. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

La pénurie de mémoire vive pousse un nombre croissant d'acteurs à prendre les choses en mains… avec parfois des initiatives assez ambitieuses à la clé. On apprend cette semaine que Qualcomm aurait ainsi décidé de développer sa propre DRAM en compagnie du fabricant chinois CXMT. L'objectif ? Gagner en autonomie sur ce secteur et améliorer l'approvisionnement en mémoire, pour fluidifier -- in fine -- la production des puces Snapdragon qui, rappelons-le, en intègrent.

Qualcomm développerait de la DRAM bien à lui

L'information nous vient en l'occurrence de JoongAng Ilbo, qui rapporte que Qualcomm et CXMT, justement spécialisé dans la production de DRAM, travailleraient actuellement à la conception de modules DRAM « custom » taillés sur mesure pour une utilisation sur smartphones. Le média coréen, qui a contacté Qualcomm, n'a toutefois pas obtenu de commentaire à ce propos de la part du géant américain.

Il y a fort à parier que ce partenariat, s'il est avéré, est principalement (voire uniquement) destiné à satisfaire la demande chinoise en smartphones entrée et milieu de gamme. Cependant, il n'est pas interdit de penser qu'à moyen ou long terme, Qualcomm exploitera à plus grande échelle l'expérience acquise en la matière.

Une stratégie devenue nécessaire en période de pénurie ?

Si les informations de JoongAng Ilbo sont exactes, l'initiative de Qualcomm n'aurait en tout cas rien d'un hasard. La conjoncture mondiale se prête à ce genre de rapprochements pour aboutir à une production plus constante de mémoire vive grand public, alors que les gros fabricants (Samsung, Micron, etc) continuent de sacrifier la production de modules DRAM au profit de mémoire HBM, vouée principalement aux data centers et à l'IA… qu'ils peuvent vendre beaucoup plus cher.

Cette situation impacte fortement le marché des smartphones entrée et milieu de gamme, sur lesquels la marge de manœuvre tarifaire des constructeurs s'avère restreinte. Ces appareils subissent pourtant eux-aussi la hausse de prix des composants (35% en moyenne pour la DRAM et 19% en moyenne pour la NAND, consacrée cette fois au stockage), sans pouvoir répercuter autant qu'il le faudrait ces coûts sur leur prix final. Comprenez que produire des smartphones abordables devient donc moins intéressant. Cela affecte Qualcomm.

Face à cette hausse du prix de la RAM, Qualcomm et son concurrent MediaTek ont en effet, l'un comme l'autre, été contraints de réduire sensiblement leurs cadence de production sur les puces 4 nm (celles vouées justement aux smartphones abordables).

En développant de la mémoire par lui-même et en la fabriquant directement via un partenaire, Qualcomm pourrait donc réussir à rétablir ses cadences de production de puces, limitant ainsi les effets de bord de cette pénurie de mémoire vive.

Source : WCCFTech