Tesla négocie l'achat de 2,9 milliards de dollars d'équipements solaires auprès de fournisseurs chinois, dont Suzhou Maxwell Technologies. À terme, la marque souhaite atteindre 100 GW de production annuelle sur sol américain d'ici fin 2028, soit plus de trois fois la capacité installée aux États-Unis en 2023.

Tesla négocie l'achat de 2,9 milliards de dollars d'équipements solaires auprès de fournisseurs chinois - ©YueStock / Shutterstock
Tesla négocie l'achat de 2,9 milliards de dollars d'équipements solaires auprès de fournisseurs chinois - ©YueStock / Shutterstock

En janvier dernier, au Forum de Davos, Elon Musk annonçait que Tesla et SpaceX travailleraient chacun de leur côté à bâtir 100 GW de capacité solaire par an aux États-Unis, de la matière première au panneau fini.

Deux mois plus tard, Reuters révèle que les négociations ont commencé pour de vrai, avec une enveloppe de 2,9 milliards de dollars, soit environ 20 milliards de yuans, à dépenser auprès de fabricants chinois d'équipements. Le favori s'appelle Suzhou Maxwell Technologies, coté à Shenzhen, premier producteur mondial de lignes de sérigraphie pour cellules solaires.

Deux autres entreprises sont dans la course : Shenzhen SC New Energy Technology et Laplace Renewable Energy Technology. Les livraisons sont attendues au Texas avant l'automne 2026, ce qui correspond à l'ancrage industriel texan de Tesla entre la Gigafactory d'Austin et la future Megafactory de Houston dédiée aux Megapacks.

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L'IA comme moteur, pas le climat

On pourrait croire qu'Elon Musk est soudain frappé de conscience écologique mais il n'en est rien. Il faut plutôt se tourner vers la consommation électrique des data centers. La demande d'électricité américaine a battu un deuxième record consécutif en 2025 et continue de grimper.

Elon Musk en est convaincu : aucune autre source d'énergie ne peut monter en puissance assez vite ni à un coût assez bas pour tenir ce rythme, à l'exception du solaire. D'où les offres d'emploi que Tesla a publiées et qui mentionnent explicitement « 100 GW de fabrication solaire à partir de matières premières sur le sol américain avant fin 2028 ».

La seule ombre sur le panneau solaire ne vient pas du ciel. Donald Trump, pour qui Elon Musk a brièvement travaillé au DOGE, cherche à maximiser la production américaine de pétrole et de gaz, et a supprimé les subventions fédérales pour les projets solaires et éoliens, qu'il juge coûteux et peu fiables.

Acheter pour 2,9 milliards de machines chinoises pour construire une filière solaire nationale, c'est une divergence stratégique ouverte avec l'homme qu'il a soutenu à la Maison-Blanche. Elon Musk a d'ailleurs qualifié les barrières tarifaires actuelles de facteur qui rend le déploiement solaire aux États-Unis « artificiellement cher ». Pour l'instant, il bénéficie d'une fenêtre : les équipements de fabrication de panneaux ont été exclus des droits de douane de la Section 301, et l'administration Trump a prolongé cette exemption jusqu'en novembre 2026.

Acheter pour 2,9 milliards de machines chinoises pour construire une filière solaire nationale, c'est une divergence stratégique ouverte avec Donald Trump©Rokas Tenys / Shutterstock

« Made in USA » grâce à des machines chinoises

Vous le voyez venir, le paradoxe ? Tesla veut produire 100 GW de panneaux solaires américains, et pour ce faire, elle doit aller chercher ses machines en Chine. On a là un parfait exemple du problème structurel de la réindustrialisation américaine : relancer la fabrication nationale exige encore, à ce stade, de commercer avec la deuxième économie mondiale.

Et Pékin a son mot à dire. Suzhou Maxwell doit obtenir une autorisation d'exportation du ministère chinois du Commerce, qui a fait des contrôles à l'export une priorité pour 2026. Cette approbation peut prendre du temps, et la Chine pourrait s'en servir comme variable d'ajustement dans les tensions commerciales en cours.

Le marché mondial du solaire est en légère contraction : la demande globale 2026 est estimée à 648 GW, contre 653 GW en 2025, une première baisse historique. Les fabricants chinois d'équipements souffrent d'une surcapacité intérieure et ont besoin de débouchés. Une commande Tesla à cette échelle tomberait au bon moment pour eux et c'est ce qui explique aussi pourquoi les cours de Suzhou Maxwell, SC New Energy et Laplace Renewable ont bondi de plus de 7 % après la publication de l'information par Reuters.

Du côté de Tesla, la division solaire partait quasi de zéro. L'usine de Buffalo produisait à peine 300 MW par an début 2026 avec son nouveau panneau TSP-420. Il va donc falloir multiplier cela par 300 en moins de trois ans et ça, c'est un énorme défi industriel.

En revanche, l'énergie de stockage tourne à plein régime : 46,7 GWh déployés en 2025, soit 48 % de plus que l'année précédente, avec une marge brute de près de 30 %. Si Tesla réussit à boucler la boucle, panneaux solaires, Megapacks, Powerwalls, elle disposerait d'une offre énergétique intégrée sans concurrence aujourd'hui. Mais c'est un très grand « si ».

Source : Electrek